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mercredi, 18 août 2010

328. La famille DERGOUGE

L’orthographe de ce nom varie au cours des siècles et suivant l’humeur et le bon vouloir et pouvoir des curés quand ils enregistraient les actes dans les registres. Ainsi, on peut trouver :

D’ARGOUGES, DARGOUGES, D’ARGOUGE, DARGOUGE, D’ERGOUGES, DERGOUGE.

Pour faire plus simple, je choisis la dernière orthographe, celle qui est la plus présente dans les registres, à savoir DERGOUGE.

Cependant, il est bon de noter que les deux premiers ancêtres trouvés signaient DARGOUGE.

Il semblerait que cette famille soit une branche éloignée, la branche dite "cadette" de la Maison D’ARGOUGES originaire de Normandie.

Dès 1310 on retrouve en effet un Pierre D’ARGOUGES à Tours, puis un Jamet D’ARGOUGES en 1405, un Martin D’ARGOUGES, bourgeois de Tours qui reçut chez lui le roi Charles VII (le 2 juillet 1444) etc.

Mais là n’est pas le propos. En l’occurrence je m’intéresse surtout à une famille DERGOUGE installée à Chinon, Indre et Loire.

 

chinon.jpg

Plantons le décor : nous sommes en 1615 dans le faubourg Saint-Jacques de Chinon. Ce faubourg, situé sur la rive gauche de la Vienne, fait face à la forteresse royale. Son essor est dû à la construction d’un pont en pierre construit sous Henri II Plantagenêt au XIIème siècle.

Rivau 003a.jpg

L’église Saint-Jacques qui fut construite au XVème siècle sur l’emplacement d’une ancienne chapelle a malheureusement été détruite en 1934.

Nous sommes en 1615 … Il est bon de faire un petit rappel historique :

annee1615.jpg

27 janvier : naissance de Nicolas Fouquet.

23 février : c’est la fermeture desÉtats Généraux, les derniers avant 1789. Le pouvoir de Marie de Médicis est renforcé.

27 mars : décès de Marguerite de Valois (la reine Margot).

L’édit d’expulsion des Juifs du 17 septembre 1394 est renouvelé (sauf en Guyenne et à Metz). De nos jours, on fait la chasse aux Roms …. L’histoire n’est qu’un éternel recommencement.

21 novembre : mariage de Louis XIII avec Anne d’Autriche à Bordeaux.

Et puis débute la construction du palais du Luxembourg à Paris par Salomon de Brosse (terminé en 1630).

 

luxembourg17eme[1].jpg

Mais revenons à Chinon :

Avant toute chose, et si vous trouvez le courage de lire ce qui suit, je vous donne l’explication de certaines abréviations :

° signifie : né(e) le …/ x signifie : marié( e) le … / + signifie : décédé(e) le

Cette année 1615 voit la naissance d’Urbain DERGOUGE. Il va exercer la profession de maître salpêtrier. Sous l’ancien régime, la charge de salpêtrier permettait de vivre aisément, il était payé par la ferme générale des salpêtres. Le salpêtre (ou nitrate de potassium) était récupéré dans les maisons, sur les murs,  pour être ensuite transformé en poudre à canon.

Urbain décède paroisse Saint-Jacques le 3 avril 1695. Sont présents à son décès :

Pierre ARVERS, marchand, son gendre

Urbain DERGOUGE, maître salpêtrier, son fils.

De son mariage avec … (pas trouvé !), il aura au moins 4 enfants :

1. Jean, marchand en 1666.

jeandargouge1.jpg

x le 8.11.1666 avec Marie GILBERT. Le couple aura 2 enfants : Marie, née en 1667, et Jean, né en 1669.

2. Urbain qui suit en II

3. Marie Anne, ° 1658, + paroisse St Etienne 26.01.1732. Elle avait épousé René TURTEREAU.

4. Claude, ° 1663, + 8.03.1695. Mariée à Pierre ARVERS.

 

II. Urbain DERGOUGE, maître salpêtrier.

urbaindargouge1.jpg

° 1646, + 19.01.1712

Il se marie le 3.05.1671 avec Antoinette SENARD (° 1654, + 10.09.1693, fille de Pierre SENARD).

De cette union naissent 11 enfants. Beaucoup meurent en bas-âge. Restent :

1. Urbain, ° 1674, + 9.06.1694, marié avec Marie FRAPIN.

2. Charles qui suit en IIIA

3. Marie Antoinette, ° 5.08.1692, + paoisse St Etienne 8.10.1759. Elle avait épousé Louis PETITEAU.

 Urbain DERGOUGE se remarie paroisse Notre Dame de Parilly le 25.11.1693 (soit deux mois après le décès de sa première épouse) avec Mexmine AMEUILLE (+ 7.07.1714).

