mercredi, 05 novembre 2008
Les oubliés de l'Amérique
Cette fois ça y est, les dés ont été jetés. L'Amérique a son président noir. Belle victoire, beau discours aussi lors du résultat. Le futur président remercie alors les Blancs, les Noirs, les Hispanos, les Asiatiques, les homosexuels, les handicapés, j'en passe et des meilleurs probablement... Mais où sont passés les Indiens ? C'est vrai qu'il n'en reste plus guère, hormis dans des réserves. On va les voir comme on se rend dans un zoo.

Les Indiens, ça n'intéresse plus personne. Il y a bien longtemps qu'Hollywood a cessé de faire des films de cow-boys et d'indiens.
Pour qui ont-ils voté ? Un élément de réponse ICI.
En attendant, je souhaite bien du courage au nouveau président des Etats Unis. Il va lui en falloir !
"Nous allons changer le monde !» proclame fièrement Obama. Il serait peut-être bon de commencer par changer les conditions de vie misérables des vrais Américains, les Indiens, à qui on a volé les terres.

20:46 Publié dans Evènementiels | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : elections americaines, indiens
mardi, 04 novembre 2008
Déjà en train de quilter ?
Oui, oui, mais si vous regardez bien, vous verrez que ce n'est pas le même patchwork que la semaine dernière. Non pas que l'autre soit déjà fini, mais hier, en cherchant du tissu dans l'armoire, j'ai retrouvé ce patchwork terminé. Il ne reste plus qu'à le quilter. Et comme j'ai tout ce qu'il faut sous la main, ce matin, je l'ai mis sur mon lit pour le bâtir. Il recouvre tout le lit, bien sûr, là, vous n'en voyez qu'une partie. Mais le pire dans tout ça, c'est qu'il ne me plait pas ! Je me demande pourquoi j'ai été mettre du noir. Certes, cela fait ressortir les motifs, mais ça flashe un peu trop ! Au centre j'ai mis en place le rond en bois qui me permet de coudre une main dessus, une autre dessous pour récupérer l'aiguille.
Quant à l'autre patchwork, il avance... J'ai cousu deux bandes, j'attaque la 3e. Et afin d'éviter la monotonie de l'ensemble je vais placer une bande de triangles toutes les deux bandes. Ce modèle de triangles cousus les uns au-dessus des autres s'appelle "le vol d'oies sauvages", c'est un motif que l'on retrouve fréquemment dans les anciens patchworks.
Cet après-midi, je vais tout de même aller m'aérer un peu.
11:48 Publié dans Créations personnelles | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : couture, patchwork
Amour brisé
Il y avait maintenant plus de quarante ans que la petite C… partageait la vie de Jean, quarante années durant lesquelles leur relation ne connut aucune défaillance. Bien sûr, C… savait qu’elle n’était pas la seule , mais il revenait toujours, fidèle à celle qu’il fut la première dans sa vie.
Et pour lui, C… s’était fait tatouer ses initiales, gracieusement entremêlées, au bas de sa cambrure.
Dans l’entourage de Jean, tout le monde connaissait cet attachement profond qui les unissait et personne d’autre que Jean n’aurait osé aborder C…
Ils n’avaient aucune pudeur dans leurs rapports les plus intimes, faisant comme si la présence des autres leur était indifférente. Et, le plus surprenant, c’est que personne ne semblait en être choqué.
Il fallait voir avec quelle tendresse Jean prenait C…délicatement entre ses deux mains, caressant délicatement du doigt ses formes harmonieuses.
Le plus grand plaisir de C… était lorsqu'il la couvrait de douceur, en particulier de confiture de clémentines, et qu’il venait ensuite la lécher doucement jusqu’à enlever toute trace de sucre. Il la reposait ensuite délicatement en soupirant : «Que c’est bon !»
Ce que C… appréhendait le plus, c’était le moment des vacances. Jean partait toujours seul et elle se retrouvait alors abandonnée dans le noir. Il n’avait jamais voulu l’emmener avec lui, de peur de la perdre sans doute !
Et puis un soir, au retour du travail, alors qu’il s’apprêtait à vivre un nouveau moment de douceur avec C…à l'heure du dîner, Jean vit sa femme, Monique, lui tendre un objet en plastique, l’air gêné, disant :

