jeudi, 24 avril 2008
Amateurs de violence
réjouissez-vous ! Le film Funny Games.U.S sort aujourd'hui dans les salles de cinéma.
L'auteur, Michael Haneke, a repris plan par plan son précédent film " Funny Games", sorti en 1997, mais cette fois-ci il a choisi de le produire en anglais avec des acteurs pur jus américain.
Dénoncer la violence par la violence. Voilà en gros le message du cinéaste... Comme en leur temps avaient fait Pasolini avec Salo ou les 120 jours de Sodome ou bien encore Kubrick avec Orange mécanique. Or il s'est avéré que les cinéastes avaient échoué dans leur but.
Les gens ne retiennent que la violence, c'est d'ailleurs ce qui les fait se déplacer. Peut-on rester indifférent face à des scènes violentes ? Je ne pense pas, on finit forcément par s'identifier soit aux victimes, soit aux bourreaux. Personnellement j'ai tendance à m'identifier aux victimes, c'est pour cela que je ne peux pas supporter ce genre de film. Mais que penser alors des gens qui assitent sans émotion apparente à toutes ces scènes de torture gratuite ? Ne venez pas me dire qu'ils prennent du recul face aux images, je ne vous croirai pas. Par contre, je ne suis pas loin de penser qu'ils éprouvent une jouissance malsaine à la vue des tortures. Et de là à penser que ce sont des refoulés dans la vie, il n'y a qu'un pas que je franchis d'emblée.
En tout cas, une chose est sûre : je n'irai pas voir ce film ! Ou alors ce serait plutôt pour observer les réactions des spectateurs. Je pense que ce doit être assez édifiant.
Voici quelques extraits ICI.
09:49 Publié dans Sur l'écran noir | Lien permanent | Commentaires (0)
Avril 1963
« Nero, quasi offensus deformitate veterum aedificiorum et angustiis flexurisque vicorum, incendit Urbem. Per sex dies septemque noctes aeclade saevitum est, ad monumentorum bustorumque deversoria plebe compulsa. Tunc praeter immensum numerum insularum, domus priscorum ducum arserunt, hostilibus adhuc spoliis adornatae, deorum que aedes ab regibus ac deinde Punicis et Gallicis bellis votae dedicataeque, et quidquid visendum atque memorabile ex antiquitate duraverat. Hoc incendium et turre Macceniatiana prospectans laetusque flammae ut aiebat, pulchritudine Halosin Illii in illo suo scaenico habitu decantavit. »
Danc ce texte latin, l'historien Caïus Suetonius Tranquillus ( Suétone , né en 69, mort en 125 )) fait le récit de l'incendie de Rome, commandité par Néron.
J'ai retrouvé cette version latine dans un cahier de 1963. J'étais alors en quatrième. A la suite de ce texte que très souvent nous avions à apprendre parcœur suit la traduction bien approximative que j'avais pu en faire... Que de difficulté ! Que d'heures passées le nez dans le dictionnaire Gaffiot, à la recherche d'une traduction correcte. Une fois le texte traduit, le relire et s'apercevoir avec effroi que cela ne veut pas dire grand'chose !
Aujourd'hui, que reste t-il de tout cela ? RIEN... ou si peu. Le fait de pouvoir dire que j'ai appris le latin pendant sept années, mais tout le monde s'en fiche.
Je me souviens de la réaction d'un ami de mon père qui, ayant appris que nous avions le droit de nous servir du dictionnaire le jour des compositions, était outré.
« De mon temps, le dictionnaire était prohibé, le niveau de l'éducation baisse » avait-il rajouté d'un air consterné. Pauvre homme, il doit se retourner dans sa tombe aujourd'hui !
Continuant ma recherche, j'ai trouvé le cahier de récitation latine de la classe de 3e. Il contient des extraits de " Catilina" de Salluste ainsi que des passages de " L"éneide " de Virgile.
Le cahier de récitation française de la même classe contient des extraits d'Andromaque, d' Iphigénie qui, comme tout le monde ne le sait pas forcément, sont des œuvres de Racine, ou bien encore des extraits d'Horace, de Pierre Corneille :
« O d'un triste combat effet vraiment funeste !
Rome est sujette d'Albe et pour l'en garantir
Il n'a pas employé jusqu'au dernier soupir !
Non, non, cela n'est point, on vous trompe Julie,
Rome n'est point sujette, ou mon fils est sans vie :
Je connais mieux mon sang ; il sait mieux son devoir. »
Pauvres Corneille et Racine ! Disparus dans les oubliettes depuis pas mal de décennies je crois. En 2006, il n'y eut aucune commémoration organisée en souvenir de la naissance de Corneille.
Molière semble avoir mieux résisté. Sans doute parce qu'il traite dans ses pièces de sentiments humains qui sont toujours d'actualité, l'avarice, la cupidité, la fourberie etc.
Aujourd'hui les jeunes apprennent plus de choses dans les domaines scientifiques, évolution technologique oblige. Il faut bien faire un choix un jour ou l'autre. Et puis le mode d'existence a profondément changé. A notre époque les distractions n'existaient pas -ou si peu. Alors il nous restait les études... Je me souviens de la petite révolution quand les premiers transistors sont apparus sur le marché ! Je me revois encore, le nez plongé dans les livres, mais l'oreille attentive aux premières musiques de yés-yés... Cela ne facilitait pas forcément l'attention.
Alors que dire de l'époque actuelle ? Les jeunes ne savent pas ce qu'est une contrainte. L'enseignement tel qu'il existait de mon temps est totalement révolu, inadéquate. Nous étions capables d'efforts parce que nous savions que cela était nécessaire, dans l'ordre des choses, en quelque sorte. Nous étions attentifs et respectueux.
Récemment j'ai pris le bus. Ah, le bus ! Le parcours du combattant pour trouver une place assise. Elles sont bien souvent prises par des jeunes fatigués avant l'heure. J'allais rajouter : " De mon temps...", mais cela est intutile. Je ne me reconnais pas dans cette nouvelle société, mais ce n'est plus mon problème. J'ai donné, ça suffit !
06:59 Publié dans Croque mots | Lien permanent | Commentaires (0)


