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lundi, 09 septembre 2019

Cousins célèbres -10-

Aujourd'hui nous partons dans le département du Cher (18). Nous sommes plus précisément dans la commune de Barlieu. Là vit Geoffroy Torchon, probablement cultivateur ( je n'ai pas trouvé de renseignements ) marié à Perrette Turpin, née à Barlieu en 1601.

Le couple a -au moins- 3 enfants :

1. Sylvine, qui en 1653 épouse Jehan Billacier. Les descendants de ce couple s'installeront à Bourges au début du XIXe siècle, puis on les retrouve à Moulins, dans l'Allier, et enfin à Paris. Ce sont mes ancêtres.

2. Charles, marié en 1658 à Perrette Berthon, décède en 1697 à Dampierre-en-Crot, près de Barlieu. Actuellement je retrace la descendance.

3. Jeanne, mariée en 1647 à Jean Montagu. Leurs descendants ne quitteront pas la région et on les retrouve au fil des ans dans les villages avoisinants (Blancafort, Concressault, Oizon, Aubigny-sur-Nère) jusqu'en 1921, date de la naissance du personnage dont je vais vous parler aujourd'hui :

Pierre Paoli.jpgPierre Marie Paoli.

Rien ne laissait présager que ce jeune homme à la gueule d'ange deviendrait un tortionnaire pervers et particulièrement féroce durant la guerre. 

En 1938, il entre comme auxiliaire à la perception de Mehun-sur-Yèvre. Lorsque la guerre éclate, il part à Paris et vit de petits boulots. 

Après l'installation des troupes allemandes dans Paris, il occupe la fonction de messager-cycliste pour le compte de l'amirauté allemande. Il a choisi son camp. 

En janvier 1942, il revient dans le Berry et il est engagé comme interprète à la Gestapo de Bourges le 31 mars 1943.

Il loge dans les locaux de la Gestapo.

Il porte bientôt l'uniforme allemand et obtient le grade de Scharführer.paoli (1).jpg

Je vous laisse découvrir la suite en cliquant sur le lien en bas de cette note.

Le 6 août 1944, c'est la débacle et il quitte Bourges avec les troupes allemandes. Il sera arrêté par les forces anglaises  le 16 mai 1945 à Flensbourg, près du Danemark. Remis aux autorités françaises, il est ramené à Bourges pour y être jugé. 

Condamné à mort pour trahison, il est fusillé le 15 juin 1946 à Bourges.

L'écrivain Jacques Gimard a publié un livre qui relate la vie de Pierre Paoli :

Trompe-la-mort : les cahiers secrets de Pierre Paoli, agent français de la Gestapo, Ed. Qui Lit Vit, juin 2011.

paoli livre.jpg

J'ai trouvé un exemplaire sur Amazon mais quand j'ai vu le prix, j'ai renoncé : 798 euros. 

Pierre Paoli

 

dimanche, 08 septembre 2019

Cousins célèbres -9-

Continuons la série de ces personnages qui se font remarquer par leurs actes odieux. Aujourd'hui je vais vous parler de celui que les journaux ont appelé Le tueur de l'ombre. 

Il faut remonter au début du XVIe siècle pour trouver un lien de parenté avec les ancêtres de mon mari.

Michel Desbuissons, né vers 1500 à Lille, était marchand graissier. Vers 1529 il épouse Marie Dupont, Le couple aura, au moins, 2 enfants :

1. Guillaume, marié à Lille en 1577 avec Jehanne Ramery dit de Boulogne (les ancêtres de mon mari). 

2. Françoise, née vers 1548, décédée à Louvil en 1615, mariée à Salomon Delandas, forain, bourgeois de Lille par achat du 2.06.1654. Ce sont les ancêtres de :

barbeault3.jpg

Marcel Barbeault, ouvrier spécialisé, né à Liancourt, dans l'Oise, en 1941. Rien ne laissait présager que cet ouvrier bien intégré dans la société, père de famille aimant, apprécié de ses voisins et de ses collègues de travail, se transforme du jour au lendemain en ce monstre  tueur de femmes qui fit  trembler la petite ville de Nogent-sur-Oise de 1969 à 1976.

victimes.jpg

Ce fut une enquête particulièrement difficile à mener. Vous trouverez un document en bas de cette note résumant le déroulement des opérations.

