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lundi, 03 février 2020

Pierre Leroux

Un nouveau cousin vient s'ajouter à la liste : il s'agit de Pierre Leroux.

Tout comme mon mari, il descend de familles pauvres des monts du Forez qui, l'hiver, s'expatriaient vers d'autres régions pour trouver du travail. Je vous ai déjà cité le cas des Massacry, sabotiers, qui venaient à Chinon pour exercer leur métier. Ils finirent par s'y implanter et prospérer dans la petite bourgeoisie locale.

Pierre Leroux et mon mari ont pour ancêtres communs :

Pascal Doytrand marié en 1681 avec Claudine Roche à Saint-Just-en-Bas (Loire).

Le couple a 1 fille, Jeanne, qui se marie deux fois. Une première fois avec Jean Barou Piron, d'où quelques générations plus tard Pierre Leroux. 

Etant veuve, elle se remarie avec Mathieu Rory, d'où mon mari.

Mais venons-en à Pierre Leroux :

Pierre Leroux.jpg

Né en 1797, dans une famille parisienne modeste, Pierre Leroux fait de brillantes études qui lui ouvrent la porte de l’école Polytechnique. Il renonce toutefois à intégrer cette école pour subvenir aux besoins de sa famille. Il devient ainsi maçon puis chef typographe dans une imprimerie qui édite le journal le Globe. Il y  publie des articles remarqués sur les sujets  philosophiques.

Il s’engage très jeune dans le combat libéral puis, en 1830, adhère au mouvement saint-simonien et prône un « socialisme » (il est l’inventeur de ce concept) qui concilie la liberté et l’égalité. Le travail lui paraît devoir être réorganisé sous l’autorité d’une élite industrielle et religieuse . En 1835, Leroux fait la connaissance de George Sand qui deviendra sa maîtresse. C’est elle qui lui fait connaître Boussac, ville  où il installe sa famille après avoir obtenu  en 1845 un brevet pour créer une imprimerie.  Il crée une colonie, sorte de phalanstère, qui compte près de 80 personnes.

Parallèlement il poursuit ses recherches philosophiques et anime la revue Encyclopédique et la revue Sociale qui succède au Globe. En 1841, il publie son opus magnum L’Encyclopédie nouvelle ou dictionnaire philosophique, ouvrage collectif.

En 1848, Pierre Leroux est nommé maire de Boussac par le gouvernement provisoire. Profondément républicain, il est élu député de la Seine dans l’assemblée constituante puis est réélu, l’année suivante dans l’assemblée législative. Il s’oppose à la politique de Louis Napoléon Bonaparte dont il pressent la dérive autoritaire, et s’exile  après le coup d’état du 2 décembre 1851. Rentré en France en 1860, à la faveur de la loi d’amnistie, il publie un long poème philosophique en 2 volumes : La grève de Samarez et meurt à Paris en avril 1871.

Plus surprenante encore est la biographie de son frère, Jules Charles : il exerce la profession d'imprimeur. Il participe au Phalanstère de Boussac (Creuse) à partir de 1844. Entre octobre 1845 et août 1850, les deux frères font paraître douze numéros de la Revue sociale ou Solution pacifique du problème du prolétariat. Le 3 mai 1849, il est élu député de la Creuse sur la liste des républicains démocrates-socialistes. Opposé à la politique de Louis-Napoléon Bonaparte, il abandonne la vie publique et s'exile à Londres, puis sur l'île de Jersey avec sa famille. Accompagné de sa femme et de ses enfants il tente en vain d'entretenir les siens en travaillant dans l'agriculture. En 1866, il émigre aux États-Unis et s'installe dans le Kansas où il crée une communauté égalitaire baptisée New Humanity. Fatigué et vieilli, il s'achète du matériel d'imprimerie au début de 1867.Il est le correspondant officiel à Topeka du Bulletin de l'Union républicaine de la langue française de Claude Pelletier et fait paraître à Neuchatel (dans le Kansas) un journal intitulé L'Étoile du Kansas et sous-titré organe de la République française et universelle (de janvier 1873 à décembre 1880).

Icaria-speranza.jpg

Il s'installe ensuite près de Cloverdale, en Californie et participe à une seconde communauté égalitaire icarienne, Icaria-Speranza, où il publie L'Étoile des pauvres et des souffrants (de 1881 à 1883). Dans le dernier numéro du 24 octobre 1883, parait un article nécrologique, rédigé par l'un de ses fils, qui commence par ces mots : " Jules Leroux, chrétien, philosophe, communiste, vient de mourir, exilé, près de Cloverdale, Comté de Sonoma, État de Californie ". Sur Généanet, j'ai fait la connaissance d'un généalogiste ayant recueilli pas mal de renseignements sur cette famille Leroux.  Il a retrouvé la trace de quelques descendants. Que reste-t-il aujourd'hui de ces communautés inspirées des idées d'Etienne Cabet qui révait d'une société basée sur l'égalité et la fraternité ?

Pierre Leroux est décédé à Paris le 12 avril 1871.

Il est inhumé au cimetière du Montparnasse.

Tombe de Pierre Leroux.JPG

Pour en savoir davantage :

Le socialisme utopique

Voyage en Icarie, d'Etienne Cabet

 

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