Il aura 15 enfants de ce deuxième lit ! Là encore les décès en bas-âge sont importants. Survivent :

4. Urbain qui suit en IIIB

5. Antoinette, ° 8.02.1699, + 29.01.1753. Le 20.06.1718, elle épouse Louis VALLEE, marchand tonnelier, fils de Jean VALLEE et de Louise GIRAUDEAU.

 IIIA. Charles DERGOUGE, maître tonnelier, fabricier de l’église Saint-Jacques de Chinon.

Le fabricier est la personne élue pour la charge de la gestion des messes des défunts et l’autorisation d’enterrement dans l’église. 

Il est né le 5.06.1691. Son parrain est François Charles DAGUINDEAU, procureur au Siège royal de Chinon.

Charles décède le 29.12.1746.

Il s‘était marié à l’Ile Bouchard, paroisse Saint-Maurice, le 25 mai 1714 avec Françoise BONNEAU, fille de Louis BONNEAU, tonnelier, et de Renée ALLAIN.

Le couple aura au moins huit enfants, parmi lesquels :

1. Françoise, ° 11.10.1715, + 8.09.1739, mariée avec François MICHAU.

2. Renée Marthe, ° 29.07.1725, + 18.04.1760 paroisse St Etienne. Elle avait épousé Jean DESMÉ, marchand boulanger,  en juillet 1752.

3. Urbain qui suit en IV

4. Jean Lazare, ° 1.09.1730, + 4.09.1803. Il fut prêtre curé à Cravant-les-Côteaux. En 1798, le 14 janvier, il fut pris et emmené par les gendarmes. 

 IIIB. Urbain DERGOUGE, marchand.

Né le 22.11.1694

Il se marie à Saumur, paroisse St Pierre, le 14.09.1715 avec Marthe PELOU, fille de René PELOU et de Michelle COUASSE.

Je ne sais pas s’il y eut une descendance.

 IV. Urbain DERGOUGE, maître tonnelier.

Né le 29.11.1727, décédé le 22.11.1780

Il se marie à Cravant-les-Côteaux le 15 mai 1752 avec Martine PRECIEUX, fille de Jean PRECIEUX et de Marie PERTHUIS.

Le couple aura au moins 10 enfants, parmi lesquels :

1. Louise, + 29.10.1850. Elle avait épousé Jean Urbain HOUDIA.

2. Martine, mariée à Pierre FOURNIER

3. Urbain qui suit en VA

4. Françoise, religieuse aux Ursulines. ° 1.04.1757 , + 18.02.1820

5. Jean qui suit en VB

 VA. Urbain DERGOUGE, tonnelier.

Né le 21.07.1753, + 30.04.1812

Il se marie le 11.05.1782 avec Anne Marie GALLET, fille de Michel GALLET, maître tonnelier, et de Marie LUCE. Le couple aura au moins huit enfants, parmi lesquels :

Urbain qui suit en VIA

Justin, étudiant en droit, ° 13.04.1789

Martine, ° 1793, + 30.03.1841. Elle avait épousé Joseph PETILLEAU

Charles qui suit en VIB

 VIA. Urbain DERGOUGE, tanneur

Né le 13.04.1783, décédé le 14.01.1820

Il se maria avec Louise GUYOT. Je n’ai malheureusement pas trouvé l’acte de mariage. Louise GUYOT est née le 28.08.1787, paroisse St Étienne, fille de Louis Sébastien GUYOT et de Marie Madeleine HERPAIN.

Elle se remarie le 26.02.1821 avec François Alexis BESNARD. Elle décède à Chinon le 28.04.1839.

Un enfant issu de ce mariage, Eugène qui suit en VIIA

 VIB. Charles DERGOUGE, boulanger

Né le 15.11.1795, décédé le 14.01.1869

Il se marie le 7.07.1820 avec Marie CASSEGRAIN, fille de Jean CASSEGRAIN et de Françoise SIGONNEAU.

D’où :

1. Marie Caroline, ° 9.06.1821. Elle se marie le 19.11.1838 avec René TISSARD, épicier originaire de Sainte-Maure.

2. Charles qui suit en VIIB

3. Françoise Clémentine, ° 5.12.1825. Le 16 janvier 1844 elle épouse Martin LEBLANC, mégissier originaire de Sainte-Maure.

4. Zoé, ° 22.05.1828. Elle épouse le 22 mai 1849 Léon LEBLANC, frère du précedent.

 VIIA. Eugène DERGOUGE.

