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lundi, 01 mars 2010

81. Sur les bancs de l'école -16-


podcast
Année 1968 :

 annee1968.jpg

Depuis quelques mois je prends des leçons de conduite. Recalée à la conduite une première fois, j'ai le permis en mars.

12 mars : l'île Maurice devient indépendante.

27 mars : Youri Gagarine meurt dans un accident d'avion.

4 avril : assassinat de Martin Luther King à Memphis.

9 avril : premier lancement d'une fusée à Kourou.

En allant au lycée :

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2 mai : à la faculté de Nanterre une journée « anti impérialiste » est organisée. C'est le début des mouvements étudiants. Le mouvement fait rapidement boule de neige, s'étendant bientôt dans les usines malgré la réserve des syndicats, un peu débordés au départ. Pour un historique, cliquez ICI.

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 10 mai : nuit de barricades à Paris.

18 mai : la France est paralysée par des grèves dans tous les secteurs.

20 mai : « La réforme, oui, la chienlit, non ! » général de Gaulle.  

5 juin : assassinat de Robert Kennedy à Los Angelès.

23 juin : élections législatives anticipées en France. Le mouvement gaulliste garde la majorité.

Et puis, le mouvement de contestations multiples finit par s'essouffler. Les gens pensent surtout aux vacances qui approchent...

Pour ma part, je pensais plutôt à l'examen du baccalauréat qui approchait à grands pas. Le lycée avait fermé ses portes à la fin du mois de mai, nous n'avions plus de cours, une partie des programmes avaient été carrément supprimés. C'était le grand foutoir.

Les épreuves écrites au bac furent annulées. Ce fut un bac oral. On a dit que ce fut un bac « bradé »... Il est vrai que jamais auparavant le taux de réussite - 81%- n'avait été atteint !

Le soir des résultats, mes parents m'avaient réservé une surprise. Je découvris dans la cour de la maison une ... 2CV ! Dans l'euphorie, je prends le volant et sors la voiture dans la rue. Et c'est là qu'en reculant  j'emplafonne la voiture du voisin.

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Bon, c'est bien beau tout ça, mais qu'est-ce que je vais faire maintenant ? Mon rêve était de poursuivre l'étude du russe. Mais pour cela il fallait aller à Paris et mes parents n'étaient pas d'accord. Alors, sans grande conviction, je me suis inscrite à la fac de lettres en section allemand.

En juin encore : première sortie au bal. Cette soirée organisée par les étudiants en médecine-pharmacie avait lieu tous les ans au château d'Artigny à Monts. À l'occasion, je porte une robe longue. Si en bas tout le monde danse, boit et mange, aux  étages supérieurs c'est un tout autre programme qui se déroule dans les chambres...Ah, je vous vois venir avec vos gros sabots ! Eh bien , NON, je ne participe pas aux orgies. Je ne suis pas prête à franchir l'étape, tout du moins pas dans de telles conditions.

Au mois de juillet, Francine et moi sommes allées travailler dans une imprimerie de la rue Giraudot où son père était employé. Nous étions assises autour d'une table ronde pivotante et nous mettions en page un guide culinaire, huit heures par jour, six jours sur sept à amonceler des feuillets... Un travail répétitif et sans aucun intérêt mais qui me fit cependant prendre conscience de ce qu'était le travail en usine et l'ambiance dans le monde ouvrier. Quoique ...je connaissais bien le monde ouvrier, celui des lève-tôt, des gagne-petit. Je les cotoyais tous les matins à six heures, quand - maman étant souvent malade- je faisais l'ouverture du café avec mon père. Tandis qu'il servait les petits café-calva ou des ballons de blanc, je trônais à la caisse pour vendre les cigarettes et les journaux. Ensuite je partais au lycée. Et le soir, après la fermeture, j'empoignais le balai pour ramasser tous les mégots et les saletés qui jonchaient le sol. Mon père passait ensuite avec la serpillère, tandis que ma grand-mère remplissait les rayons de paquets de cigarettes et triait les journaux. Je les aimais bien, tous ces gens simples qui refaisaient le monde à leur manière.

