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samedi, 16 novembre 2019

Le fait du prince

Il y a parfois des coups de gueule qui font du bien, même si au final ça ne sert pas à grand chose.

Ce matin, en parcourant le site généalogique, j'ai soudain repensé à ce cousin de mon mari qui a eu le toupet d'indiquer que nous n'existions pas puisque sur son arbre il indique que ses grands-parents(ceux de mon mari) n'ont pas eu d'enfants. Un comble qui m'avait fait sortir de mes gonds ICI.

J'avais écrit un ou deux mails à ce monsieur, qui se dit prince de je ne sais plus trop quoi, mails auxquels bien sûr il n'a jamais répondu. Et cependant il vient régulièrement sur son site. 

Seul changement apparent : sa photo en ligne ! En passant, il a pris un coup de vieux.

Bref, c'est plus fort que moi, je lui renvoie un courrier :

Bonjour,

Je constate que malheureusement vous n'avez pas tenu compte de mes précédents messages et que vous indiquez toujours dans votre généalogie que le couple LEGER/DERGOUGE, mariés à Chinon en 1865, est sans postérité.

Que dois-je faire pour que vous daigniez enfin rectifier cette erreur ? Votre refus de répondre est — à mon avis — un manque total de politesse, ce qui, de la part d'un prince, est pour le moins affligeant !

Bien à vous

Et je signe. Ouf, ça fait du bien ...

PS : je viens de m'apercevoir qu'il figure sur wikipédia et qu'il a rajouté à son nom "de l'Aubespine" !

vendredi, 15 novembre 2019

Bienvenue chez Louis XI

Une idée en amène très souvent une autre et, alors que je détaillais cette belle carte de René Settier datant de 1619 sur la ville de Tours, j'aperçois l'abbaye de Beaumont. J'y reviendrai ultérieurement.

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Sur la gauche de la carte on voit le ruau Sainte-Anne reliant la Loire au Cher et, connaissant bien les lieux puisque j'y suis née, je suis à peu près certaine que la partie située en bas à gauche correspond à l'ancien château de Plessis-lèz-Tours, située sur la commune de La Riche, et qui fut la demeure du roi Louis XI.

Bingo ! Cette autre partie de la carte (un peu floue) indique bien le château !

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En été, quand le niveau du Cher est très bas, on peut voir apparaître quelques anciens piliers de bois du pont, appelé le pont neuf, qui reliait le château à la plaine de la Gloriette.

Je profite donc de la matinée d'hier pour partir en expédition. Petit arrêt aux deux cimetières de La Riche pour vérifier que tout est en ordre. Le vieux cimetière a de moins en moins de tombes, faute de renouvellement des concessions ;  mes arrières-grands-parents sont un peu isolés maintenant. 

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Dans l'autre cimetière, les nombreux chrysanthèmes rappellent que la fête des morts a été célébrée il y a peu. Je n'étais pas venue depuis deux ou trois ans, mais cela ne veut pas dire pour autant que j'ai oublié mes parents. Mes nuits sont peuplées de leur présence ...

Me voici maintenant arrivée devant l'entrée du château qui est à seulement deux rues du cimetière. Quand j'étais gamine, j'étais allée le visiter deux ou trois fois. Je me souviens encore de la grande galerie de tableaux représentant les portraits des rois et des reines. 

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Nous sommes chez le roi Louis XI, dit le Prudent. Ses ennemis l'avaient surnommé l'universelle aragne ce qui peut se traduire de nos jours par la grande araignée ou le grand tisseur de toiles, faisant ainsi référence à sa capacité à employer la ruse et à tisser un réseau très étendu d'informateurs pour déjouer tous ses adversaires.

J'ai toujours eu un faible pour Louis XI, sans doute lié au fait qu'il n'était pas très beau, mais aussi pour son action politique. C'est lui qui développa l'industrie de la soie dans la région tourangelle.

Pour sa biographie, reportez-vous ICI.

C'est en 1464 qu'il acheta le château du Plessis ; il en fit sa demeure principale et la ville de Tours a bien failli devenir la capitale de la France  !

