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jeudi, 06 octobre 2011

214. Bilan d'une décennie -51-


podcast
Continuons notre découverte de Huê :

Après le déjeuner, nous partons visiter la citadelle.

Cette ville porta différents noms au cours des siècles. Ce n’est qu’en 1802 qu’elle devint définitivement « Huê » et fut considérée comme la capitale. L’empereur Gia Long, le premier appartenant à la dynastie des Nguyên, commença alors d’importants travaux en vue de l’embellissement de la ville. Ces travaux s’achevèrent en 1833.

13 empereurs régnèrent alors sur le Vietnam jusqu’en 1945. Le dernier empereur, Bao Dai, mourut en exil à Paris en 1997. Il est enterré au cimetière de Passy. Sa dernière épouse, la princesse Vinh Thuy, était une Français, Monique, originaire de Pont-à-Mousson. Ça, c‘est pour la petite histoire.

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On sent tout de suite l’influence française dans cette construction qui rappelle de l’extérieur les fortifications de Vauban.

La citadelle couvre une superficie de 400 hectares et elle est entourée d’une muraille haute de 6 mètres, de remparts, de parapets et de bastions.

Au centre de la citadelle se dresse la cité impériale qui reprend la même disposition que la cité interdite de Pékin.

« La porte du midi » est l’entrée principale de la cité.

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Le pont de la Voie centrale puis l’esplanade des Grands Saluts.

Le palais du Trône (construit en 1805). C’est l’unique bâtiment qui par miracle a échappé aux bombardements américains de 1968. Il est en effet important de rappeler qu’à Huê se déroula une des plus sanglante bataille de la guerre du Vietnam.

C’était le 31 janvier 1968, au moment de la fête du Têt… Rappelez-vous !

La cité Pourpre interdite qui prolongeait cet ensemble fut malheureusement détruite. C’est dans cet actuel  carré de désolation que se trouvaient les appartements privés, les harems de l’empereur.

La couleur des tuiles varie entre le jaune (pour l’empereur) et le vert (pour les mandarins).

Je dois vous avouer quelque chose : j’ai encore été une très mauvaise élève sur ce coup-là ! Au départ j’étais relativement attentive à ce que nous disait notre guide. Or, nous avons eu affaire à un passionné d’histoire… et comme tout passionné, il ne sait plus s’arrêter ! J’ai donc très vite décrochée et je me suis perdue dans les allées, à photographier des fresques, des bonsaïs etc.

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Après cette longue visite, nous avons eu droit à un petit tour de cyclopousse puis nous nous sommes bientôt retrouvés sur le marché. Peu de temps car il y avait un monde fou et l’on était complètement oppressé par la foule et les motos qui déambulent également dans les allées étroites.

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Lundi 15 janvier 2007 :

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Nous voici au 9e jour : ce matin nous quittons l’hôtel pour une promenade en bateau sur «la rivière des Parfums ». Cette rivière porte ce nom car sur ses rives poussent des plantes médicinales et aromatiques. Nous embarquons sur l’un de ces bateaux amarrés tout le long des berges et nous voici partis. Il est encore tôt et une légère brume recouvre la rivière.

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Je retrouve le même plaisir que j’avais connu lors de la remontée du Nil, la chaleur en moins.

La principale activité sur la rivière est le ramassage du sable. A longueur de temps des sampans récupèrent ainsi le sable, à l’aide d’un seau jeté au fond. Puis il est remonté à la force des mollets ! Ce travail pénible rapporte environ 20€ par bateau  rempli. Il faut compter une bonne journée de labeur (soit plus de 10h de travail) pour que le bateau soit plein et toute la famille participe, même les enfants.

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Le paysage est grandiose, la végétation est particulièrement luxuriante.

Premier arrêt pour visiter la pagode de Thiên Mu, appelée aussi « la pagode de la Dame céleste ».L’essentiel des bâtiments et la tour ont été construites en 1841. Une stèle racontant l’histoire de cette pagode est fixée sur une énorme tortue.

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Le jardin est splendide.

