mardi, 30 juin 2009
227. J'irai revoir ma Normandie...

Ça m'a pris d'un coup, le Yemen attendra. Hier matin je suis donc allée à l'agence et j'ai pris un billet d'avion pour ...
J'ai également réservé une chambre d'hôtel pour une semaine et je me débrouillerai seule, comme une grande, dans cette ville immense, grouillante et magique. Qui, mieux que Pierre Loti, pourrait en parler ?
«Oh ! ( …) ! De tous les noms qui m’enchantent encore, c’est toujours celui-là le plus magique. Sitôt qu’il est prononcé, devant moi une vision s’ébauche : très haut, très haut en l’air, et d’abord dans le vague des lointains, s’esquisse quelque chose de gigantesque, une incomparable silhouette de ville. La mer est à ses pieds ; une mer que sillonnent par milliers des navires, des barques, dans une agitation sans trêve, et d’où monte une clameur de Babel, en toutes les langues du Levant ; la fumée flotte, comme un long nuage horizontal, sur l’amoncellement des paquebots noirs et des caïques dorés, sur la foule bariolée qui crie ses transactions et ses marchandages ; l’incessante fumée recouvre tout de son voile. Et c’est là-bas, au-dessus de ces buées et de ces poussières de houille, que la ville immense apparaît comme suspendue. En plein ciel clair, pointent des minarets aussi aigus que des lances, montent des dômes et des dômes, de grands dômes ronds, d’un blanc gris, d’un blanc mort, qui s’étagent les uns sur les autres comme des pyramides de cloches de pierre : les immobiles mosquées, que les siècles ne changent pas ; — plus blanches, peut-être, aux vieux âges, ces mosquées saintes, quand nos vapeurs d’Occident n’avaient pas encore terni l’air alentour et que les voiliers d’autrefois venaient seuls mouiller à leur ombre, mais pareilles toujours, et depuis des siècles couronnant (…) de leurs mêmes coupoles géantes, lui donnant cette même silhouette unique, plus grandiose que celle d’aucune ville de la terre. Elles sont l’immuable passé, ces mosquées ; elles recèlent dans leurs pierres et leurs marbres le vieil esprit musulman, qui domine encore là-haut où elles se tiennent.
La grande ville, éparse le long des rives, égrène ses foules bigarrées sur la mer — et la mer est couverte de passants, la mer est un lieu qui s’anime chaque jour d’un perpétuel va-et-vient.
Quartiers bien distincts, dont les habitants sont de race, de religion, de costumes différents ; quartiers qui jamais ne se ressemblent.
Aucune capitale n’est plus diverse par elle-même, ni surtout plus changeante d’heure en heure, avec les aspects du ciel, avec les vents et les nuages — dans ce climat qui a des étés brûlants et une admirable lumière, mais qui, par contre, a des hivers assombris, des pluies, des manteaux de neige tout à coup jetés sur les milliers de toits noirs».
Je pars le 22 septembre.
08:08 Publié dans Voyages | Lien permanent | Commentaires (5)
Commentaires
Bon, ceci dit, je n'y ai jamais mis les pieds.
N'oublie pas de revoir "Midnight express", ce film remarquable qui avait été, à l'époque, financé par l'office du tourisme turc!
Écrit par : manutara | mardi, 30 juin 2009
Écrit par : tinou | mardi, 30 juin 2009
Heu... le Yemen peut-être à éviter vu l'état de leurs avions...
Écrit par : Catherine | mercredi, 01 juillet 2009
Écrit par : tinou | mercredi, 01 juillet 2009
Écrit par : Catherine | mercredi, 01 juillet 2009
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