Quelques dates clés concernant l'historique du château :

1464 : acquisition des lieux par LouisXI et début des travaux de construction. À cet effet, il fit venir des ouvriers de Béthune pour la réalisation de l'aile en briques. Il est intéressant de noter par-ailleurs que c'est justement cette partie du château qui demeure encore aujourd'hui intacte !

Vue du château en 1699 :

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1781 : le château, plus ou moins à l'abandon, devient le dépôt de mendicité de la ville de Tours.

1790 : il est vendu comme bien national.

1796 : destruction aux trois-quarts des bâtiments.

XIX ème siècle : il devient successivement une fabrique de plombs de chasse, un dépôt d'entreprise et un bâtiment de ferme.

1890 : le docteur Edmond Chaumier, originaire de Saint-Flovier, rachète le château et crée un Institut vaccinogène pour lutter contre la variole. 

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1932 : la ville de Tours acquiert le site et l'ouvre aux visites.

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1993 : le château ferme faute d'un nombre suffisant de visiteurs. (moins de 3000 par an).

1998 : la compagnie théâtrale Cano Lopez s'installe sur le site.

2016 : la ville de Tours met en vente le château. Le directeur du théâtre refuse de quitter les lieux.

2019 : la convention de mise à disposition arrive à son terme et le château n'a toujours pas trouvé acquéreur !

Maintenant, place à la visite extérieure :

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mercredi, 13 novembre 2019

L'âme du vieux Tours, 3/3

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Retranscription dans son jus ! Et encore, je ne me plains pas car c'est très lisible.

J'ai trouvé toute une lignée de Dangé, également ouvriers soyeux, mais je n'arrive pas à les raccorder aux miens par manque de renseignements.

Pour en revenir à Tours, j'ai déniché cette superbe carte, faite par René Siette en 1619 :

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On y voit très bien sur la gauche l'ancien ruau Sainte-Anne qui reliait le Cher à la Loire. Il fut comblé au XIXe siècle ; face au Sanitas (l'hôpital Bretonneau actuel) se trouve maintenant le jardin botanique. Enfin, au sud, on aperçoit l'ancienne abbaye de Beaumont qui fut transformée en caserne après la Révolution. Aujourd'hui la caserne a fermé ses portes et je me demande d'ailleurs ce qu'il advient des vestiges de l'abbaye. (Affaire à suivre).

carte siette 2.jpg

Sur la deuxième partie du plan, on aperçoit également le pont Saint-Sauveur qui permet d'enjamber le Cher pour aller vers Joué-les-Tours.  

Autre vue de Tours en 1855, cette fois-ci prise en hauteur :

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On distingue nettement le pont de pierre et la rue Nationale qui aboutit à la place du Palais. Puis l'axe est-ouest , parallèle à la Loire, créé par les deux grands boulevards Béranger et Heurteloup. Au-delà, c'est encore la campagne !

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En ce qui concerne la place Plumereau, elle ne figure pas sur le plan de Tours en 1888. On y voit en effet un bâtiment en forme de petite maison avec une cheminée qui sera démoli ultérieurement pour agrandir les lieux.IMGP0749a.JPG

L'abbé Bossebœuf, dans son ouvrage, indique que c'était la place-aux-Fruits.  Juste à côté se trouvent la rue du mûrier, la rue du poirier et la rue des cerisiers.

Dans les années soixante la place était devenue un vaste parking. Depuis tout ce quartier de Tours a été transformé en zone piétonne pour faciliter la déambulation. 

Voici trois vues différentes de la place :

 

 

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Et, pour clore le chapitre :

mardi, 12 novembre 2019

L'âme du vieux Tours, 2/3

Rue des Cerisiers, rue de la Paix, rue du Petit-St-Martin, rue de la Madeleine ... Tous ces noms de rues situées dans le vieux Tours ont été les lieux de vie d'une partie de mes ancêtres au XIXe siècle. Je comprends mieux pourquoi, quand je m'y balade, j'ai l'impression d'être en pays de connaissance ! Ça ne s'explique pas, ça se ressent.