Puis vint le mois d'août. Pour ces dernières vacances avec mes parents, j'avais concocté un sacré périple : la Belgique, les Pays-Bas et Berlin. J'avais fait les réservations d'hôtels, préparé les itinéraires pour chaque jour. Tout se déroula merveilleusement bien avec quelques anecdotes inoubliables :

La découverte des vitrines des prostituées à Amsterdam,  la rixe entre malfrats sur le port au cours de laquelle, pour éviter les balles perdues, nous nous sommes tous retrouvés le nez dans le caniveau. Il faut dire que mon père avait toujours le chic pour nous emmener dans des endroits chauds ! Et s'il n'y avait eu que ça. Je dois bien  reconnaître qu'au volant de sa voiture, il était absolument insupportable ! Il roulait vite, mais surtout il n'aimait pas être doublé. Un jour, alors que nous roulions sur l'autoroute en Allemagne, une Mercédès arrive à notre hauteur sur la voie de gauche. Au volant, un Allemand bedonnant, le bras nochalamment posé sur le siège passager. Arrivé à notre hauteur, il nous jette un regard dédaigneux. Je présage aussitôt une réaction intempestive qui ne tarda pas effectivement. Mon père commence à accélérer, l'Allemand persiste... la course est engagée ! Sur le siège arrière, le bureau des récriminations a ouvert ses portes :

- Raymond, arrête ! Tu as perdu la tête ? Laisse-le doubler ! Arrête ces enfantillages ! Tu vas nous tuer !!...

Peine perdue, mon père ne cède pas, l'Allemand non plus... Dans la voiture les cris sont vite remplacés par des hurlements. Finalement l'Allemand ralentit. Mais ce n'est que pour mieux reprendre son attaque. Cette fois-ci, il cramponne son volant à deux mains, le visage crispé. Mais il a beau faire, il ne réussit toujours pas à doubler. Et la manœuvre est ainsi réitérée plusieurs fois. Je crois qu'à un moment l'Allemand s'est mis à klaxonner. J'ai oublié la fin de l'aventure.

Le passage de la frontière entre l'Allemagne de l'ouest et de l'est fut aussi un moment très fort. Nous attendîmes une éternité - le temps que les douaniers démontent les sièges de la DS  puis le remplissage d'une foule de papiers... Maman fut prise d'une crise de fou-rire incontrôlable  qui faillit bien nous empêcher de passer, le douanier croyant qu'elle se fichait de lui.

Lors d'une visite à Berlin-est, j'ai cru que je n'allais pas repasser à l'ouest, le douanier ne me reconnaissant pas sur la photo.

20 août : nous étions alors dans un petit village de Bavière quand les chars soviétiques sont entrés dans Prague. Je me souviens de la grande inquiétude des Allemands.

Au mois de septembre ma tante invite Francine au Croisic. Nous y passons quinze jours avant la prise des cours à la fac.

13 septembre : l'Albanie se retire du Pacte de Varsovie.

22 septembre : les travaux de reconstruction des temples d'Abou Simbel touche à sa fin. Les deux temples furent démantelés puis reconstruits plus en hauteur, afin d'éviter leur engloutissement par les eaux du Nil. Un travail titanesque !

Rentrée à la fac : nous sommes peu nombreux en section d'allemand, une petite quinzaine et ... une grande majorité de filles ! Nous devons également nous inscrire dans deux matières en option. J'opte pour l'histoire et les lettres modernes sans grande conviction.

12 octobre : aux jeux olympiques de Mexico, les athlètes noirs lèvent le poing en signe de soutien aux mouvements contre la discrimanation raciale aux États-Unis.

20 octobre : Jackie Kennedy épouse l'armateur Onassis.

1er novembre : arrêt des bombardements au Vietnam après 45 mois de largages intensifs.

6 novembre : le Républicain Richard Nixon devient le 37ème président des États-Unis.

20 décembre : mort de l'écrivain John Steinbeck (Les raisins de la colère, Des souris et des hommes etc). Peut-être avez-vous vu le film, c'est un classique du cinéma avec Henri Fonda :

 En 1968 le Festival de Cannes fut annulé en raison des mouvements sociaux.