Selon les enquêteurs, ce serait le décès de sa mère, survenu en juin 1968 dans des circonstances douloureuses, qui aurait fait basculer Marcel Barbeault et l'aurait transformé en dangereux psychopathe.

Condamné à la prison à vie, il est actuellement interné à la prison de Saint-Maur, dans l'Indre, où il occupe les fonctions de bibliothécaire. Il est âgé de 78 ans.

lundi, 02 septembre 2019

Cousins célèbres -7-

Tous les cousins "célèbres" que je retrouve ainsi au cours de mes recherches ne sont pas tous du même ordre que la famille précédente. Et heureusement d'ailleurs car ce serait passablement ennuyeux ! Vous ne pouvez pas vous imaginer ce que c'est rasoir d'avoir à noter des noms à rallonge (sans compter la ribambelle de prénoms que l'on donnait au XIXe siècle).

Aujourd'hui on revient à la normalité. 

Le 13 août 1613 nait à Saint-Saturnin, dans le Cher, Louis Champagnat fils de Michel et Marguerite Bonnet. Il est probablement laboureur, et se marie avec Marie Moreau — je n'ai pas trouvé l'acte de mariage —.

Le couple a, au moins, deux fils :

1. Jean, né le 29 août 1636 et décédé le 29 juillet 1713 à Saint-Saturnin. Il épouse, toujours à Saint-Saturnin, Jeanne Péronnet. Ce sont mes ancêtres.

2. Gervais, pour lequel je n'ai ni la date de naissance, ni celle du décès, mais qui se marie à Saint-Saturnin le 2 février 1667 avec Françoise Noël. Ce sont les ancêtres de :

delair_suzy_01.jpg

Vous la reconnaissez ? 

Son nom d'état civil est Suzanne Pierrette DELAIRE, née à Paris (18e) le 31 décembre 1917.

Mais elle est plus connue sous son nom de scène : Suzy DELAIR.

Chanteuse, comédienne, elle tourna dans plusieurs films dont L'assassin habite au 21 et Quai des orfèvres, réalisés par le cinéaste Henri-Georges Clouzot avec qui elle vivait.

Pour de plus amples renseignements voir les liens ci-dessous.  

Aujourd'hui elle est donc âgée de plus de 101 ans !

Suzy Delair

Suzy Delair ou l'air de Paris

10:54 Publié dans Généalogie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : suzy delair

samedi, 31 août 2019

Cousins célèbres -6- troisième partie

Avant de vous présenter la descendance de Rémy Joseph Isidore Exelmans, je reviens un instant sur ses parents. Comment ont-ils vécu l'ascension sociale de leur fils unique ? Quels étaient leurs rapports ? Étaient-ils présents à son mariage à Paris en 1808 ? 

Hélas, bien des questions sans réponse. Dans son livre, Eugène André n'en parle pas du tout. Il n'indique même pas les dates de décès des parents.

Je sais que la mère d'Exelmans, Françoise Belhomme, est morte le 30 janvier 1819 à Longeville-en-Barrois dans la Meuse. Sur l'acte, il est indiqué qu'elle demeure à Bar-le-Duc et qu'elle est décédée au domicile de André Isidore Hussenot, âgé de 32 ans.

Quant à son père, c'est la grande énigme : certains généalogistes avancent la date de 1809 sans précision de lieu ...

En épousant Amélie Josèphe de La Croix de Ravignan, il pénètre ainsi dans la sphère de la noblesse d'Empire, créée par Napoléon. Lui-même sera nommé comte et baron (je ne sais plus dans quel ordre). Bar-le-Duc ne reste plus qu'un lointain souvenir ...

chateau de lagurgue.jpgLe couple vit à Paris. Après le décès de son mari, Amélie se retire au château de Lagurgue à Saint-Laurent-de-Gosse, dans les Landes. C'est une ancienne caverie que son grand-père avait acheté en 1694. Elle décède à Bayonne, 8 rue Orbe, le 6 janvier 1862.

_________

Venons-en maintenant à la descendance :

Malgré sa vie trépidante, Exelmans avait quand même trouvé le temps de faire 14 enfants à son épouse !