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Là, nous sommes place Plumereau dans les années 1920. C'est mon arrière grand-père qui se tient à la porte du café-épicerie ; il est en compagnie de sa fille Germaine, la sœur de ma grand-mère.

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Et, si l'on remonte encore plus loin dans le temps, je peux aussi vous citer l'église de Notre-Dame-la-Riche où certains de mes aïeux se sont mariés au XVIIe siècle.

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Mais les actes paroissiaux sont beaucoup moins précis et n'indiquent pas les noms des rues, juste le nom des paroisses. Alors, je retrouve,en consultant les différents actes, le nom des différentes paroisses : Saint-Saturnin, St Clément, St-Pierre-le-Puellier, St-Pierre-du-Boile, Notre-Dame de l'Écrignole, St Hilaire, St-Simple, etc.

Mais revenons à une période plus récente. Voici la deuxième partie de l'âme du vieux Tours, avec ses scènes de rue pittoresques :

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Bonne balade !

lundi, 11 novembre 2019

L'âme du vieux Tours, 1/3

À la suite d'une mauvaise manipulation, j'ai effacé la note précédente concernant "L'âme du vieux Tours" !

Il ne me reste plus qu'à tout reprendre car impossible de récupérer une note malencontreusement effacée !

Je disais donc que je viens de mettre en ligne trois diaporamas sur les photos en noir et blanc de Paul Martinaud. Ces clichés montrent le vieux quartier de Tours - compris entre la Loire et le boulevard Béranger du nord au sud, puis de l'ancien canal au pont Napoléon d'est en ouest - au moment de sa démolition partielle, puis de sa restauration.

indre et loire,tours

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Grosso modo, la période concernée va de 1968 à 1974.

J'ai donc repris une partie des photos publiées dans les deux tomes parues aux Editions Sutton. Ces deux petits livres sont maintenant en rupture de stock. Ça me fait toujours bizarre de revoir cette période car j'ai l'impression que c'était hier. J'en garde un souvenir très précis et nostalgique à la fois. Quand le tome 1 a été présenté à la télé sur la chaîne locale — j'avais refusé de participer à l'émission par timidité j'avoue et c'est un représentant des éditions Sutton qui m'avait remplacée ! —, un des invités avait fait cette étrange remarque, disant que ce quartier était "mal famé". Moi qui à l'époque me baladais très souvent dans le quartier, je n'avais jamais ressenti une impression de dangerosité quelconque. Certes le quartier était sale, les maisons insalubres, la population bigarrée. Mais c'était vivant ! On sentait une profonde solidarité entre les habitants et, mise à part la sempiternelle bagarre du jour de la foire à l'ail (le 26 juillet) place de la Victoire, la vie s'y déroulait comme partout ailleurs. Les mômes jouaient dans les rues, les femmes allaient chercher l'eau à la fontaine pour la lessive, le linge pendait aux fenêtres, les hommes refaisaient le monde au bistrot du coin... Une impression de village ressortait de cette atmosphère et je m'y sentais très à l'aise. 

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Après, tout a changé, les maisons restaurées ont été achetées par des promoteurs et des gens aisés. Les petites gens ont été expulsés des lieux et envoyés en banlieue dans des cages à lapin. Ah, c'est sûr, ils avaient le confort qui manquait dans leurs anciens taudis, mais je ne suis pas certaine qu'ils aient gagné au change ! 

Le vieux Tours était bel et bien mort. Aujourd'hui, le quartier est très branché comme on dit. Les restaurants et les magasins chics ont remplacé les vieilles boutiques. Mais tout ça n'est qu'une façade sans âme. En plus, le quartier est devenu dangereux la nuit. Un comble quand même !

J'y vais de temps en temps car j'aime bien l'architecture des lieux, mais côté ambiance, c'est glacial, totalement inintéressant - à part un ou deux troquets , rue du Grand Marché et rue Colbert-. 

Bon, si on se replongeait maintenant cinquante ans en arrière ?