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mardi, 16 février 2010

62. Sur les bancs de l'école -7-

Léo Ferré, Comme à Ostende
podcast

L’année 1960 est le début d’une nouvelle ère qui va voir de profonds bouleversements se produire dans tous les domaines.

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Sur le plan de l’urbanisme on voit surgir dans toutes les villes d’immenses chantiers de construction. Tours n’échappe pas à la règle. La ville avait beaucoup souffert des bombardements de la guerre et beaucoup de familles vivaient encore dans des baraquements de fortune. Rappelez-vous, Tourangeaux, la place Strasbourg, ou encore les cabanes près de La Riche, la brocante sur les quais de la Loire. Dans les années qui vont suivre, les immeubles vont soudain surgir de terre comme des champignons. On construit des alignements de barres bien symétriques, des parkings pour les voitures de plus en plus nombreuses. On fait passer l’autoroute en pleine ville, puis on aménage les premiers supermarchés pour subvenir aux besoins de toute cette population. Près de chez moi, le Menneton, hâvre de verdure sur les bords du Cher, est envahi par les bulldozers qui transforment le lieu en une zone industrielle. Plus un arbre en vue…

Peu à peu, les petits commerces vont disparaître. Où sont passés les grainetiers, les quincailliers, les herboristes ? De lointains souvenirs aujourd’hui. D’ailleurs certains d’entre vous n’ont sans doute jamais connu. Le niveau de vie a considérablement augmenté et tout est fait pour que les gens deviennent des consommateurs.

C’est aussi  le début de l’exode rural. Les jeunes des campagnes quittent la terre pour aller travailler en usine et trouver un confort qu’ils n’avaient pas dans leur ferme. Avec le recul du temps, on pourrait leur demander si ce confort matériel leur a apporté nécessairement le bonheur. Pas sûr.

Bref, tout ça pour vous dire que la société va peu à peu changer. On entre de plein pied dans la société de consommation. Plus on produit, plus on consomme et plus on consomme, plus il faut produire, tout va pour le mieux. L’électroménager connut ses plus belles heures : il faut dire que les gens vivaient encore comme avant guerre. Chez mes parents, il n’y avait pas de  réfrigérateur, la salle de bain se composait uniquement d’un lavabo et  les toilettes étaient au fond du jardin dans la cour. En 1960 ils achetèrent leur premier frigo. Quarante ans plus tard, il fonctionnait toujours ! Puis mon père fit installer une cabine de douche. Ce fut le grand luxe !

La cuisinière à charbons fut remplacée par une gazinière. Les fers à repasser en fonte firent bientôt place à un fer à repasser électrique.

Une autre grande révolution fut l’apparition des premiers transistors et des électrophones. C’en était fini de la famille Duraton, bonjour Salut les copains ! Les jeunes représentaient un filon en or qu’il fallait exploiter. Jusqu’à présent il n’y avait jamais eu de mode spécifique pour la tranche d’âge 13/18. Dans les magasins de vêtements on passait brusquement du rayon enfant au rayon adulte. Du jour au lendemain se créa une mode spécifique, très influencée par les idoles que représentaient pour beaucoup les jeunes chanteurs à la mode. Ainsi, par exemple, quand Eddy Mitchell commença à être connu avec son groupe « Les chaussettes noires », on vit bientôt les jeunes porter des chaussettes noires à fines rayures. J’en fis partie, je ne m’en vante pas trop !

Mais revenons à l’année 1960 avec quelques évènements :

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1er janvier : le nouveau franc est mis en circulation.

2 janvier : mort du coureur cycliste Fausto Coppi.

4 janvier : mort d’Albert Camus et Michel Gallimard dans un accident de voiture.

13 février : explosion de la première bombe A française à Reggane, en Algérie.

29 février : terrible tremblement de terre à Agadir, au Maroc, qui fit près de 12 000 morts.

26 mars : parution du numéro 1 de l’hebdomadaire « Télé 7 jours ».

18 avril : 1ère apparition de Johnny Hallyday à la télévision. Mon père, qui avait toujours un jugement sur tout, déclara : « dans un an, on n’en parlera plus » !