Cinq auront une descendance, 3 filles et 2 garçons. Commençons par les filles :

1. Amélie Catherine Exelmans, née vers 1815, décédée le 1er décembre 1848 à Bayonne, 18 rue Auguste Comte. Elle avait épousé à Paris, le 6 septembre 1834, Marie-Charles Adelbert Le Barbier de Tinan, vice-amiral d'escadre.

2. Pauline Louise Exelmans, née à Paris le 8 juin 1822, décédée à Pau le 25 décembre 1879. Le 10 août 1847, elle avait épousé  à Saint-Laurent-de-Gosse (dans les Landes) Athanatase Etienne Norbert Jules de Sillègue, colonel de dragons.

3. Marie Félicie Exelmans, née à Paris le 10 août 1827, décédée à Bayonne le 17 avril 1855. Elle se marie aussi à Saint-Laurent-de Gosse et épouse, le 7 janvier 1847, Amédée de Laborde Noguez, avocat.

Passons maintenant aux deux garçons :

1. Joseph Maurice Exelmans, Comte, vice-amiral (1874), préfet maritime de Rochefort.

Il est né à Ixelles en Belgique le 19 avril 1816. Il se marie une première fois avec Henriette Ursule de Bertrand de Beaumont le 20 avril 1844 qui décède en 1849.

Il se remarie alors le 8 septembre 1851, à Lyon, avec Marie Vincent de Saint Bonnet. Le couple a 3 enfants :

 1— Charles-Marie Jacques Octave, général de brigade, né à Lyon en 1854,décédé à Tondu( Indre) en 1935. Il se marie en 1886 à Châteauroux avec Thérèse Simone Balsan, d'où :

..... Marie Joséphine, mariée en 1914 avec Jacques Louis Henri Lévêque de Vilmorin, botaniste, industriel, descendant de Philippe-Victoire L.de V., fondateur de la dynastie  Vilmorin (les grainetiers) dont le portrait suit :

famille exelmans

 

..... Marie-Joseph Maurice, marié en 1934 avec Marguerite Roullet de la Bouillerie. Il décède à Tours en 1969.

..... Marie Madeleine Henriette, mariée à Paris en 1923 avec Michel Dominique de Touchet, chef d'escadron de cavalerie.

2— Amélie, née à Saint-Bonnet-les-Houles (Loire) en 1858 et mariée au même endroit en 1879 avec Gaston Serres de Gauzy, marquis de Fendeille, magistrat.

3— Louis Rémy Antoine, né à Montpellier (Hérault) en 1865. Il est vice-amiral. Marié à Brest en 1894 avec Marie Gabrielle de Penfentenyo de Kervéréguen,il a trois enfants :  

 ..... Marie Anne Françoise, qui épouse en 1921 Charles Louis -Marie Ducrest de Villeneuve, général de brigade.

..... Marie-Xavier Rémy Gabriel, lieutenant de vaisseau, marié à Nantes en 1924 avec Yvonne Harscouet de Saint George, d'où postérité.

..... Germaine , mariée à Raymond-Marie Charles Houette, capitaine de frégate.

2. Charles Joachim, officier de hussards, receveur des finances. Il est né à Paris en 1812 et décède en 1845 à Louviers (Eure).

Marié à Paris le 14 mai 1839 avec Nathalie Rose Campion, il a un fils, Edmond,sous-lieutenant de cavalerie (1840-1907, sans alliance).

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Ouf, j'arrive enfin au bout de la saga. Vous remarquerez quand même que l'on ne mélange pas les torchons avec les serviettes dans ces familles et que les noms sont plutôt à rallonge. Est-ce qu'il en sera encore de même au XXIe siècle ? Rien n'est moins sûr !

vendredi, 30 août 2019

Cousins célèbres -6- deuxième partie

La campagne de Russie débute en 1812 :

Voici ce qu'écrit Eugène André :

