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lundi, 19 juillet 2010

280. Une page se tourne

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Je reviens de chez le vétérinaire. J'y ai laissé Popy, il s'est endormi tranquillement, la tête dans ma main tout en ronronnant. Depuis hier j'ai eu le temps de me préparer à cette idée. Mon chagrin est immense mais en même temps je suis contente d'avoir pris cette décision. Il n'y avait aucun espoir de guérison, le cerveau ne commandait plus les mouvements.

Je me revois treize ans auparavant. C'était un samedi après-midi. Nous avions perdu un chien peu de temps auparavant et ma fille nous avait conseillé de prendre un chat. Mon mari était absolument CONTRE l'idée d'un chat... et pourtant, c'est sans doute lui qui sera le plus attaché à Popy. Nous étions donc allées à la S.P.A. Là se trouvait un chat très rigolo, la queue en panache, d'une maigreur effayante et qui miaulait, miaulait... En fait, c'est lui qui nous avait choisis ! 

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Treize années de vie en commun, pas toujours facile pour moi d'ailleurs. Que de fois j'ai pu râler après ce satané chat qui vomissait sur mes tapis de préférence au carrelage ou qui faisait pipi dans ma valise quand je rentrais de voyage ... Et puis, c'est comme tout, on s'adapte. Il va énormément me manquer ce sacré Popy !

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Maintenant mon affection se tourne donc vers Théo qui va sûrement se trouver bien seul.

vendredi, 07 mai 2010

184. Le 7 mai 1954

Ils avaient vingt ans, du courage, une certaine idée de la France. Pour beaucoup d'entre eux, la vie s'est arrêtée soudainement dans cette vallée verdoyante transformée en trou à rats d'où il était impossible de s'échapper. Ils avaient donné des prénoms féminins aux collines entourant cet endroit de mort : Béatrice,Éliane, Huguette ...

10 800 hommes face à une armée de 350 000 Vietminhs. Un combat perdu d'avance, mais cependant quelle ardeur à défendre ce bout de terre si loin de la France !

Après la défaite, ce fut l'internement dans des camps, le lavage de cerveau, les maladies. Puis le retour en France, une France ingrate qui avait déjà oublié ses combattants.

Aujourd'hui, mes pensées vont vers eux :

mardi, 20 avril 2010

161. Le 20 avril 1828



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J'irai un jour à Tombouctou ...

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Il y a des noms qui font rêver, pour peu qu'on aime voyager. Ainsi Tombouctou fait partie de ces mots magiques, empreints de mystère. De nos jours la magie a totalement disparu, Tombouctou est devenue accessible et il n'est pas sûr que sa visite procure l'attente espérée. En décembre dernier, j'avais pris ma décision : je vais à Tombouctou ! Mais je m'y suis prise un peu tardivement et il n'y avait plus de place pour ce voyage (du moins à une période pas trop chaude). Ce n'est - j'espère- que partie remise.

 Mais reportons-nous au XIXe siècle. La ville est interdite aux étrangers sous peine de mort. Aucun explorateur n'a encore réussi à pénétrer cette ville autour de laquelle courent toutes sortes de rumeurs propagées par les Maures.

 ren25c325a9_cailli25c325a9[1].jpgLe jeune René Caillié, né à Mauzé-sur-le-Mignon (dans les Deux-Sèvres) en 1799, rêve lui aussi devant la carte d'Afrique. Orphelin à l'âge de 11 ans, il s'embarque comme moussaillon à 16 ans sur une escadrille comprenant 5 navires, parmi lesquels figure La Méduse.

À force d'obstination et de souffrances il parviendra à entrer dans la ville mystérieuse. C'était le 20 avril 1828.

De son séjour, il rapportera des notes qu'il présentera ultérieurement à la Société de Géographie à Paris, en présence du paléontologue Georges Cuvier. Son récit de voyage lui permettra de toucher les 10 000 francs de récompense prévue pour le premier Européen à pénétrer dans Tombouctou.

Maison où habitait René Caillié à Tombouctou :

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Il publiera par la suite  Journal d'un voyage à Tombouctou et à Jenné dans l'Afrique centrale (Paris 1830).

Cet ouvrage a été réédité en 1996, éd. La Découverte, sous le titre Voyage à Tombouctou (2 vol).

Il décède le 15 mai 1839.

Biographie de René Caillié, ICI.

Alors, Tombouctou,  à inscrire dans les merveilles du monde ?

mercredi, 10 mars 2010

88. Vous avez dit 10 mars ?


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Le 10 mars ? Une date parmi tant d'autres. Et pourtant ce jour-là :

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1793 : la Vendée s'insurge contre le gouvernement de la Convention. Création du Tribunal Révolutionnaire.

1794 : Robespierre fait arrêter Danton et les Montagnards qu'il juge trop « indulgents ».

1831 : le roi Louis Philippe crée la Légion Étrangère.