21 avril : inauguration de la nouvelle capitale du Brésil, Brasilia.

11 mai : baptême du paquebot France.

23 mai : Adolf Eichmann, réfugié en Argentine, est enlevé par des agents du Mossad et emmené en Israël pour y être jugé.

27 mai : décès de mon grand-père paternel à l’âge de 60 ans. Dans la nuit je fus réveillée par des pleurs et une grande agitation dans la maison. On ne vint pas me réveiller mais je compris tout de suite ce qui s’était passé. C’était la première fois que j’étais confrontée à la mort. Je n’éprouvai alors aucune peine et cela m’effraya beaucoup. Aussi au petit matin, quand maman vint m’apprendre la nouvelle, je simulai un chagrin que je n’avais pas. Mon grand-père était un homme très autoritaire qui dirigeait la maisonnée d’une main de fer. Je n’ai jamais été proche de lui, même si nous vivions sous le même toit et je n’en garde aucun souvenir précis aujourd’hui.

4 juin : indépendance du Sénégal. Le 5 septembre Léopold Sédar Senghor devient le premier président de cette nouvelle république. Mon père l’avait eu comme professeur de lettres classiques au lycée Descartes à Tours où il avait enseigné avant la guerre.

26 juin : Madagascar devient un état indépendant.

11 août : indépendance du Tchad.

 

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Septembre 1960 : j’entre en 6ème A1 au grand lycée. Le lycée Balzac se situe rue d’Entraigues. La mixité n’était pas de mise et même tous les professeurs étaient des femmes. Je suis en section littéraire et je commence l’étude du latin et de l’allemand. La discipline y était très stricte. La surveillante générale, Melle Nicolas, ne rigolait pas. Gare à celles qui enfreignaient les règles de la bienséance ! En hiver le port du pantalon était interdit  de même que le port des nu-pieds en été. 

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Terminons par quelques films sortis sur les écrans cette année-là. Je ne résiste pas au plaisir de vous mettre un extrait :

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À suivre

10:16 Publié dans Nostalgie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : souvenirs, enfance, école

lundi, 15 février 2010

61. Sur les bancs de l'école -6-

Année 1959, Boby Lapointe, Aragon et Castille 
podcast

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1er janvier : Fidel Castro accède au pouvoir à Cuba.

9 janvier : 1ère diffusion de l’émission « Cinq colonnes à la une » à la télévision. La télé fit son apparition cette année-là à la maison.


5 colonnes à la une
envoyé par ina.

2 février : Indira Gandhi est élue à la présidence du parti du Congrès en Inde.

23 mars : révolte des Tibétains. Le Dalai-Lama se réfugie en Inde.

12 juin : mariage de Brigitte Bardot avec Jacques Charrier.

23 juin : mort de Boris Vian.

21 juillet : inauguration du pont de Tancarville en Normandie.

15 octobre : attentat de l’Observatoire contre François Mitterrand. Que doit-on dire ? Le faux vrai attentat ou le vrai faux attentat ? Toujours est-il que Mitterrand, qui avait disparu de la scène politique depuis qu’il avait perdu les élections législatives de mars 1958, s’était retiré dans la Nièvre où il avait été élu maire de Château-Chinon. Quand on connait les ambitions démesurées du personnage pour le pouvoir, on est tenté de penser que ce prétendu « attentat » a été monté de toutes pièces. Dans un sens, ce fut réussi car les journaux s’emparèrent de l’affaire. Une façon plutôt torve de revenir sur le devant de la scène, non ?

25 novembre : mort du comédien  Gérard Philippe.

1er décembre : traité sur l’Antarctique visant à rendre cette partie du monde neutre et  dédiée uniquement aux recherches scientifiques.

2 décembre : rupture du barrage de Malpasset près de Fréjus. Je vous en avais parlé dans une note précédente.

21 décembre : Farah Diba devient impératrice d'Iran.

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Septembre 1959 : je passe au CM2. En comparant la photo avec celle de l’année précédente, je m’aperçois que la majorité des filles ont les cheveux coupés. On ne peut pas dire que ce soit une réussite –en tout cas pour moi-.