« Ben oui, je crois que j’ai fichu TA cuiller à la poubelle sans le faire exprès ! En voici une autre en remplacement.»
Fin
07:00 Publié dans Petites nouvelles de rien du tout | Lien permanent | Commentaires (0)
Jean-Élie (2)
Après cinq années passées en captivité, Roger était revenu brisé. Il était devenu un autre homme. Il ne parlait plus, se négligeait complètement au point d’en rendre Yvonne honteuse. Il reprit cependant les activités de la ferme, il fallait bien vivre. Et la vie reprit plus triste qu’avant…
Un beau jour Yolande, la fille d’Yvonne, leur présenta un jeune homme. C’était le fils d’un maraîcher et pour le couple de fermiers qu’ils étaient, le mariage de leur fille avec ce garçon était ce qu’on peut appeler « un beau mariage ».
Pourtant Yolande n’allait pas connaître une vie facile. Les maraîchers sont des gens durs au travail et la terre doit donner son maximum. Elle s’usa rapidement à la tâche, sa santé se détériora et un cancer l’emporta en quelques années. Elle laissait deux petites filles.
De son côté, son frère Jacques ne voulut pas continuer à s’occuper de la ferme et préféra aller travailler en usine et vivre dans une HLM avec le confort qu’il n’avait jamais connu à la campagne. Bientôt il se retrouva en Algérie.
Pour Yvonne, la vie avec Roger était insupportable depuis que les enfants étaient partis. Aussi avait-elle songé à accueillir un enfant de l’assistance publique. Oh, ce n’était pas pour l’argent que cela pouvait rapporter, qui était une somme dérisoire, mais plutôt pour compenser le vide affectif laissé par ses enfants.
C’est comme ça que Jean-Elie se retrouva à partager la vie de la ferme avec eux. Il n’avait jamais connu la tendresse et l’affection et l’attitude de Roger ne le gêna aucunement. Ces deux - là s’entendaient à merveille. Il appelait Yvonne « tante » et très vite il prit ses marques et ses habitudes. Il avait beau être malingre, c’était une boule de nerfs et il était courageux. Quand il n’était pas à l’école, il aidait Roger dans les travaux de la ferme. Une fois par an il allait à Tours avec Yvonne pour reconstituer sa garde-robe. C’est ce qui s’appelait « la vêture ».
La vie aurait pu continuer ainsi quand, un matin, Yvonne prit Jean-Elie à part et lui dit :
« On va bientôt recevoir une petite fille qui vient passer ses vacances avec nous. Elle ne restera pas définitivement. Tu vas lui laisser ta chambre, le temps qu’elle sera ici ! Elle s’appelle Danielle.»
A suivre ...
05:47 Publié dans Petites nouvelles de rien du tout | Lien permanent | Commentaires (0)
lundi, 03 novembre 2008
Jean-Élie (1)
Il n’a jamais demandé à venir au monde Jean-Elie. Mais voilà, il a fallu qu’un homme et une femme se rencontrent, un jour, qu’ils aient envie l’un de l’autre et, neuf mois plus tard, notre petit bonhomme est arrivé. Seulement personne n’était là pour l’accueillir à bras ouverts. Ceux qui l’avaient conçu dans un moment d’égarement ne voulaient pas de lui. A peine arrivé dans ce monde et déjà abandonné !
Alors il se retrouva placé dans des foyers, de ci, de là, au gré des places et des humeurs des assistantes sociales. Le temps passa doucement, semant son lit de tristesse dans le cœur de cet enfant chétif et malingre. Un jour, il fut décidé qu’il irait vivre à la campagne. Il n’était pas associable et cela libérerait une place pour un autre enfant en attente.

C’est ainsi qu’à la veille de la rentrée des classes de mille neuf-cent cinquante-huit, Jean-Elie prit le car, accompagné d’une assistante sociale qui le conduisit dans sa nouvelle demeure. C’était une ferme construite sur le plateau, une longère tourangelle exposée plein sud sur le côteau de la Loire. Tout autour il n’y avait que des champs, peu d’arbres pour se protéger du soleil ou du vent. Elle aurait pu s’appeler Les hauts de Hurlevent , mais elle portait un nom beaucoup plus poétique : Champroux.
Les propriétaires de ce lieu étaient deux paysans, Yvonne et son mari Roger. Ils avaient une cinquantaine d’années et vivotaient des ressources assez maigres de leur exploitation. La mère de Roger, une vieille toute ridée et toujours habillée de noir depuis le décès de son mari, habitait une petite maison décrépie située un peu plus loin. Elle y vivait seule, dans l’unique pièce sombre meublée d’un lit, d’une armoire, d’une table et d’une chaise. Elle continuait à s’occuper des lapins de la ferme pour lesquels, chaque jour, elle allait couper de l’herbe dans les prés voisins avec sa faucille et sa brouette. Elle prenait tous ses repas avec le couple. Elle était peu causante et il n’existait aucun lien affectif entre elle et sa belle-fille.
Yvonne était une belle femme, mince, grande, un visage toujours souriant et un caractère à toute épreuve. Dans sa jeunesse, elle avait été une excellente élève à l’école primaire où elle avait obtenu sans aucune difficulté son certificat d’études. Son institutrice aurait souhaité qu’elle puisse continuer ses études, mais à la campagne, c’est la terre qui compte avant tout et les deux bras d’Yvonne furent jugés indispensables pour les travaux des champs. Alors Yvonne s’était fait une raison et, résignée, elle avait épousé un gars du coin, un paysan comme elle. Bientôt vint le petit Jacques, puis deux ans plus tard, ce fut le tour de Yolande. Tout aurait pu continuer ainsi, dans une relative douceur de vie, au rythme des saisons et des labeurs. Mais un beau jour Roger dut partir à la guerre…Il ne revint que cinq ans plus tard.
A suivre ...
04:05 Publié dans Petites nouvelles de rien du tout | Lien permanent | Commentaires (0)