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vendredi, 17 janvier 2020

François Boileau

Lorsqu'on pénètre dans le cimetière La Salle par l'entrée située en bas de la rue Saint-Barthélémy, on ne peut être qu'intrigué par l'étrange tombe qui se dresse un peu plus loin sur la gauche, dans l'allée centrale. Elle est unique en son genre puisqu'elle représente un accident de chemin de fer. L'ouvrage est signé Coussin.

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Le petit fascicule nous indique :

François Boileau (1845-1878). Mécanicien mort lors d'un accident ferroviaire sur la ligne Tours / Le Mans. La sépulture détaille avec réalisme le moment de l'accident : le train se disloquant parmi les pierres et l'eau.

Certes, François Boileau n'est pas connu. C'était un ouvrier parmi tant d'autres et on ne peut pas l'inscrire dans les "célébrités" tourangelles. Mais j'ai voulu en savoir davantage, histoire de le faire revivre :

J'ai peu d'indices, seulement deux dates et un nom. La date du décès est précise : 30 mars 1878. Reste à trouver où a été enregistré le décès. Rien à Tours, donc je recherche à Dissay-sous-Courcillon, dans la Sarthe, là où s'est produit l'accident. Bingo ! Suit un deuxième acte, celui du chauffeur de la locomotive, François Raimbault, époux de Pascaline Levasseur.

À partir de là, tout s'enchaîne :

François Boileau est né à Saint-Pierre-des Corps le 11 mai 1845. Il est d'abord serrurier, puis mécanicien. Il se marie à Tours le 9 septembre 1867 avec Reine Charlot, née à Moux-en-Morvan (Nièvre) le 20 octobre 1849, fille de Pierre, employé au Chemin de fer, et de Françoise Lagorgette.  Son père, François Boileau, était chauffeur au Chemin de fer ; il demeurait Grange-Saint-Martin et avait épousé Pauline Richard le 25 juin 1844 à Saint-Pierre-des-Corps. 

On a affaire ici à des familles de cheminots. 

Deuxième étape : retrouver l'ascendance.

Mes recherches m'ont conduite jusqu'au milieu du XVIIIe siècle.

I. Mathieu Boileau, journalier, marié à Marie Coudreau, d'où :

II. Jean Boileau , né vers 1759, décédé à Saint-Pierre-des-Corps le 24 avril 1807. Il est successivement voiturier par eau, puis cabaretier au moment de son décès. Il se marie avec Jeanne Habert. etc...

François Boileau et Reine Charlot ont deux enfants :

1. Reine Françoise, née à Angers le 6 juillet 1869. Elle a 9 ans lors du décès de son père.

Elle se marie à Tours le 8 janvier 1889 avec Jean Maurille Benays, employé au Chemin de fer d'Orléans, né à Lascabane (Lot) le 12 septembre 1860, fils d'Antoine, charpentier, et de Marguerite Hensas.

2. François, né à Poitiers (Vienne) le 19 décembre 1871. Il est peintre en bâtiment et demeure impasse Raspail à Tours au moment de son mariage avec Marie Alexandrine Patry qui a lieu le 2 mai 1896. Cette dernière est native de Savigné (Vienne) où elle est née en 1876, fille de Pierre, forgeron, et d'Augustine Delhoume.

J'ai toujours été fascinée par les locomotives à vapeur. Elles dégagent une telle force ! Quand j'étais gamine, dans les années cinquante, je me souviens très bien les avoir souvent observées  près de chez moi. Au bout du boulevard Tonnellé passaient en effet les deux voies reliant Tours à Nantes et au Mans qui bifurquaient  précisément à cet endroit, et, entre les deux, il y avait une parcelle de terre en contrebas, occupée par des jardins ouvriers. J'aimais bien me mettre sur le petit chemin, au pied du talus, et soudain, dans un bruit d'enfer allant crescendo arrivait la locomotive à toute allure, crachant de la fumée et envoyant des escarbilles !  

J'étais copine avec les deux filles du garde-barrière et il m'arrivait d'aller jouer chez elles. Quand le train passait, on avait l'horrible impression que la maison allait s'écrouler !

La maison existe encore. La voici en 2007 :

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Je suis repassée devant depuis et j'ai constaté avec plaisir qu'elle avait été restaurée.

Allez prenons une dernière fois le train !

Commentaires

Super la petite histoire de la maison du garde-barrière !

Écrit par : catherine | lundi, 20 janvier 2020

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@ Catherine : tu sais pourquoi j'ai mis un extrait du film "La Bête humaine" ? ... Pour entendre le sifflet du train ! ça me rappelle toute mon enfance.

Écrit par : tinou | mardi, 21 janvier 2020

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