J’ai mis mes photos de classe en ligne sur le site des copains d’avant et hier j’ai reçu un message d’une certaine P. qui a suivi le même parcours scolaire que le mien et que j’ai retrouvé à différentes reprises dans diverses classes. Je me souviens effectivement très bien de cette fille qui était loin d’être une amie, j’irai même jusqu’à dire qu’elle m’était très antipathique. Elle faisait partie de ce petit noyau de prétentieuses qui se croyaient supérieures intellectuellement aux autres. On aurait fini par le croire pour de bon, si ce n’est qu’un jour, en classe de …( 3e peut-être ?), le prof de français rend une dissertation en donnant les notes et les appréciations  à haute voix. Et là, surprise générale, elle rend la copie à P. en lui disant :

— Excellente copie, mais j’ai dû mettre un zéro car vous avez plagié un texte de …!

Et le professeur de citer le texte original et la légère modification qu’en avait apportée l’élève.

Cette faute impardonnable la fit tomber d’un coup du piédestal sur lequel bon nombre d’entre nous l’avions placée.

Dans son message, elle m’indique son parcours professionnel : orthophoniste. Ça ne casse pas trois pattes à un canard ! Puis elle m’envoie un autre message dans lequel elle me demande si j’accepte de faire partie de ses amis. Et puis quoi aussi ?

Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais maintenant la grande mode est d’afficher des listes d’amis. C’est à qui en aura le plus ! Mais enfin, cela ne veut rien dire du tout, c’est enlever tout sens au mot « ami ». Je trouve cette dévalorisation absolument insupportable !

Sur le site OVS (on va sortir) de Tours, c’est la même chose. J’ai participé à une petite dizaine de sorties durant lesquelles j’ai fait la connaissance de différentes personnes. J’ai été très étonnée de m’apercevoir que 7 personnes m’avaient inscrite dans leur liste d’amis. Puis, quelques temps après, ils n’étaient plus que 5 … Pourtant, je n’ai pas changé !

Sans doute parce que ma liste d’amis est vierge ? Mais comment pourrais-je mettre dans une liste des gens que je n’ai rencontrés que quelques minutes ? Cela me parait tout bonnement aberrant. Je ne sais pas, je ne cherche d’ailleurs pas à comprendre. Je trouve ça assez amusant en fait.  Pour l’instant, les 5 semblent stabilisés. En plus, on ne peut pas savoir qui c’est.

Donc, pour en revenir à la petite P., j’ai répondu à sa demande en l’inscrivant dans ma liste de  connaissances et non pas d’amis, ce qui correspond à la réalité.

J’ai également reçu une autre demande, toujours à la suite des photos mises en lignes. Cette fois-ci, il s’agit d’un ancien voisin de quartier qui avait quelques années de moins que moi. C’était un affreux garnement qui torturait son chien, frappait ses parents, martyrisait sa sœur. Nous ne nous fréquentions pas du tout et nous n’avons jamais été proches.

Les gens se sentent-ils seuls à ce point qu’ils ont besoin de se créer un noyau superficiel ?

Je me suis inscrite sur Facebook sous un pseudo. Naturellement il n’y a rien à mon nom puisque je n’ai rentré aucune donnée. Mais en regardant les pubs qui clignotent, on peut se poser des questions :

Avocat divorce : procédure rapide et économique. Devis gratuit et immédiat. Prenez rendez-vous en ligne.

L’homme idéal existe : laissez-le toucher votre cœur et vous emmener au 7e ciel ! Inscrivez-vous sur … et trouvez l’homme qui vous correspond.

Joli top pour Elle : avec ce top, l’attention des hommes vous est garantie !

Hommes célibataires : cherchez-vous à trouver quelqu’un de spécial ? Trouvez-le sur … ce soir !

 L’amitié n’est pas un bien de consommation. Elle ne se donne ni se reprend sur un coup de tête. Elle doit se mériter, elle demande aussi un engagement profond. C’est d’ailleurs pourquoi elle est si rare !