" Exelmans assista à la bataille de la Moskova et fut nommé général de division (8 septembre 1812). Il avait 37 ans. Le général Pajol ayant été blessé le 9 septembre au combat de Krimskoié, Exelmans le remplaça à la tête de la division de cavalerie légère du 2° corps de cavalerie. C'est à la tête de cette division qu'il entra à Moscou (14 septembre). Il poursuivit ensuite l'armée russe à vingt lieues de là, sur la route de Kalouga, où se trouvait Kutusof, prit une part glorieuse à plusieurs combats, et blessé d'un coup de pistolet au genou (4 octobre), il revint à Moscou, obligé d'abandonner momentanément son commandement, ce qui lui évita d'assister le 18 octobre à la surprise de Winkowo. 
Le 19 octobre, l'Empereur donnait le signal irrévocable du départ de l'armée. Exelmans dont la blessure était loin d'être guérie ne put monter à cheval, et fit à pied une partie de la route. Il sortit enfin de Russie, traversa la Pologne et parvint très péniblement à Dessau, sur l'Elbe, où il rassembla plus tard sa division composée de 8 régiments de cava lerie légère. Quelques semaines après, il obtint un congé de convalescence de deux mois qu'il vint passer à Paris. Guéri de sa blessure, il quitta Paris, mais forcé de s'arrêter à Francfort-sur-le-Main pour y remplacer les chevaux qu 'il avait perdus dans la campagne de Russie, il ne rejoignit l'armée qu'à Dresde lorsque l'Empereur y fut rentré après la bataille de Lutzen, puis il prit part à la bataille de Bautzen (21 mai 1813). Pendant l'armistice de Ples witz (4 juin au 10 août), Exelmans s'occupa activement de l'instruction et de l'organisa
tion de sa division, tâche très difficile en raison du grand nombre de jeunes soldats, de chevaux non dressés, et surtout de la disette de fourrage. Après l'armistice, sa division fit partie du 28 corps de cavalerie, qui avec les 3e, 5" et 11" corps, placés sous les ordres de Macdonald *, devaient marcher à la rencontre de l'armée de Silésie. Il prit part à la funeste bataille de la Katzbach qui eut lieu en même temps que celle de Dresde, et dont l'objet était de masquer la marche rétrograde de l'armée française en Saxe (25 août). 
Après les combats malheureux que livra le maréchal Macdonald à l'armée de Silésie et la perte de la division Puthod, la division commandée par Exelmans soutint avec honneur la retraite sur le Bober (combats de Lœwenberg et de Bunzlau) et sur la Sprée repoussant les attaques de la cavalerie ennemie. 

Après la bataille de Dresde, l'Empereur donna au général Exelmans, sous les remparts de la ville, le titre de Comte en récompense de sa belle conduite pendant la campagne de Silésie et de la Katzbach (septembre 1813). Deux mois après, le 7 novembre 1813, il l éleva à la dignité de Grand-Officier de la Légion d'honneur. "

Sous la première Restauration, Exelmans reçut le titre de comte, mais, à la suite d'une lettre de félicitations envoyée à Murat, il fut traduit en conseil de Guerre, puis acquitté (1815).
Après le retour de Napoléon de l'île d'Elbe, il fut nommé pair de France. Pendant la courte campagne de 1815, il conduisit, à Ligny, un dernier combat en battant une division prussienne à Rocquencourt, près de Versailles. Sa bravoure lui valut le surnom de Lion de Rocquencourt.

La bataille de Rocquencourt, 1er juillet 1815 :

1280px-Battle_of_Rocquencourt_(1815).jpg

On a trop souvent tendance à penser que la défaite de Waterloo ( 18 juin 1815) signa l'arrêt des combats des troupes napoléoniennes. En fait, elles combattirent après la signature de l'abdication de Napoléon du 22 juin 1815, mais avant la mise en vigueur de l'armistice début juillet..

Après le retour de Louis XVIII, Exelmans se réfugia en Belgique, puis en Allemagne afin d'éviter l'arrestation. Cette disgrâce touchant particulièrement les hommes fidèles à l'empereur a certainement été la raison pour laquelle l'ancêtre de mon mari est mort à Liège en 1816.

Ce n'est qu'en 1819 que la France lui rouvrit les portes mais il fut tenu à l'écart jusqu'en 1828. Il fut, à cette époque, nommé inspecteur de la cavalerie. En 1830, Exelmans reprit sa place à la Chambre des Pairs et se signala en particulier pour sa défense du maréchal Ney.