Nous reprenons le bateau et continuons la promenade. Au passage nous apercevons un éléphant qui vient s’abreuver.

L’arrêt suivant nous permet de découvrir le tombeau de Minh Mang, empereur qui régna de 1820 à 1840. On retrouve le même principe de constructions, les différentes cours, les statues des mandarins.

Retour au bateau : les affaires vont bon train ! Le bateau appartient à une famille qui vit sur ce bateau et tout le temps que dure la promenade, les jeunes filles ont sorti toutes sortes d’objets artisanaux ainsi que de beaux ensembles en soie et en coton… Comment voulez-vous résister ? En tout cas ce matin-là, les affaires furent bonnes pour cette famille car tout le monde (ou presque) est redescendu avec un ou plusieurs paquets sous le bras. Pour ma part j’ai acheté deux ensembles en coton (dont un pour Peggy de couleur écrue), puis un autre ensemble en soie.

[ À ce jour, si l’ensemble en coton a fait de l’usage, l’autre est toujours dans son emballage.]   

 

 

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Le car nous attend au débarcadère : en chemin nous recroisons un éléphant. Retour à Huê pour le déjeuner.

A suivre…

La bataille du Tet, janvier 1968 :

lundi, 03 octobre 2011

210. Bilan d'une décennie -50-


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Dimanche 14 janvier 2007 :

La veille au soir, Tien nous a prévenu : Demain vous serez réveillés à 3h45. Un petit déjeuner vous sera servi à 4h30. Ensuite nous partirons pour l’aéroport. Nous devons y être à 5h pour l’enregistrement des bagages.

A 3h30 je suis déjà dans le hall de l’hôtel. J’avais repéré la veille au soir qu’il y avait un ordinateur, l’occasion d’envoyer un mail à ma fille pour lui donner de mes nouvelles et prendre des siennes.

Sur la route menant à l’aéroport, on remarque, malgré l’heure matinale, un trafic intense. Les gens se rendent à la ville pour y vendre leurs produits. Les vélos sont chargés au maximum, la plupart ne sont pas éclairés.

Tien se charge de l’enregistrement de tous nos bagages. C’est l’heure des adieux car nous aurons bientôt un autre guide pour le reste du voyage. Durant la nuit, Tien a gravé pour chacun d’entre nous un CD sur lequel il a mis toutes les photos qu’il a prises du groupe durant cette semaine passée ensemble. Attention très délicate qui, personnellement, me touche beaucoup !

A 6h l’avion décolle. Le vol dure environ 2h30. Destination : Huê.

Avec une population d’environ 400 000 habitants, Huê est une jolie ville au passé culturel très riche. Elle s’étire nonchalamment le long de la rivière des Parfums et la mer n’est qu’à 20km seulement.

Durant la guerre, elle a eu à subir d’énormes destructions. On estime que sur les 300 monuments historiques de la ville, 80 seulement ont pu être sauvegardés.

Mais nous voici dans le hall de l’aéroport. De l’autre côté de la vitre nous apercevons notre nouveau guide. Il s’appelle Thuan.

Il nous conduit bientôt à l’hôtel, le « Gold Hotel » et nous laisse une bonne heure à reprendre quelques forces.

Il pleut sur Huê ou plutôt il tombe un léger crachin, mais la température est très douce, environ 20°. Je repense  à Isabelle et son amie que j’avais rencontrées à mon départ de Roissy. Leur séjour doit être maintenant terminé. 

La matinée commence donc par la visite d’un des nombreux tombeaux royaux construits dans cette vallée.

Nous visitons le tombeau de l’Eternité dédié à l’empereur Tu Duc qui régna de 1848 à 1883. La construction de son tombeau commença de son vivant , en 1864, pour s’achever en 1867. Les conditions de travail y étaient particulièrement pénibles pour les  trois mille ouvriers et ils se révoltèrent en 1867.

L’endroit est un véritable havre de paix : un parc magnifique au milieu duquel se trouve un lac artificiel recouvert de nénuphars. Le parc est agrémenté de pavillons sur pilotis où l’empereur aimait se rendre pour écrire de la poésie.

