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mercredi, 29 octobre 2008

Zombie pride

On connaissait la techno pride, la gay pride, mais voici la  Zombie Pride qui nous vient tout droit des Etats Unis (on s'en serait douté, remarquez). Les gens se déguisent de façon à effrayer le plus possible. Bref, ils prennent la forme des zombies des jeux vidéos. Dimanche dernier c'était donc la Zombie pride à Paris.

Halloween étant passé aux oubliettes, je pense que ce mouvement le remplacera sans difficulté. Il y a toujours des amateurs pour ce genre.

Quant à savoir ce que j'en pense, pff... je préfère me taire car je risque de m'attirer les foudres de certains.

tete1a.jpg

Un extrait de la zombie pride de Lyon : (vidéo en bas de page). 

Pour se changer un peu les idées, je vous emmène ce matin dans les rues de San Francisco. Tiens, on dirait de la musique ? Allons voir... ICI.

 

mercredi, 08 octobre 2008

Sans commentaire

ANE.JPGCe matin, à la poste.

Je faisais patiemment la queue, attendant mon tour, quand une femme arrive avec ses deux bambins, dont un gamin d'environ six ans.

 M'man, c'est où les chiottes ? J'ai envie d'pisser ! 

Bref silence puis :

Ah, tu m'fais chier, ta gueule ! 

Encore un silence puis :

On dit pas les chiottes, mais les WC.

Je n'ai pas pu m'empêcher de sourire en songeant que dans dix ans à peine on assistera à la situation contraire :

Tu as rangé ta chambre ?

Ta gueule la vieille, tu m'fais chier !"

Douce France, cher pays de mon enfance...la la la, lala la la..........................................................................la.

dimanche, 21 septembre 2008

Ceux qui ne peuvent se souvenir

du passé sont condamnés à le revivre". Cette citation de Georges Santayana est une des citations inscrites au sol du Centre de la mémoire dédié aux martyrs d'Oradour-sur-Glane, massacre de 642 habitants le 10 juin 1944 par le régiment  "der Führer"  qui faisait partie de la division  SS "das Reich".or4.jpg

Si je vous parle aujourd'hui de ce lieu, c'est que j'y suis allée hier, en compagnie de Julie et d'Olivier. Oradour-sur-Glane est un village situé à une vingtaine de kilomètres au nord de Limoges, dans la Haute-Vienne.

A la suite de cette tuerie, les autorités décidèrent de laisser le village en l'état afin que les générations suivantes puissent se rendre compte de l'horreur de ce massacre.

Soixante ans après les faits, l'endroit est toujours empreint d'une atmosphère étrange, pesante, difficilement soutenable pour les personnes sensibles.

Avant de parcourir les rues désertes, mais emplies de fantômes -ô combien présents- nous avions visité le musée historique, rappelant le déroulement de la journée du 10 juin 1944 à Oradour ainsi que les évènements mondiaux. Un film, réalisé avec des photos de l'époque, explique en détail le déroulement de cette journée. Tout avait été bien planifié. Dans un premier temps, les soldats SS encerclèrent le village, empêchant toute fuite. Puis ils rassemblèrent la population sur la place principale. Les hommes furent séparés des femmes et des enfants. Ils furent répartis en plusieurs  groupes puis emmenés dans des maisons où là ils furent fusillés.

Les femmes et les enfants furent regroupés dans l'église du village. Après avoir fermé les portes, les SS lancèrent des grenades asphyxiantes puis mirent le feu à différents endroits de l'église. Ils revinrent le lendemain pour parachever leur travail : calciner tous les corps, rendant impossible toute identification, puis faire exploser le toit de l'église afin qu"ils recouvrent les cadavres qui se trouvaient à l'intérieur.

Ce 10 juin 1944, 642 personnes périrent. Ils n'avaient commis aucun crime, leur seul malheur fut de se trouver sur le chemin des bourreaux. Cela aurait pu se passer n'importe où ailleurs, mais ce fut à Oradour...  

Quelques photos prises dans les rues du village d'Oradour. 

Silence

10 juin 1944, il est 14 heures, quand soudain... silence.jpg

Oradour n’a plus de femmes

Oradour n’a plus un homme

Oradour n’a plus de feuilles

Oradour n’a plus de pierres

Oradour n’a plus d’église

Oradour n’a plus d’enfants

 

Oradour 086a.JPGPlus de fumée plus de rires

Plus de toits plus de greniers

Plus de meules plus d’amour

Plus de vin plus de chansons.