Sous la République de 1848, il se rallia au prince-président Napoléon Bonaparte qui le nomma grand chancelier de la Légiion d'Honneur (1849), puis maréchal de France (1851).

Rémy-Isidore_Exelmans.jpg

1852, Exelmans est alors âgé de 77 ans. On pourrait l'imaginer pantouflant devant un feu de cheminée. On est est loin ! Toujours très alerte, malgré le handicap de ses mains gelées lors de la campagne de Russie, il monte toujours à cheval.

Eugène André raconte :

" Le 21 juillet 1852, le Maréchal Exelmans était invité à dîner à Saint-Gratien, chez la Princesse Mathilde, où il allait fréquemment, ainsi que son fils Maurice, alors capitaine de frégate. Au moment de partir, et comme une fatalité, des amies de la Maréchale vinrent lui demander à dîner (car il y avait toujours table ou verte à la Chancellerie pour les amis et les 
parents) ; le Maréchal renonça à partir dans sa calèche découverte qu'il voulut laisser à la Maréchale et à ses amies, afin qu'elles pussent profiter d'un temps radieux pour aller après dîner se promener au bois de Boulogne. — Le Maréchal fit donc seller les chevaux. — Il montait depuis quelques semaines un ravissant cheval arabe tout blanc, que le Maréchal 
de Saint-Arnaud lui avait envoyé d'Alger... et qui allait être cause de sa mort. Plusieurs amis l'avaient déjà supplié de renoncer à dresser ce cheval et à le monter ; le Maréchal était encore un admirable cavalier, mais il oubliait toujours ses 76 ans et ses mains peu souples dont les doigts avaient été gelés au passage de la Bérésina; de plus, un peu de goutte 
empâtait les articulations des doigts et l'empêchait de serrer assez énergiquement les rênes pour dompter un jeune cheval entier, plein de sang et de vigueur. — Le Maréchal partit donc à 6 heures accompagné de son fils Maurice .Un domestique les accompagnait. —

On arriva sans encombre à Saint-Gratien (Enghien) où on dîna très gaiement chez la princesse Mathilde, dont l'esprit charmant et la bonté captivante étaient toujours un régal pour ses amis. A 11 heures le Maréchal et son fils prirent congé d'elle... c'était le dernier adieu !...

En traversant le pont de Sèvres, les cavaliers croisèrent une de ces immenses charrettes de bottes de paille ;... le cheval arabe du Maréchal eut le flanc gratté par les bouts des pailles... Il n'en fallut pas davantage pour l'affoler. Il partit comme un trait, et disparut subitement dans la nuit devant le commandant Exelmans et le valet de pied terrifiés!... 
Ils mirent leurs chevaux au grand trot, et ce ne fut qu'au bout de 10 minutes qu'ils aperçurent le cheval seul, sans cavalier, errant sur la route et revenant vers eux ! Immédiatement, ils comprirent l'étendue du malheur !... Le commandant Exelmans sonna à la porte d'une auberge, raconta ce qui venait d'arriver au Grand Chancelier de la Légion d'honneur, demanda des gens et des torches pour commencer la lugubre recherche ! Hélas ! Elle ne fut pas longue ! Environ à 300 mètres du pont de Sèvres, on aperçut le pauvre Maréchal étendu sur le dos, sur un de ces gros tas de pierres disposés le long de la route. C'est ainsi que tomba celui que le grand Empereur avait appelé : « le Brave des braves » ! Lui qui avait assisté à tant de combats sanglants ; qui avait eu des chevaux tués sous lui ; qui avait reçu 17 blessures graves, il trouvait la mort sur une route... et il était tué par un cheval ! animal qu'il avait aimé passionnément toute sa vie ! 

On ramassa le Maréchal qui respirait encore, mais qui avait une fracture du crâne derrière l'oreille ; on le porta sur un lit de l'auberge ! "

Il mourut quelques heures plus tard.
Le maréchal fut inhumé aux Invalides ; la cérémonie eut lieu le 28 juillet 1852 en présence de Napoléon III.

funerailles.jpg

Son corps repose sous le dôme des Invalides, entre Turenne et Vauban. 

Demain, nous verrons ce que sont devenus ses descendants.

À suivre