Durant cette année 1968, on a pu voir (entre autres films) :

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 À suivre

20:51 Publié dans Nostalgie | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : souvenirs, enfance, école

dimanche, 28 février 2010

80. Sur les bancs de l'école -15-

Johnny Rivers
podcast

Année 1967 : un parfum d'encens flotte dans l'air. On commence à voir de drôles de gugusses gratouillant leur guitare, des filles habillées comme des gitanes, qui ne parlent que de Peace and Love et de Flower power... Le mouvement hippie nous arrive des États-Unis, via la Grande Bretagne. Il faudra tout de même attendre 1968 pour voir ce mouvement prendre une relative expansion en France. On vit alors des communautés se constituer et partirent élever des chèvres sur le plateau du Larzac. D'autres se perdirent sur le chemin de Katmandou. De nouveaux mots apparurent : le pop-art, le psychédélisme, le LSD.

Mais bon, soyons sérieux, on ne vit pas que d'amour et d'eau fraîche. Peu à peu le mouvement se désintégra, faute de participants. Il faut bien vivre, n'est-ce pas, et les hippies plièrent soigneusement leur attirail et rentrèrent dans les rangs.

Il reste cependant, quarante plus tard, quelques communautés dont celle-ci que je viens de découvrir en France : elle se situe à Charleval, dans l'Eure. J'en connais un que cela va surement intéresser !

Revenons aux évènements de l'année 1967 :

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27 janvier : mort du Maréchal Juin.

6 février : mort de l'actrice Martine Carol (n°9). Quelque temps après son inhumation, sa tombe fut profanée, le cercueil ouvert et les bijoux avec lesquels l'actrice avait été enterrée furent volés.

18 février : mort du physicien Julius Robert Oppenheimer (n°3), le père de la sinistre bombe nucléaire.

18 mars : le pétrolier Torre Canyon s'échoue au large des Cornouailles. La nappe de pétrole atteint et pollue gravement les côtes bretonnes.

Durant les vacances de Pâques, mes parents m'envoient quinze jours en Allemagne pour perfectionner mes connaissances de la langue. Je suis hébergée chez le couple de personnes âgées que nous avions rencontré l'année précédente. Reutlingen, la ville où je suis, est située en plein cœur du Jura souabe, à une trentaine de kilomètres au sud de Stuttgart. Un matin, alors que je rentrais tranquillement à pied des cours, j'aperçois au loin sur le trottoir, trois personnes qui avancent dans ma direction. J'ai subitement un gros choc. J'ai la sensation d'halluciner. Je reconnais soudain l'Allemand Fritz qui venait chez mes parents, accompagné d'une femme et d'un autre homme. L'autre homme c'est son jeune frère avec qui je corresponds depuis déjà plusieurs mois. Cette correspondance, anodine au départ, avait peu à peu pris des tournures qui me déplaisaient fortement. Ce garçon, d'une dizaine d'années plus âgé que moi, ne me plaisait pas du tout et ses lettres remplies de petits cœurs avaient le don de m'exaspérer au plus haut point. J'avais d'ailleurs commencé à espacer la correspondance.

En les voyant je fais brusquement volte-face et je m'éclipse aussitôt dans une rue adjacente tout en essayant de faire le point de la situation. Ils n'étaient pas là par hasard, c'est certain. J'avais dû mentionner dans une précédente lettre que je venais à Reutlingen. Me connaissant, je n'avais certainement pas donné l'adresse. Je continue donc mon chemin en vérifiant s'ils ne sont pas derrière moi. Non, ils ne m'avaient pas vu, ils ont continué leur chemin tout droit. Ouf !  Je rentre donc chez mes hôtes, rassurée. L'après midi je retourne au cours, non sans jeter un œil à droite et à gauche... et le soir au retour, alors que j'avais déjà oublié l'incident du matin, madame W. me dit en ouvrant la porte :

Ach, Danielle, Du hast ein Besuch !