Enfin, au cinéma on a pu voir, entre autres :

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"La jument verte", film inspiré du roman de Marcel Aymé fit grand scandale.En Corrèze, l'archevêque de Tulle obtint son interdiction. Le film fut interdit aux moins de dix-huit ans. Quand on sait ce que les gamins voient aujourd'hui, ça fait doucement sourire...

À suivre  

08:47 Publié dans Nostalgie | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : enfance, souvenirs, école

dimanche, 14 février 2010

59. Sur les bancs de l'école -5-


podcast

Voici la liste des prénoms les plus fréquemment utilisés en cette année 1958. Pour les filles on trouve :  Martine, Françoise, Chantal, Catherine, Brigitte, Monique, Annie, Nicole, Christine, Sylvie, Dominique.

Pour les garçons : Jean, Michel, Alain, Patrick, Christian, Philippe, Bernard, Daniel, Gérard, Jacques, Didier.

Dans mes archives, je n’ai pas de chanson enregistrée pour l’année 1958. Pourtant les titres et les chanteurs ne manquent pas.  Aussi, vous ai-je mis « Générique » interprété par Miles Davis, musique du film Ascenseur pour l’échafaud, sorti sur les écrans en 1958.

Cette même année on pouvait voir :

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Que se passe t-il en 1958 ?

juan-manuel-fangio-1911-1995[1].jpg23 février : le coureur automobile Juan Manuel Fangio est enlevé à Cuba par des rebelles qui  veulent attirer l’attention du monde sur l’état de misère dans laquelle vit la population de l’île.

13 mai : putsch d’Alger.

4 juin : discours du général  De Gaulle à Alger durant lequel il lança le fameux « Je vous ai compris !».

 

 

28 septembre : la Constitution de la Ve République est adoptée par référendum.

15 novembre : mort du pape Pie XII. C’est Jean XXIII qui lui succède au Vatican.pie XII.jpg

21 décembre : De Gaulle est élu président de la République à une large majorité.

27 décembre : création du nouveau franc.

31 décembre : instauration des ASSEDIC (association pour l’emploi dans l’industrie et le commerce).

 

En septembre 1958, j’entre donc au petit lycée Balzac, situé à l’angle du boulevard Marchant-Duplessis et de la rue de Boisdenier. L’école était dans une belle demeure tourangelle un peu vétuste. La première année, mes parents m’inscrivirent à la cantine. Nous traversions alors le jardin des Prébendes pour nous rendre au lycée qui se trouvait rue d’Entraigues. Mon adaptation à cette nouvelle école se fit en douceur.

Année scolaire 1958/59, classe de CM1.

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  J’allais à l’école à pied, ce qui représentait un bon bout de chemin.

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Et puis, un vent de folie s’abattit bientôt sur la France. Ça nous venait des États-Unis et le mouvement s’amplifia très vite. À force d’entraînements laborieux et intensifs, j’avais fini par devenir la reine du …

 À suivre

05:19 Publié dans Nostalgie | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : souvenirs, enfance, école

samedi, 13 février 2010

58. Sur les bancs de l'école -4-


podcast

Année 1957. Sur les ondes, la voix de Piaf provoque toujours autant de frissons. Quand je ré-écoute la foule, j’ai des souvenirs très nets qui reviennent en image. Nous étions allés un jour à Paris pour acheter un singe. Quelque temps auparavant, mes parents avaient songé qu’il serait peut-être intéressant pour moi d’apprendre à jouer d’un instrument de musique. Nous étions même allés chez une voisine qui possédait un piano. J’étais euphorique ! Seulement, à force de trop réfléchir à la question, ils ont probablement fait des calculs – prix de l’instrument, prix des leçons – et finalement ils ont changé d’avis. Je pense que l’expérience malheureuse de mon père dans sa jeunesse a largement influencé ce changement d’avis. Ses parents s’étaient mis en tête de lui faire donner des leçons de violon. Seulement la différence de taille c’est que si, lui, n’avait jamais eu l’envie de jouer du violon, moi j’étais enthousiasmée à l’idée d’apprendre à jouer du piano. Donc le problème fut tranché : pas de piano, mais un singe pour maman ! Le coup a été rude à encaisser. Je me suis rattrapée beaucoup plus tard (vingt ans après), mais hélas un peu trop tard aussi pour la dextérité ! Dans le coup, j’ai tout abandonné.