Il est dit tanneur. Il nait le 19.05.1820, quatre mois après le décès de son père. Il décède le 14 octobre 1891 et est inhumé dans le cimetière de Ligré.

Le 14 octobre 1844 il avait épousé Eugénie MASSACRY, fille de Benjamin MASSACRY, sabotier, et d’Eugénie MAHIET. L’étude de la famille MASSACRY (alias MASSACRIER) nous conduit dans le département de la Loire, à Chalmazel.

De cette union naîtra :

Eugénie, ° 20.05.1845 , + Ligré 30.06.1898. Elle épousa à Chinon, le 5 septembre 1865 Léopold Théophile LEGER, fils de Théophile LEGER, employé des Contributions directes à Tours, et de Hortense PERKIN ( famille originaire de Lille).

Ce sont les ancêtres de ma fille.

Le couple eut plusieurs enfants parmi lesquels Gaston René qui devint propriétaire de la propriété viticole de la Noblaie, à Ligré. Après sa mort en 1945, la propriété fut revendue.

Lanoblaie.jpg

 Mais elle  existe toujours et demeure une bonne adresse pour acheter du vin de qualité. ICI

 VIIB. Charles DERGOUGE

Né le 8.11.1823

Il se marie le 4.02.1850 avec Fanie PETILLEAU, fille de Pierre PETILLEAU et de Jeanne Mathurine CHARPENTIER.

D’où :

Fanie, ° 20.06.1851. Mariée le 17.08.1874 avec Auguse LEBEAU (originaire de St Jouin de Marves dans les Deux-Sèvres).

 Ainsi s’éteint la branche DERGOUGE. On retrouve encore actuellement une famille DARGOUGE à Beaumont-en-Véron. J’ai étudié leur ascendance mais je n’ai pas trouvé de lien de parenté. Si elle existe, elle se situe avant 1615 !

 

jeudi, 12 août 2010

321. Plongeon dans un passé lointain

Demain j'ai rendez-vous avec un cousin "généalogique". J'entends par ce terme une personne ayant, un moment ou à un autre, dans son ascendance, les mêmes ancêtres que moi.

Dans le cas présent, il s'agit d'un couple originare de Chinon :

Urbain Dergouge était tonnelier. En 1782 il épousa Anne Galet, fille d'un maître tonnelier. De ce mariage naquit plusieurs enfants parmi lesquels Urbain qui exerça la profession de tanneur et qui est l'ancêtre de mon mari et Charles , boulanger, qui est l'ancêtre de ce cousin que je vais voir demain.

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J'ai donc préparé à son intention toutes les informations que j'ai pu glaner depuis une vingtaine d'années sur ces familles chinonaises. Je pense qu'il va être très agréablement surpris car pour certaines familles, j'ai pu remonter assez loin dans le temps (fin du XVIe siècle).

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Il va ainsi faire la connaissance des Perthuis, boulangers paroisse St Etienne,  des Teurtereau, selliers paroisse St Maurice ou encore des Reuffé, marchands drapiers, des Bonneau, sans oublier la famille Precieux, originaire du Richelais et dont un des membres était le trésorier de Richelieu et vivait dans le château même de Richelieu etc.

Bref, j'ai un peu la tête comme une citrouille et je vais faire une petite pause bien méritée !

J'avais commencé à dépouiller les registres paroissiaux de toutes les communes proches de Chinon pour relever tous les actes concernant le patronyme Dergouge. Un travail titanesque  ! Imaginez que vous vous retrouvez avec des centaines de branches différentes que vous essayez de relier entre elles, comme on fait un puzzle. Je me suis vite fatiguée...

 

lundi, 01 février 2010

41. Alexandrine et Olympe


podcast
Famille DELETANG1a.jpg

Sur cette photo, vous découvrez une de mes ancêtres, Alexandrine DERAS, qui était blanchisseuse à Tours  au début du XXème siècle. Elle pose fièrement derrière le landau où se trouve le dernier-né de ses 6 enfants. Mon arrière-arrière grand-père - qui était un de ses enfants- ne figure pas sur la photo car il effectuait son service militaire à Chateauroux. On remarque que les ouvrières portent encore la coiffe tourangelle.  

Alexandrine est née à Troyes, dans l'Aube, le 24 mars 1859. Son père, Alexandre DERAS, était employé des Eaux-et-Forêts, originaire de la ville de Pithiviers, dans le Loiret. La famille DERAS est une ancienne famille originaire d'Authon du Perche (Eure et Loir). Je suis remontée jusqu'en 1694 avec Etienne, marchand à Authon.