1905 : première révolution à Saint-Pétersbourg suite à la défaite des Russes face aux Japonais.

1910 : la Chine abolit l'esclavage.

1920 : naissance de Boris Vian.

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1939 : inauguration du Palais de Chaillot à Paris.

1944 : on découvre un charnier chez le docteur Petiot. Il reconnaîtra 19 meurtres sur les 24 dont on l'accuse et sera guillotiné le 25 mai 1946.

1945 : bombardement sur Tokyo qui fera 100 000 morts.

1957 : le gouvernement chinois lance sa campagne sur la limitation des naissances.

1977 : Albert Spaggiari s'évade du Palais de Justice de Nice où il était entendu pour le casse de Nice.

1983 : mort du poète Paul Géraldy.

1986 : mort de l'acteur américain Ray Milland.

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C'est mon anniversaire.

jeudi, 18 février 2010

64. Le 5 juillet 1962


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Le soleil écrase de sa chaleur la longue avenue qui conduit jusqu’à la gare maritime. Cependant monsieur L. n’a guère le temps d’y songer. Ses préoccupations du moment sont tout autres. Tenant fermement sa valise d’une main, il accélère le pas. Derrière lui il entend les crépitements des mitraillettes dont le bruit se rapproche dangereusement.  Il a peur, monsieur L., peur de ne pas arriver à temps pour être à l’abri. A l’abri de quoi et de qui au juste ?

Nous sommes à Oran le 5 juillet 1962. Depuis 3 jours, l’Algérie est officiellement indépendante. Les scènes de liesse ont fait place maintenant aux règlements de compte. Il faut du sang, encore et toujours, comme si ces quatre années n’en avaient pas vu assez couler dans chaque camp. Alors, ce 5 juillet 1962, dans les rues d’Oran s’organise la chasse aux Européens. Des hordes d’exaltés que personne ne peut (ou ne veut) contrôler abattent tous ces abominables colons, ces profiteurs, ainsi que certains mouvements politiques français aimaient à les représenter. Les colons, les profiteurs, il y en eut, certes, mais pas dans la proportion indiquée et ceux-là n’avaient pas attendu 1962 pour quitter l’Algérie.

Profiteur, monsieur L. ? Il ne s’est jamais posé la question en ces termes. Il se souvient de son arrivée en Algérie, juste avant la deuxième guerre mondiale. Il venait de se marier avec une jeune infirmière et tous deux avaient choisi de s’installer à Mostaganem, dans l’Oranais. Elle soigna les plus démunis jusqu’au jour où, atteinte d’une grave maladie, elle dut être renvoyée en France où, malheureusement elle décéda peu de temps après son retour, en novembre 1945.

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Monsieur L., quant à lui, était surveillant général  au lycée Laperrine à Sidi-bel-Abbès.(n°17 sur la photo).En 1955, il s’était remarié avec une veuve dont le mari s’était fait tuer en Indochine. Elle avait deux filles.

« Encore une chance qu’elles aient pu partir avant ! » se dit-il en s’épongeant le front et en constatant avec effroi que les bruits se rapprochaient dangereusement.

Sa femme et les deux fillettes avaient réussi à prendre un avion peu de temps auparavant. L’avion avait été pris sous le feu des balles mais, par chance, il avait tout de même réussi à décoller. De les savoir en sécurité lui redonna de la force pour continuer son chemin.

Soudain, une vieille camionnette qui venait de le doubler, s’arrêta et il entendit une voix crier :

« Montez vite, monsieur L. ! Vite, vite, ils arrivent ! »

Monsieur L. reconnut alors un boulanger de Sidi-bel-Abbès de ses connaissances.  La voiture redémarra aussitôt et fonça jusqu’à la gare, ceinte par l’armée française qui avait reçu des ordres de ne pas intervenir –ou plutôt disons qu’elle n’avait reçu aucun ordre précis, donc elle ne bougea pas !-.

Juin 1967 : monsieur L. est surveillant général au lycée Montaigne de Bordeaux. Ce matin-là il a rendez-vous avec le père d’un élève dont l’absence injustifiée depuis plusieurs jours inquiète l’administration du lycée.

Le père de l’élève en question n’est autre que notre boulanger de Sidi-bel-Abbès. Son fils Alain, sur un coup de tête, est parti se battre au côté de l’armée israélienne durant la guerre des six jours.

—  C’est ennuyeux car votre fils Alain va rater les épreuves du bac !

— Que voulez-vous, il faut bien que jeunesse se passe ! répond avec philosophie l’ancien  boulanger.

Monsieur L .me raconta cette anecdote de sa vie un jour que nous étions allés lui rendre visite à Bordeaux, en 1993, peu avant sa mort. C’était mon beau-père. Quant au boulanger, il s’appelait Afflelou. Son fils, Alain, c’est celui dont on dit à la télé : « Il est fou Afflelou ! »