Nous avions dû aller déjeuner aux Halles. Je revois les bâtisses en ferraille, les hommes transportant sur les épaules des quartiers de bœuf. Et puis, en fond sonore, la voix de Piaf…

L’après-midi nous avions fait tous les magasins du quai de la Mégisserie. À un moment, ma mère est tombée en arrêt devant une grande vitrine dans laquelle un malheureux gibbon se suspendait à une barre de fer. Je crois que c’est le prix qui a fait hésiter mon père. Le soir nous sommes revenus avec une cage dans laquelle se trouvait un pauvre macaque Rhésus que maman appela Bamby ! Je n’ai jamais très bien compris comment mon père avait pu céder ainsi à un tel caprice. Le singe eut vite fait de prendre ses marques. Dans les premiers jours, alors qu’il était laissé en liberté dans la salle à manger, il vida carrément tout le buffet … Dans le jardin, nous avions une immense volière construite par mon grand-père. Ce fut donc sa nouvelle demeure. Je n’aime pas parler de cette histoire car j’ai toujours personnellement beaucoup souffert de voir cet animal en cage. De temps à autre, lorsque nous allions nous promener à la campagne, nous emmenions le singe. singe1.jpg

Il était alors attaché avec un collier autour des reins. Il vécut ainsi pendant cinq ans et connut une fin atroce. C’était en 1963, et mes parents avaient fait une réservation de vacances dans un hôtel de l’île de Ré pour une durée de quinze jours. Il avait été convenu que c’est mon arrière grand-mère –qui demeurait la maison à côté de la nôtre- qui garderait le singe durant notre absence. Mon père avait placé le pauvre animal dans une minuscule cage de 1m/1m et transporté la cage chez mon aïeule en prenant soin de lui donner les ultimes recommandations, à savoir ouvrir la cage sous aucun prétexte.

Au retour de vacances, nous trouvâmes une grand-mère dans tous ses états à côté d’un petit singe qui avait le crâne fracassé ! Elle n’avait pas pu résister et avait bien sûr ouvert la cage (comme je la comprends !). Mais le singe en avait profité pour s’échapper. Affolée, elle avait alors appelé les pompiers qui avaient récupéré Bamby dans un platane du boulevard. Ils avaient dû quand même s’acharner sur le pauvre animal car il n’était pas beau à voir ! 

À la suite de cet incident, ma pauvre grand-mère fut mise en quarantaine. Je trouvai cela profondément odieux. Quant à ma mère, elle sombra dans une nouvelle période de dépression. Par chance, la folie des animaux exotiques lui passa et par la suite, nous adoptâmes des chiens.

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Photo de la classe de CE2, année scolaire 1957/58. Je ne savais pas encore que c’était ma dernière année dans cette école. En effet, depuis un an déjà, mes parents avaient projeté de me faire passer le concours d’entrée au petit lycée. L’année précédente, il n’y avait pas eu de concours, les places libres ayant été prises en priorité par les rapatriés du Maroc et les premiers rapatriés d’Algérie.

Là encore, j’ai quelques souvenirs. Nous étions environ une dizaine de gamines issues de diverses écoles primaires de Tours. Il y avait trois places seulement. Je fus admise. J’allais quitter l’ambiance chaleureuse d’une petite école d’un  quartier populaire pour pénétrer dans un monde beaucoup plus guindé.

Quelques évènements de l’année 1957 :

14 janvier : mort de l’acteur américain Humphrey Bogart.

10 mars : le gouvernement chinois lance sa campagne sur la limitation des naissances.

25 mars : signature des Traités de Rome. Naissance de la C.E.E avec 6 pays (France, Belgique, Italie, Luxembourg, Allemagne, Pays-Bas) et d’Euratom (communauté européenne de l’énergie atomique).

20 avril : reprise de la navigation dans le canal de Suez.

12 mai : mort du comédien Erich von Stroheim. 

22 juillet : Jacques Anquetil remporte le 44ème tour de France.