Catastrophe ! Ils sont là, confortablement installés dans le canapé, en train de siroter un Cognac. Ils sont venus de Hannover spécialement pour me voir. Je devrais être plutôt flattée, mais non. Je me sens plutôt prise au piège, avec cette maman qui essaie de caser son plus jeune fils ! Comment s'appelait-il déjà, cet affreux ? Wolfgang-Heinrich, il me semble, mais sans certitude... Le lendemain, je n'avais pas cours, nous passâmes donc la journée ensemble, à Stuttgart. Puis ils repartirent le soir vers Hanovre... À mon retour en France, je mis les points sur les I dans une lettre un peu sèche. La correspondance prit fin à mon plus grand soulagement.

19 avril : mort du chancelier allemand  Conrad Adenauer (n°8).

21 avril : putsch des colonels en Grèce.Blow_Up_David_Hemmings_Veru[1].jpg

12 mai : palme d'Or au Festival de Cannes pour Blow Up, d'Antonioni.

5 juin : au Proche-Orient c'est le début de la guerre dite des six jours qui verra la victoire des Israéliens face à la coalition arabe (Égypte, Syrie, Jordanie, Irak).

25 juin : mort de l'actrice Françoise Dorléac la sœur de Catherine Deneuve, dans un accident de voiture.

29 juin : mort de l'actrice américaine Jayne Mansfield (n°10).

12 juillet : création de l'ANPE.

23 juillet : le cycliste anglais, Tom Simpson (n° 6), meurt d'un arrêt cardiaque durant le Tour de France.

24 juillet : lors d'une visite au Québec, le général de Gaulle prononce : Vive le Québec libre !

En août je pars avec mes parents en Bavière et en Autriche. J'avais préparé un itinéraire qui nous emmena tout d'abord à Garmisch-Partenkirchen, puis visite des magnifiques châteaux de Neuschwanstein et Hohenschwangau, Berchtesgaden, Innsbrück, grimpette en voiture en haut du Grossglockner, Salzbourg et enfin Vienne. Je n'ai plus en tête le périple complet mais ce fut un très beau voyage. Nous restâmes quelques jours à Vienne, le temps de découvrir les principaux monuments. J'avais noté également une balade au Prater, sorte de luna-park local qui fut rendu célèbre par le film, « Le troisième homme ». Sa grande roue est unique en son genre et nous en avons fait naturellement un tour. C'est un endroit où j'aimerais bien retourner.

Nous avions fait également sur place quelques sorties organisées : les guinguettes au bord du Danube. Là mon père faillit en venir aux mains avec la dame pipi qui refusait de lui donner le rouleau de papier sous prétexte que c'était payant. Un autre soir, nous allâmes dans un cabaret. Et pendant que mon père s'engueulait avec le serveur parce que le Champagne était tiède, ma grand-mère et moi ne loupions pas une seconde du spectacle, tandis que maman n'arrêtait pas de dire : C'est honteux de voir ça !

Ça, en l'occurrence, c'était une strip-teaseuse qui ondulait de façon lascive et provocante en s'accrochant à un poteau. Quand finalement mon père s'est exclamé : Bon ça suffit, on s'en va, nous eûmes, ma grand-mère et moi, ce même cri du cœur :

Oh non, le spectacle n'est pas fini !

En y repensant, je ne peux m'empêcher de sourire...

17 août : mort du saxophoniste John Coltrane (n° 5).

3 septembre : fin de l'exposition de Toutankhamon au Petit Palais à Paris. J'avais réussi à y emmener ma grand-mère. Le seul souvenir que j'en garde est l'attente interminable qui précéda la visite.

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Rentrée des classes. Je suis en Terminale A2a (philo + 2 langues vivantes). Les anciens noms, philosophie, sciences expérimentales et mathématiques élémentaires  ont laissé place à des lettres (A, C, D). Nous devions également choisir deux options,  j'avais pris le latin et les maths.

Nous avions un nouveau professeur de russe. Madame Lossky avait quitté Tours pour  Fontainebleau où son mari avait été nommé conservateur. Nous avons vu alors arriver une jeune femme, dynamique certes, mais très politiquement engagée à gauche. Adieu Pouchkine, Tolstoï et Dostoïevsky. Place aux textes sur la Révolution d'Octobre. Dans le coup, mon intérêt pour cette langue déclina peu à peu.