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Un imposant escalier mène à une première bâtisse qui lui faisait office de bureau. On accède ensuite à une autre cour où se trouvaient les appartements privés de l’empereur. A ce sujet, l’empereur eut plus de 100 épouses et concubines, mais, malgré cela, il ne réussit jamais à avoir d’héritiers ! Il aurait attrapé les oreillons dans sa jeunesse ce qui l’aurait rendu stérile.

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Ensuite on accède à la cour d’honneur avec ses rangées de mandarins et d’animaux traditionnels (les chevaux et les éléphants). La taille des statues est volontairement petite car il était interdit de représenter les mandarins plus grands que l’empereur et comme celui-ci ne mesurait pas plus de 1m45, vous comprenez.

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Un peu plus loin se trouve la stèle en marbre qui vante les mérites de l’empereur ; elle est gravée en caractères chinois et pèse plus de 20 tonnes. C’est une sorte d’autobiographie rédigée par l’empereur lui-même. Enfin on accède au tombeau proprement dit de l’empereur. ( tiens, je n’ai pas photographié ? …)

Tous les bâtiments sont en restauration suite aux dégâts produits par une importante crue de la rivière qui laissa des traces noires que vous apercevez sur les photos.

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On était bien dans ce parc, s’il n’y avait eu que moi, on y serait bien resté un peu plus longtemps. Mais d’autres visites nous attendent.

Sur le chemin du retour on s’arrête devant une petite échoppe où une famille fabrique des bâtons d’encens. La petite jeune fille nous fait un peu pitié et dans le coup on achète tout le stock !

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Puis nous rentrons à Huê pour le déjeuner.

A suivre

20:48 Publié dans Croque mots | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : voyage, vietnam, huê

samedi, 01 octobre 2011

209. Bilan d'une décennie -49-


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Vendredi 12 janvier 2007 :

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Après le déjeuner, nous partons visiter le musée historique situé à l’autre bout de l’artère principale de la ville. De part et d’autre du jardin situé à l’entrée se trouvent des vestiges de la bataille ( canons, chars et autres véhicules).

Le musée est bien sûr dédié aux soldats vietnamiens, on y trouve bon nombre de photos des héros Vietminh, des outils ayant servi à la constructions des tunnels, des documents, des cartes…

Dans une salle, une immense maquette retrace le déroulement de la prise de Diên Biên, jour après jour. Les explications sont données en français. C’est extrêmement bien fait.

 Après cette visite, on traverse la route et l’on se retrouve au pied de la colline «  Eliane ». Sur le côté se tient le cimetière viet, entièrement restauré en 1994, à l’occasion du 40e anniversaire de la bataille.

Puis nous nous rendons au QG du général De Castries et devant le monument aux morts dédiés aux soldats français ( je vous en ai parlé hier).

Tournons donc la page…

Voici Diên Biên en 2007 : une ville en pleine expansion, très commerçante, pas très belle et assez sale.

Comme il nous reste du temps avant le dîner, nous en profitons pour nous balader. Les filles ont soudainement une crise de fièvre acheteuse ! 

Mais la nuit tombe soudain à 18h et nous nous rendons compte que nous sommes bien loin de l’hôtel. La pénombre qui s’ensuit et les magasins qui baissent leurs grilles peu à peu rendent soudain l’endroit beaucoup moins attrayant ! On ne voit plus très bien sur quoi on met les pieds et c’est pratiquement au pas de course que nous rejoignons les autres pour le dîner. 

Samedi 13 janvier 2007 :

Le lendemain matin Tien nous emmène visiter un village situé en dehors de la ville. C’est un endroit assez isolé dans la forêt et où l’ANAPI a construit en 1991 une petite école.

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Puis retour à Diên Biên pour une visite du marché. Là j’ai pu découvrir d’où proviennent les gros vers blancs que l’on voit dans les bouteilles d’alcool ! Les femmes les récupèrent dans les tiges des jeunes pousses de bambou.