Le 23 décembre 1858, Alexandre DERAS épouse à Troyes Marie HEBRARD, née à Vertaizon dans le Puy-de-Dôme.

Le couple part s'installer à Tours, sans doute en raison des affectations d'Alexandre. Marie HEBRARD décède à Tours en 1874. A cette époque le couple vivait rue du Cluzel.

DELETANG Olympe1a.jpgMais revenons à Alexandrine, qui est le sujet de la note. Elle fait la connaissance d'Olympe Louis DELETANG, un cultivateur né à Chambon le 12 décembre 1852 et qui avait quitté sa campagne natale pour s'installer à la ville. La famille DELETANG est présente dans le sud de la Touraine depuis au moins 1634 (c'est la date la plus lointaine que j'ai pu retrouver avec un mariage en 1634 à La Celle Guénand).

Alexandrine et Olympe se marie à Tours le 12 février 1877. Leurs signatures sur l'acte de mariage :

signatures.jpg

En 1879 le couple demeure 50 rue de la Grenouillère à Tours. Alexandrine est blanchisseuse et Olympe loueur de voitures à cheval.DERAS Alexandrine1a.jpg

En 1903 (date probable de la prise de la photo du haut) ils habitent rue Parmentier.

 

lundi, 06 avril 2009

112. Mon cousin d'Amérique

Quand j’étais enfant, je rêvais comme beaucoup d’autres enfants  d’avoir un cousin en Amérique. Cette espèce de fascination pour ce pays n’a pas duré très longtemps. Au fil du temps, la fascination s’est peu à peu transformée en une sorte d’anti-américanisme un peu primaire, je l’avoue bien franchement. Mais l’insolence de ce pays qui se veut le maître du monde est sans doute la cause de cette attitude de rejet. Voir les jeunes copier tout ce qui vient des USA me met hors de moi ( habillement, bouffe, culture ou plutôt non-culture).

Tout ce qui brille n’est pas d’or, dit un dicton.stemaure.jpg

Aujourd’hui le pays est comme une vieille maison qui se délabre de partout entraînant dans sa chute une partie du monde.

Mais revenons plutôt à ce fameux cousin. Cousin très éloigné puisque nous avons en commun un couple qui vivait au milieu du XVIIe siècle à Sainte-Maure en Touraine ( Ah, le pays du bon fromage de chèvre avec sa paille au milieu !).

Nos ancêtres communs sont Jehan ESTEVOU, sieur de la Mérandière et de la Pictière, marié à Jeanne DABURON.

Un descendant de cette famille, Pierre Augustin ESTEVOU, deviendra même maire de la ville de Tours le 12 vendémiaire de l’an VIII. Bon d’accord, il ne restera maire que 14 jours, mais quand même !

Si la branche de ce cousin éloigné dans le temps et l’espace quitta la Touraine pour aller s’installer à Columbus à la fin du XVIIIe siècle, ma famille restera solidement implantée dans la région tourangelle.

Le neveu de mon ancêtre, Jeanne ESTEVOU, devenu prêtre, partira évangéliser les îles Marquises au milieu du XIXe siècle, mais reviendra mourir à Tours.

 

Ce cousin américain s’appelle Charles Michael « Mike » Formy-Duval (voir le tableau). C’est tout ce que je sais de lui et je ne cherche pas à en savoir plus d’ailleurs…   

 

vendredi, 02 janvier 2009

2. Quel temps faisait-il il y a trois cents ans ?

En parcourant les registres paroissiaux, il arrive que l’on trouve parfois des annotations relatant des faits divers ou bien encore des catastrophes naturelles survenues dans une commune, comme par exemple ci-dessous, à Saint-Nicolas-des-Motets : 

stnicolas.jpg

 

Le 7 janvier 1709, le froid a commencé si fort que depuis plusieurs années on en avoit vu un pareil. Le desgel  narriva que le 19 dudit mois qui fut suivy d’une gellée très forte qui gasta les bleds qui « croient » en terre… ce qui causa une très grande « cherté », que le boisseau à mesure de Herbault valloit quatre francs la roüïlle --- et la semence de bled nouveau valloit à ladite mesure cent sols le boisseau et à celle de Montoire sept livres dix sols. Ce même yver a presque tout gelé, tous les noïers, arbres fruitiers et autres dans le bois qui se sont trouvés fendus…»

Sources : Bulletin Touraine généalogique, n°73.

 

Cette petite commune est située au nord du département, près de Château-Renault. Et savez-vous comment s’appellent les habitants ?

Les Montoux Colasiens ! Ils étaient 224 en 1999.