24 juillet : mort de Sacha Guitry.

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À suivre …

03:33 Publié dans Nostalgie | Lien permanent | Commentaires (1)

vendredi, 12 février 2010

57. Sur les bancs de l'école-3-

Sur les ondes, on pouvait entendre :
podcast

À l’automne 1956 j’entre au CE1. On lisait sur un livre où il était question d’une petite Bridinette. Ce sont les seuls souvenirs qu’il me reste de cette période. La vie s’écoulait, paisible. Tous les dimanches matins mon père se chargeait de me faire lire et compter. C’était un moment particulièrement désagréable car il manquait de patience.

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En scannant la page du cahier, j’ai été surprise de constater que nous abordions la division au CE1.

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Sur la photo de classe, je reconnais Jocelyne (rang du haut, 1ère à gauche). Son père était jardinier au jardin botanique. À l’extrêmité du rang, c’est la petite- fille du laitier Gaudais.

Au premier rang, la quatrième à partir de la gauche est la fille de la maîtresse de maternelle, madame Rousset. En 1975, lorsque je fis inscrire ma fille en maternelle, elle était toujours là !

L’hiver 1956 fut extrêmement froid. À la maison il n’y avait pas de chauffage dans les chambres. Aussi maman plaçait une ou deux bouillottes dans mon lit et j’enfilais par-dessus mon pyjama une sorte de robe de chambre en laine que papa avait rapporté de Bombay et qui avait rétréci de moitié lors d’un lavage à l’eau un peu trop chaude !

Pour prévenir les rhumes, je portais autour du cou un sachet contenant du camphre et chaque matin, au réveil, maman me faisait avaler une cuillerée d’huile de foie de morue. J’avais droit aussitôt à un bonbon fourré pour enlever le goût très désagréable laissé dans la bouche. Il faut bien reconnaître que je n’ai jamais été malade.

Parmi tous les évènements qui se produisirent en 1956, j’ai retenu :

 

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Le 5 janvier, mort de Mistinguette, alias Jeanne-Florentine Bourgeois, autrement dit  La Miss comme l’appelait ma grand-mère. La popularité de cette chanteuse avait été très grande et l’écrivain Colette disait même que Mistinguette était une propriété nationale. Aujourd’hui on a Johnny Hallyday !

 8 février : le gouvernement étend la durée des congés payés à trois semaines. Chez moi, cela ne changeait pas grand-chose puisque mes grands-parents étaient commerçants et n’avaient pas de vacances. Seul mon père en bénéficiait et il en profitait pour faire des travaux d’entretien dans la maison. Il n’y a que le dimanche que l’on pouvait sortir. En été toute la famille allait à la pêche sur les bords de la Loire ou du Cher. L’hiver, mes parents prenaient un abonnement au grand théâtre et nous allions voir les opérettes. Parfois mon père allait jouer au billard au café de l’Univers, place Jean Jaurès. Pendant qu’il faisait des parties, maman et moi prenions un chocolat avec des croissants, puis je regardais les joueurs de dames et d’échecs. À la maison, nous avions aussi un billard et j’appris très tôt à jouer. Je me débrouillais assez bien.

  2 mars : le Maroc fête son indépendance. 

12 mars : le Parlement accorde à Guy Mollet les pouvoirs spéciaux en Algérie. Ça commence à sentir le roussi. 

20 mars : la Tunisie –qui depuis 1881 était un Protectorat français- accède à l’indépendance. 

18 avril : mariage de Grace Kelly et de Rainier III de Monaco. 

3 juin : la SNCF supprime la 3ème classe. 

23 juin : Nasser est élu président de l’Égypte. Une de ses premières actions fut de nationaliser le canal de Suez ce qui amena quelques mois plus tard l'intervention militaire de l'Angleterre et de la France.

14 août : mort de l’écrivain allemand Bertold Brecht. 

23 octobre : soulèvement anti-communiste à Budapest. Le 4 novembre l’armée soviétique intervient à Budapest pour mettre fin à l’insurrection.

 

À suivre …

07:22 Publié dans Nostalgie | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : école, souvenirs, enfance