 

Oradour, j’ai peur d’entendre

Oradour, je n’ose pas

Approcher de tes blessures

De ton sang de tes ruines,

Je ne peux pas je ne peux pas

Voir ni entendre ton nom.Oradour 101a.JPG

 

Oradour je crie et hurle

Chaque fois qu’un cœur éclate

Sous les coups des assassins

Une tête épouvantée

Deux yeux larges deux yeux rouges

Deux yeux graves deux yeux grands

Comme la nuit la folie

Deux yeux de petits enfants :

Ils ne me quitteront pas.

 

Oradour 136a.JPGOradour je n’ose plus

Lire ou prononcer ton nom.

 

Oradour honte des hommes

Oradour honte éternelle

Nos cœurs ne s’apaiseront

Que par la pire vengeance

Haine et honte pour toujours.Oradour 159a.JPG

 

Oradour n’a plus de forme

Oradour, femmes ni hommes

Oradour n’a plus d’enfants

Oradour n’a plus de feuilles

Oradour n’a plus d’église

Plus de fumée plus de filles

Plus de soirs ni de matins

Plus de pleurs ni de chansons.

 

Oradour 204a.JPGOradour n’est plus qu’un cri

Et c’est bien la pire offense

Au village qui vivait

Et c’est bien la pire honte

Que de n’être plus qu’un cri,

Nom de la haine des hommes

Nom de la honte des hommes

Le nom de notre vengeance

Qu’à travers toutes nos terres

On écoute en frissonnant,

Une bouche sans personne,

Qui hurle pour tous les temps.

 

Jean Tardieu, Oradour.Oradour 191a.JPG

 

 

 

mardi, 16 septembre 2008

L'île du bout du monde (3)

Sein 340a.JPG« Kentoc'h Mervel », plutôt mourir ...

Pour mieux comprendre la mentalité des Sénans, il faut certainement rappeler cet épisode de l’histoire de notre pays :

20 juin 1940, les premiers Sénans rejoignent l’Angleterre à bord de l’Ar Zénith.

Samedi 22 juin 1940, un des gardiens du phare avertit qu’un général français allait parler depuis Londres à la radio. Les Sénans se réunissent autour d’un des rares appareils de TSF de l’île :

« Moi, Général de Gaulle, j’invite tous les Français qui veulent rester libres à m’écouter et à me suivre… » . Vous pouvez  écouter le discours ici.
podcast

Le 24 juin à 21 heures, la Velléda, vedette de ravitaillement de l’île, largue les amarres avec, à son bord, 24 mobilisés et 27 civils.

Puis c’est le tour du Rouanez ar Mor avec 37 volontaires. A chaque départ le recteur donne l’absolution générale.

Le 26 juin trois autres bateaux partent à leur tour : le Rouanez ar Peoc’h, le Maris Stella et le Corbeau des Mers. 64 iliens vont à leur tour rejoindre l’homme de Londres.

Londres, 6 juillet 1940 : les premiers volontaires de la France Libre sont réunis dans le hall d’exposition de l’Olympia. Ils sont environ 500. Parmi eux se trouvent 128 Sénans.

Boutade du général :

«  L’île de Sein est donc le quart de la France ? ».

Il promit de venir sur l’ile quand tout serait fini et il tint sa promesse à deux reprises.

La première fois, ce fut le 30 août 1946.  Il remit alors la Croix de la Libération à l’île de Sein.Sein 346a.JPG

Sa deuxième visite eut lieu le 7 septembre 1960. Il est alors Président de la République  et vient inaugurer le monument de granit sculpté par Quillivic et dédié à la Force Française Libre.

Sein 347a.JPG

«  Voici la mer, toujours mobile. Voilà le ciel sans cesse changeant. Et voilà le granit de Bretagne qui lui, ne change jamais.

L’Ile de Sein a su, le moment où il le fallait, donner l’exemple. Le mouvement à cette époque fut naturel et spontané, parce qu’il s’agissait de l’île, des ses enfants, et parce qu’à travers les siècles, vous êtes confrontés avec les combats puisqu’il s’agissait de vous-même et de votre courage.

J’ai compris, avec le Libéra que vous chantiez tout à l’heure, ce que fut votre sacrifice en 1940. Cela demeure à Sein et cela demeure dans l’esprit de la France tout entière. La France a eu bien des malheurs, mais grâce à ses efforts, grâce aux vôtres, elle renaît.

La France est ce que dans nos rêves, nous avons voulu qu’elle fut : grande, prospère et fraternelle.

C’est au nom de la France que je suis venu rendre hommage à l’Ile de Sein, à cette terre de courage et d’exemple, à mon compagnon, l’Ile de Sein.

Dans les jours qui me restent à vivre, j’emporterai de cette cérémonie un souvenir inoubliable. »Sein 352a.JPG 

Quelle belle leçon de courage donnée là  par les habitants de l'île de Sein !