1er octobre : naissance de la télévision en couleur.

9 octobre : mort de Che Guevara en Bolivie (n° 1). En France, mort de l'écrivain André Maurois (n° 2).

25 novembre : mort du sculpteur Ossip Zadkine (n° 7°).

3 décembre : la première greffe du cœur est réalisée par le professeur Barnard (n°4) dans un hôpital du Cap, en Afrique du sud.

19 décembre : la loi Neuwirth autorise la contraception en France.

 En cette année, on fredonnait :

Adamo, Inch Allah - Sheila, Adios amour, La famille - Claude François, Comme d'habitude, Mais quand le matin - Brigitte Bardot, Harley-Davidson - Gilbert Bécaud, L'important c'est la rose - Jacques Brel, La chanson des vieux amants - Pascal Danel, Kilimandjaro - Françoise Hardy, Des ronds dans l'eau - Johnny Hallyday, Hey Joe,  Amour d'été - Jacques Dutronc, J'aime les filles ... etc.

Pour ma part, j'écoutais la radio le soir dans mon lit. Dans l'émission Pop-club on pouvait écouter toutes les nouveautés venant des États-Unis et de Grande-Bretagne.

Enfin, au cinéma :

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Sans oublier :


Play Time - Bande annonce FR
envoyé par _Caprice_. - Regardez plus de films, séries et bandes annonces.

À suivre

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jeudi, 25 février 2010

76. Les reconnaissez-vous ?

Otis Redding, The dock of the bay
podcast

En attendant de passer à la suite des souvenirs d'école, je vous propose un petit jeu. Voici la photo de dix personnes qui ont fait la Une des journaux en 1967. Pouvez-vous mettre un nom sur tous ces visages ?

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 Je n'ai pas réussi à écrire le chiffre 6 à l'endroit !

12:11 Publié dans Nostalgie | Lien permanent | Commentaires (0)

75. Sur les bancs de l'école -14-

Trini Lopez, Besame mucho
podcast
Année 1966 :

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11 janvier : mort du sculpteur Alberto Giacometti. Le 4 février dernier, une de ses statues représentant "L'homme qui marche" (il y en a plusieurs) a battu le record des ventes publiques chez Sotheby's à Londres. Mise à prix 13,7 millions d'euros, elle fut adjugée pour la bagatelle de 75 millions d'euros 8 minutes plus tard. Eh non, ce n'est pas moi l'heureuse propriétaire ! Je me contente de regarder cette photo prise en 2003 à la Fondation Maeght, à Saint-Paul-de-Vence.

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 19 janvier : Indira Gandhi devient premier ministre de l'Inde.

1er février : mort de l'acteur et réalisateur américain, Buster Keaton.

7 mars : le général De Gaulle annonce que la France se retire de l'OTAN. Les bases américaines situées sur le sol français vont peu à peu fermer leurs portes. La petite ville de Chinon va replonger pour plusieurs années dans une certaine torpeur. C'est également le départ de plusieurs Tourangelles vers les États-Unis, celles qui  avaient épousé des soldats américains. Toute la base américaine est démolie et durant plusieurs mois la forêt fut envahie par des hordes de fouineurs à la recherche d'objets laissés sur place. Seuls demeureront les bâtiments de l'ancien hôpital militaire où furent envoyés les petits vieux ainsi que les aliénés de l'hôpital Bretonneau. Ils n'avaient pas forcément gagné au change car le premier bistrot se situait à plus de deux kilomètres et il est arrivé plusieurs fois que certains se perdent dans la forêt. Aujourd'hui encore il reste des traces du séjour de l'armée américaine au cœur de la forêt domaniale : 

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En 1977, lors d'une formation,  j'ai eu l'occasion de visiter les locaux de l'hôpital et j'ai vu les détenus en psychiatrie. Ce fut un moment particulièrement éprouvant car nous avons vu tout ce que la société compte de monstruosités en tout genre et que l'on ne peut imaginer.

18 avril : c'est le début de la révolution culturelle en Chine. Sortez votre petit livre rouge !