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Ensuite le car nous conduit à l’aéroport où nous devons prendre l’avion pour rejoindre Hanoï. Un pique-nique est prévu dans le hall d’attente.

L’aéroport a été reconstruit sur les bases de l’ancien aéroport français. Pour y accéder, il faut montrer patte blanche car l’accès en est farouchement gardé !

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Ah mais… voici notre avion. Il est environ 12h quand l’avion décolle. Nous survolons les rizières, le paysage est magnifique vu de haut. Adieu les plateaux du nord-ouest !

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Il est approximativement 13h30 quand nous atterrissons à Hanoï.

Nous voici donc de retour à Hanoï ! L’entrée dans la ville nous permet de constater le vaste chantier en cours : les usines ultra-modernes, les quartiers résidentiels et les hôtels ultra-chics sortent de terre à la vitesse des champignons ! Depuis la levée de l’embargo américain, en 1994, la prude Hanoï tend à devenir une vaste mégalopole où les investisseurs japonais, coréens,  américains et dans une moindre mesure, européens, implantent des complexes gigantesques.

Le centre garde heureusement son charme suranné de ville coloniale, avec son immense lac en plein cœur de la ville.

Nous commençons par visiter le musée d’ethnographie du Vietnam., situé à 20minutes du centre. Dans un vaste parc ce musée présente une collection intéressante d’objets artisanaux des différentes ethnies peuplant le Vietnam. On compte 54 ethnies au Vietnam. La plus représentée est l’ethnie des Viet qui compose 86 % de la population du pays. Les 14% restants regroupent 53 ethnies d’origine diverse parmi lesquelles les Hmong, les Yao et les Thaï.

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A l’extérieur du musée, on peut admirer une reconstitution de différentes maisons, des barques de pêche, un théâtre de marionnettes sur l’eau. Le jardin est le lieu rendez-vous privilégié des jeunes mariés qui viennent s'y faire prendre en photo.

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Retour au car pour une nouvelle visite. Cette fois-ci nous entrons dans le cœur de la ville, en pleine circulation.

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Voici le temple de la Littérature. Construit en 1070, ce temple fut consacré au culte de Confucius et accueillit la première université du Vietnam. Ce collège  fut par la suite transféré dans la ville de Hué ( en 1802).

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Il est composé de cinq cours majestueuses que l’on franchit par trois portes, la porte centrale étant réservée au mandarin.

Dans la troisième cour, on peut découvrir 82 stèles soutenues par des tortues de pierre. Y sont gravés en chinois les noms des lauréats des concours, au total 1307 « docteurs ». Le nom le plus récent date de 1779.

J’avoue bien humblement avoir un peu zappé les explications, occupée surtout à photographier les bonsaïs ! C’est ça le problème des voyages en groupe, on n’a jamais le temps de flâner.

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Après cette belle visite (pour ceux qui aiment l’architecture asiatique, ce qui n’est pas obligatoirement mon cas), nous repartons dans le centre pour une promenade à pieds.

Arrivée à un carrefour, je m’arrête deux minutes, le temps d’acheter un ananas tranché ( une soudaine petite envie), quand, me retournant, je m’aperçois avec angoisse que j’ai perdu le groupe ! Dans la cohue j’ai beau regarder à droite, à gauche, devant… Plus de Français ! Un certain vent de panique commence alors à m’envahir : je ne me souviens pas où le car s’est garé, je n’ai pas le nom de l’hôtel où nous devons passer la nuit, je n’ai pas pris le guide du routard ( là au moins je pourrai trouver l’adresse de l’ambassade)  et je n’ai aucun numéro de portable des membres du groupe ! Alors je me lance au beau milieu du carrefour, parmi les vélos, scooters, motos pétaradantes qui me passent de tous côtés et cherchant vainement une tête connue ! C’est alors que j’aperçois devant moi, mais assez loin… un béret basque ! C’est le grand Bruno, le kiné,  qui avait eu la bonne idée ce jour-là de mettre son béret. Sauvée par un béret au milieu des casques coloniaux et des chapeaux coniques… Merci Bruno !