25 mai : Claude Lelouch remporte la palme au Festival de Cannes avec « Un homme et une femme ».

Je n'ai pas de souvenirs précis des vacances de cet été 1966. Je pense que nous étions retournés dans la petite auberge allemande de l'année précédente.

29 août : dernier concert en public des Beatles aux États-Unis, à San Francisco.

En septembre je passe  en 1ère. Je n'ai malheureusement pas retrouvé la photo de classe.Par contre, voici une photo prise place Jean Jaurès avec ma meilleure copine, Francine, au retour du lycée :francine7.jpg

24 septembre : 1ère explosion atomique en Polynésie française, sur l'atoll de Fangataufa.

28 septembre : mort de l'écrivain et père du surréalisme, André Breton.

15 décembre : décès de Walt Disney à Burbank, aux États-Unis.

 

Je ne vais pas m'éterniser sur cette année qui ne m'a laissé aucun souvenir précis. Ah si, j'oubliais, c'est l'apparition des premières mini-jupes et des collants. On peut même parler de révolution dans la mode ! C'est encore l'époque où les hommes sifflaient au passage d'une belle fille sans pour autant prêter à mal... Comme dit si justement Aznavour, « je vous parle d'un temps que ... »

 Que chantait-on en 1966 ?

Michel Polnareff, La poupée qui fait non - Sheila, L'heure de la sortie, Bang-bang - Pascal Danel, La plage aux romantiques - Hugues Aufray, Céline - Françoise Hardy, Rendez-vous d'automne, La maison où j'ai grandi - Mireille Mathieu, Mon credo - Charles Aznavour, La bohème - Sacha Distel, Monsieur Cannibale - Nana Mouskouri, Guantanamera - Christophe, Les marionnettes.

 

Enfin, au cinéma :

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 À suivre

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mercredi, 24 février 2010

74. Sur les bancs de l'école -13-


podcast
Cette année scolaire 1964/65 en seconde AB fut pour moi un vrai cauchemar. Pour la première fois, je sentais que je perdais pied. Pourtant j'étais toujours aussi appliquée, mais rien n'allait comme je voulais. La seule bonne chose qui me soit arrivée fut une dispense de gymnastique : à la maison je m'étais déboîtée le genou droit et j'avais eu un bel épanchement de synovie. À la suite de quoi j'avais été dispensée de sport jusqu'à la fin de l'année et comme par la suite mon genou restait sensible, je fus dispensée jusqu'au bac.

Ce qui devait arriver arriva : je dus refaire une seconde. Quand j'appris la sentence, je devins l'ombre de moi-même, je n'osais plus sortir, dans la rue je rasais les murs. J'avais la sensation d'avoir un écriteau dans le dos sur lequel était mentionné : « cette élève est nulle ». Peu à peu je développai un complexe d'infériorité qui depuis lors ne m'a plus jamais quittée. Aujourd'hui encore quand je rencontre de nouvelles personnes, j'ai toujours tendance à me positionner en retrait. Bien souvent les gens prennent ça pour de la froideur. S'ils savaient !

De son côté, mon père n'était pas tendre. Il ne cessait de rabâcher :

Tu travailles pour toi. Si tu veux finir ta vie à souder des bidons chez Schmidt, c'est ton problème ! »

 Nous voici donc en 1965. cette année-là :

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3 janvier : petite révolution dans l'église, les prêtres ont désormais l'autorisation de célébrer la messe en français. Je trouve que ça a perdu de son charme, mais bon, n'étant pas croyante, je n'ai pas mon mot à dire.

24 janvier : mort de Sir Winston Churchill.

7 février : début de la guerre au Vietnam.

21 février : assassinat du militant noir Malcolm X à Harlem.

6 mars : 1er épisode du feuiileton « Belphégor » à la télévision.

8 mars : Alain Calmat devient champion du monde de patinage artistique à Colorado Spring.

28 avril : les Marines américains débarquent à Saint-Domingue.

12 mai : mort de l'écrivain Roger Vailland.

19 juin : en Algérie Ben Bella est renversé par Boumediene.