 

Cette vidéo, trouvée sur le net, rend bien l'atmosphère du moment :



Vietnam-rues par lavilal

Le jour commence à décliner quand nous faisons une longue balade en cyclopousse à travers les vieux quartiers. Chaque rue regroupe une corporation différente.

Après le dîner (dont je n’ai aucun souvenir), le car nous fait faire un tour dans Hanoï. Au passage nous pouvons voir un gigantesque monument de marbre et de granit : il s’agit du mausolée de Hô Chi Minh. On retrouve tout à fait l’architecture des grands monuments de l’âge d’or du communisme. Quand on songe que Hô Chi Minh, mort en 1969, souhaitait se faire incinérer sobrement, qu’il voulait que ses cendres soient dispersées sur trois collines du Vietnam (au nord, au centre et au sud) afin de symboliser la réunification du pays … On est loin de ça ! Il repose dans ce sanctuaire, momifié comme le fut Lénine.

Un peu plus loin, on passe devant la maison du général Giap, le vainqueur de Diên Biên Phu. Il est toujours en vie et on peut l’apercevoir de temps en temps se promener tranquillement dans son jardin.

Voilà, la visite d’Hanoï s’arrête ici. Il est certain que nous n’avons pas tout vu et que cette ville mérite au moins qu’on y séjourne une semaine. Ce sera l’occasion d’y revenir !

L’hôtel nous attend pour une COURTE nuit : le réveil est prévu en effet à 3h45… Pourquoi une heure aussi matinale ?

Vous le saurez demain !

A suivre


jeudi, 29 septembre 2011

208. Bilan d'une décennie -48-


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Vendredi 12 janvier 2007 :

C’est sans aucune nostalgie que je quitte cet hôtel le lendemain matin. Nous nous dirigeons à présent vers Diên Biên, située à une centaine de kilomètres plus au sud. Ce nom évoque de bien douloureux souvenirs, n’est-ce pas ? J’y reviendrai en détails dans la prochaine note.

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Pour l’instant nous traversons une très belle région montagneuse et verdoyante. Nous nous arrêtons à plusieurs reprises pour prendre des photos.

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Ici, c’est un paisible village, situé à flanc de côteau.

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Plus loin, nous visitons un village thaï avec ses maisons sur pilotis.

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Diên Biên ( Phu, qui signifie district) n’est plus très loin à présent…

De nos jours la ville connaît un essor considérable. Cette vallée fertile a été déclarée « nouvelle zone économique » et attire une population de plus en plus croissante de montagnards pauvres. C’est aussi une plaque tournante pour le trafic de l’opium, le Laos n’étant situé qu’à seulement quelques kilomètres. Le passage au Laos ne peut s’effectuer qu’au sud de Diên Biên  et en ayant pris soin au préalable d’avoir pris un visa à Hanoï et d’y aller en bus. La zone reste interdite.

Pour la petite histoire, sachez qu’en 1999, quinze personnes furent condamnées à mort pour trafic de drogue. 

La ville ne présente aucun attrait spécifique. C’est une sorte de grande rue commerçante bordée de part et d’autre de magasins divers.

 

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Mais voici notre hôtel, le «Muong Thanh », situé au début de cette artère. Un hôtel spacieux, agréable. Il y a même une piscine au centre ! Un petit bar se trouve également à l’entrée. On  y trouve en vente ces fameuses bouteilles d’alcool de riz dont je vous ai parlé auparavant !

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Tout serait idyllique donc, si ce n’est un détail mentionné d’ailleurs dans «  le guide du routard » : en fouinant un peu du côté de la piscine, on peut découvrir, caché de la vue, un endroit sombre et nauséabond où est alignée une dizaine de cages. Dans ces cages très étroites sont enfermés des ours qui font pitié à voir tellement ils semblent stressés. Et pour cause ! A l’aide d’une seringue la bile de leur vésicule est régulièrement ponctionnée  afin d’en faire un alcool prétendument aphrodisiaque !

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Nous déjeunons au restaurant de l’hôtel avant d’entamer la visite historique. 

« Béatrice, Eliane, Anne-Marie, Huguette, Claudine, Gabrielle…» Pour certains d’entre nous, ces prénoms évoquent de bien tristes souvenirs. C’était il y a plus d’un demi-siècle, quelque part dans ce pays lointain que l’on appelait encore l’Indochine et où notre armée combattait pour une cause perdue d’avance. Nous avions déjà perdu la face lors de l’invasion japonaise de 1945.

Dans cette cuvette de Diên Biên, entourée de collines auxquelles les Français avaient donné de si jolis prénoms, une bataille décisive fut déclenchée le 13 mars 1954 qui devait durer jusqu’au 7 mai, date à laquelle la dernière colline (Eliane) tomba aux mains du Vietminh.

A 17h30 ce jour-là le PC du général De Castries est pris d’assaut.

« Il y eut soudain un surprenant, un terrible silence. Après 56 jours et 57 nuits de bruit et de fureur, nous eûmes l’impression, tout à coup, que nous étions devenus sourds.» (Pierre Schoendoerffer).

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Voilà, j’y suis, et je dois dire que c’est un moment particulièrement émouvant. Les chiffres parlent d’eux mêmes : 3000 morts, 4000 blessés, 10 000 prisonniers dont seulement un tiers reviendra des camps vietminh.

 

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Nous grimpons en haut de la colline Eliane qui domine à peine la ville. Juste à côté nous pouvons apercevoir l’énorme trou fait par l’explosion de 900 kilos de TNT que les combattants vietminh avaient fait sauter.

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Un peu plus loin nous traversons le pont construit par les Français et franchi 53 ans plus tôt sous les cris de :« xung phong !» ( à l’assaut).

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Et voici enfin le Q.G du général De Castries. Les salles sont vides. Dans la première on repense au colonel Piroth, commandant de l’artillerie, qui se suicida le 15 mars 1954.

L’endroit fait penser à un tombeau hanté par des fantômes. Impressionnant !

Ne cherchez pas le cimetière des soldats français. Il n’y en a pas. Les morts furent enterrés ça et là, sur les lieux des combats.

 On franchit alors la route et on se trouve face à l’entrée d’un jardin bien entretenu, au milieu duquel trône un monument. Ce monument a été édifié par un ancien combattant de l’armée française, Rolf Rodel, le 7 mai 1994 à l’occasion du 40e anniversaire de la bataille de Diên Biên Phu. Nous déposons alors un bouquet de fleurs et nous nous recueillons un instant…A ce moment là, je pense au père de Mimi, je pense aussi à quelques amis de mon père qui avaient eu la chance d’en réchapper par miracle, je pense à cette infirmière que j’ai connue autrefois et qui avait accompagné les soldats durant toute la campagne. 

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À suivre



VIETNAM 2 par cheztinou

mardi, 27 septembre 2011

205. Bilan d'une décennie -47-


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Jeudi 11 janvier 2007 :

 Lever à 6h30 et départ de l’hôtel à 8h. Nous quittons Sapa en direction du sud. La route que nous empruntons est très étroite et accidentée. À un moment nous ne pouvons plus avancer en raison d’un éboulement sur la chaussée qui rend tout passage impossible. Il nous faut donc attendre environ une bonne heure que les équipes de la voirie locale aient tout dégagé au moyen de pelles. Tout cela s’effectue dans le calme…À vrai dire, les seuls excités sont bien nous ! Puis notre car s’engage sur la route, mais de l’autre côté, un gros camion s’est également avancé.

Ça ne passera pas ! dit quelqu’un dans le car. Mais c’est mal connaître les Vietnamiens.

De l’autre côté de la route, c’est le précipice. Par chance, on est côté montagne ! Centimètre par centimètre, les deux véhicules finissent tout de même par se croiser sans accrochage.

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Allez, c’est reparti ! Bientôt on est dans les nuages, 2100 mètresd’altitude. C’est magnifique. Nous effectuons ensuite la descente dans la vallée jusqu’à Bin Luh. Là, nous effectuons une pause et allons faire un tour sur le marché. 