16 juillet : ouverture du tunnel sous le Mont-Blanc.

Au mois d'août mes parents et moi partons en vacances en Alsace, puis en Forêt Noire et dans le Jura Souabe. Je n'ai guère de souvenirs de ces vacances, si ce n'est l'achat d'un coucou à Triberg. Nous dormions à l'hôtel et je partageais ma chambre avec ma grand-mère qui ronflait comme un sonneur ! Nous avions fini notre périple dans une petite auberge située au nord du lac de Constance. Là, nous fûmes admis à la Stammtisch.

Un soir, il y eut une réunion des habitués en culotte de cuir  et dans la nuit, mes parents commencèrent à angoisser quand ils entendirent les chansons évocatrices des sombres années d'occupation ! Nous fîmes plus ample connaissance avec un couple de personnes âgées qui habitaient Reutlingen, près de Stuttgart et chez qui je fus invitée l'année suivante.

27 août : mort de l'architecte Charles-Edouard Jeanneret, plus connu sous le nom de Le Corbusier.

4 septembre : mort à Lambaréné, au Gabon, du docteur Albert Schweitzer. Il avait reçu le prix Nobel de la Paix en 1952.

Septembre : je suis en 2ème a2a. Par chance j'ai retrouvé quelques copines  qui doublent aussi.

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9 novembre : la ville de New-York est plongée dans le noir pendant quatorze heures suite à une panne d'électricité.

24 novembre : coup d'état du général Mobutu dans l'ex Congo belge.

 En 1965 je fêtai mes 16 ans. Ma grand-mère m'avait offert une paire de chaussures à talons. Je me souviens très bien du calvaire que cela avait été de marcher avec ! Ce fut la première et dernière fois que je mettais des talons, au grand dam de mon mari qui trouvait cela d'une élégance extrême. Là-dessus je lui rétorquais :

Ça ne me va pas, j'ai une allure sportive ! Effectivement  j'avais l'allure sportive, mais seulement l'allure...

Je lisais beaucoup, surtout des romans. Seize ans, c'est l'âge où les sens d'éveillent et je me souviens que je tombais constamment amoureuse. Un jour, c'était le chauffeur du bus que je trouvais particulièrement séduisant. Le lendemain c'était un garçon qui prenait chaque jour le même car que moi. Je l'observais du coin de l'œil tout en jouant les indifférentes. Jamais je ne lui ai adressé la parole. Un jour il disparut brutalement... J'en fus extrêmement peinée mais je le remplaçai vite. Il y eut aussi un Allemand qui venait chez mes parents. Il travaillait au montage d'une usine près de chez moi et était donc venu pour plusieurs mois en France. Il logeait dans un petit hôtel sur le boulevard. Cet amour tout à fait platonique dura donc quelques mois et il y eut une suite que je vous raconterai dans le prochain épisode. Il s'appelait Fritz.

 En fait, je ne connaissais rien des garçons. Il faudra encore attendre quelques années pour que je commence à en fréquenter quelques uns. Je n'étais pas ce que l'on pourrait appeler une précoce ! Je me contentai d'élaborer des scénarios des plus rocambolesques.

 À la radio, en 1965, on pouvait entendre :

France Gall, Poupée de cire, poupée de son - Hervé Vilard, Capri, c'est fini - Christophe, Aline - François Deguelt, Le ciel, le soleil et la mer, Jean Ferrat, Potemkine - Claude François, Même si tu revenais - Adamo, Mes mains sur tes hanches - Sacha Distel, Scandale dans la famille - Gilbert Bécaud, Quand il est mort le poète - The Beatles, Yesterday - Sheila, Le folklore américain - Guy Marchand, La passionata - The Rolling Stones, Satisfaction

 Enfin sur les écrans :

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Sans oublier, bien sûr :


zorba le grec
envoyé par fandor91. - Regardez des web séries et des films.

 Je rajoute maintenant la palme d'Or au Festival de Cannes :The_Knack_...and_How_to_Get_It(1965)[1].jpg The knack and how to get it, de Richard Lester.

18:23 Publié dans Nostalgie | Lien permanent | Commentaires (1)