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Nous traversons des régions où la culture du riz se pratique en terrasses.

L’après midi, nous nous arrêtons dans un village thaï. Leurs  maisons sont construites sur pilotis. C’est un village paisible où les gens nous accueillent avec le sourire.

Le voyage continue alors que, peu à peu, le soleil décline et nous arrivons enfin à Lai Chau.

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Lai Chau est une petite bourgade loin des sentiers battus. Peu de touristes s’aventurent jusqu’à ce village sans grand intérêt, si ce n’est qu’il est condamné à disparaître prochainement en raison de la construction d’un barrage en aval. C’est peut-être pour cette raison qu’on a l’impression étrange d’un village plus ou moins à l’abandon.

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C’est là que nous allons passer la nuit, dans un hôtel local. Le cadre est très rustique… Tout est en bois, fait de bric et de broc. Ce qui est surprenant, c’est que cet hôtel a un site internet, ICI. Ne vous fiez pas trop aux photos, ça n’est pas aussi idyllique que cela peut paraître !

En attendant l’heure du repas, nous faisons un tour dans la rue principale. Durant la balade, je suis accostée soudain par une femme qui s’avance vers moi en poussant des plaintes. Elle me met sous le visage sa main, toute boursouflée et sanguinolente ! C’est alors que je m’aperçois qu’elle a les deux mains liées par une ficelle. Pourquoi lui a t-on attaché ainsi les mains ? Je ne le saurai jamais…

Le dîner s’avère des plus agréables, nous mangeons sur la terrasse. La faune environnante commence à se faire entendre.

Les choses se gâtent quand je vais me coucher. Dans la chambre, j’aperçois au sol une énorme bestiole rouge. Je m’apprête à l’écraser avec ma chaussure, quand je réalise que le bruit du corps broyé sous la semelle risque d’être assez désagréable comme sensation. Aussi je prends le guide du routard et  je le laisse tomber sur la bestiole en question. Vous pensez bien que l’insecte n’a pas attendu pour filer sous le lit ! Allons bon, me voilà bien. Je choisis  alors de dormir dans l’autre lit. Mais je suis mal à l’aise. Aussi je décide d’aller voir le guide pour lui demander ce que c’est :

Tien est en train de boire un verre  avec des clients de l’hôtel. C’est de l’alcool de riz contenu dans une bouteille remplie de gros vers blancs.

Quand je lui décris la bestiole, il me dit :

Ah, c’est un cancrelat ! Tu ne risques rien, ça ne pique pas !. Evidemment ce n’est pas fait pour me rassurer. Un des employés vient vérifier avec une lampe torche, mais ne trouve rien.

Bon, il faut que j’arrive à me raisonner. Mais c’est difficile quand on a une peur bleue des insectes rampants… J’imagine que s’il y a un cancrelat, il y en a forcément d’autres. De là à m’imaginer couverte de cancrelats durant la nuit, il n’y a qu’un pas que je franchis allègrement ! Et je n’arrive pas à m’ôter cette idée de la tête. Alors, finalement, j’ai dormi tout habillée, gardant même mes chaussures, et je me suis calfeutrée sous la moustiquaire en vérifiant bien qu’il n’y avait pas la moindre fissure permettant à l’insecte de s’engouffrer dans le lit . C’est à ce moment là qu’un énorme bruit se fait entendre au-dessus de la porte. On aurait cru qu’il y avait quelqu’un qui mangeait des biscottes. En fait c’étaient des termites en pleine action !

Une nuit affreuse donc. Vers quatre heures du matin, je me réveille et allumant la lampe de chevet, je m’aperçois que la bestiole est au pied de mon lit. Alors là, j’ai fait un bond hors du lit et je me suis retrouvée dehors. Je suis restée ainsi sur la terrasse à bouquiner jusqu’à 6h du matin.

A suivre 

05:00 Publié dans Voyages | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : voyage, vietnam