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lundi, 10 novembre 2008

Une journée en compagnie de Jean-Baptiste Poquelin

J'ai emprunté à la médiathèque de Joué-les-Tours le film "Molière", écrit et mis en scène par Ariane Mnouchkine. Ce film retrace toute la vie de Molière. Les décors sont splendides, on oublie vite notre époque pour se plonger dans un XVIIème siècle dépeint avec beaucoup de réalisme. C'est une œuvre grandiose que je conseille à tous ceux qui ne l'aurait pas vue. J'ai trouvé un extrait, celui où Molière (interprété par Philippe Caubère) est pris d'un malaise sur la scène, alors qu'il joue Le malade imaginaire. On est le 17 février 1673. Très vite il est transporté chez lui, rue de Richelieu où il meurt presque aussiôt.

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Molière n'avait pas renié sa vie de comédien auprès d'un prêtre. Aussi, n'avait-il pas droit d'être enseveli en terre chrétienne. Quelle absurdité ! Le roi Louis XIV intervint alors auprès de l'archevêque et Molière fut enterré discrètement, le soir, dans le cimetière Saint-Joseph.

Voici la scène finale. 

dimanche, 09 novembre 2008

Un drôle de dimanche

C'est le titre du livre que vient de publier un autre blogueur de mes connaissances et dont j'ai commencé la lecture hier soir, bien calée sous la couette

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Maurice nous fait partager son enfance dans un paisible village d'Ile de France durant la guerre. Un ensemble de clichés instantanés de moments tout particuliers, qui fleurent bon le terroir, la douceur de vivre malgré une époque où les gens étaient bien malheureux. On fait la connaissance de "grand-mère Camille", de la ravaudeuse, de l'oncle Robert et de bien d'autres personnages tous plus attachants les uns que les autres. Un vrai plaisir, cette lecture ! Merci Maurice pour ce retour dans une époque complètement révolue aujourd'hui. 

05:52 Publié dans Livres | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : livre, enfance, guerre

samedi, 08 novembre 2008

Jean-Élie (3)

Cette nouvelle contraria énormément Jean-Elie. D’abord parce qu’il devait laisser sa chambre et puis, inconsciemment, il craignait que cette nouvelle arrivante devienne le centre d’intérêt de la maison. C’est donc en ronchonnant qu’il prit ses vêtements, ses affaires de classe et qu’il mit tout ça en vrac dans la pièce d’à côté. C’était une toute petite pièce, l’ancienne chambre de Jacques, qui avait été transformée après son départ en garde-manger. Il y avait là un divan, une table, une grande armoire dans laquelle Yvonne entreposait ses conserves et les pots de confiture. 

Le lendemain, quelques jours avant le quatorze juillet, la nouvelle arriva, accompagnée de ses parents. Jean-Elie s’était mis en retrait et l’observait. Elle semblait avoir son âge mais elle était beaucoup plus grande que lui et plus forte aussi. Elle regardait autour d’elle et semblait assez décontenancée par le décor intérieur. Tante Yvonne l’appela alors pour faire les présentations. Danielle s’avança vers lui et lui tendit la main, mais il ne bougea pas.

« Eh bien, Jean-Elie, qu’est-ce que tu attends ? Dis donc bonjour !»

Alors, tout en maugréant, Jean-Elie tendit la main et serra mollement celle de « l’étrangère » tout en se disant que dès qu’il en aurait l’occasion, il se vengerait d’avoir perdu sa chambre. Occasion qui ne tarda pas à se présenter.

Le village se préparait à fêter le quatorze juillet. Il faut avoir vu le film de Jacques Tati, « Jour de fête », pour se représenter réellement ce que pouvait être une fête à la campagne. Tous les ingrédients étaient là : les forains étaient arrivés la veille et avaient dressé leurs manèges et leurs stands sur la place du village. Les filles s’étaient mises sur leur trente-et-un, arborant des robes rose bonbon et bleu ciel. Les vieux avaient ressorti le costume de la naphtaline. Les cafés du coin avaient décoré leurs terrasses avec des guirlandes et des lampions. Et puis il y aurait le bal populaire, le moment tant attendu dans les campagnes  pour faire connaissance… Bref c’était le grand événement de l’année.

Tante Yvonne donna l’autorisation aux deux enfants de s’y rendre, à pied bien sûr. Il n’y avait pas d’autre moyen de locomotion. Le village était situé à trois bons kilomètres de la ferme et la petite route qui y menait était sinueuse et pentue…

A suivre

Pour retrouver l'ambiance de cette époque, voici un extrait de "Jour de fête".

vendredi, 07 novembre 2008

Du nouveau

Nous sommes dans la période de l'année que je déteste le plus : les jours sont courts, il pleut souvent, et peu à peu se rapprochent les sempiternelles fêtes de fin d'année qui, pour nous les esseulés, les oubliés du monde, sont un moment particulièrement difficile à passer. Enfin, difficile, j'exagère un peu. En fait, je n'ai jamais vraiment apprécié tout ce qui est prévu longtemps à l'avance. Il n'y a aucun effet de surprise, à la limite, cela peut même devenir rapidement une véritable corvée. Au moins cela ne risque pas de m'arriver.

Ce qui me manque le plus en cette saison, c'est toute la beauté de la nature en été. Aussi, je viens de mettre en ligne un nouveau blog sur lequel je reprends une partie de mes photos de fleurs et d'animaux. Je me fais avant tout plaisir, mais vous pouvez toujours y passer, cela va augmenter mon nombre de visiteurs qui pour l'instant est bien maigre.

Voici donc la faune et la flore. 

19:32 Publié dans Evènementiels | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : blog, faune, flore

Ma cousine Ginette

Ça y est, j’ai enfin fait la connaissance de ma cousine Ginette dont je vous ai parlé précédemment. La rencontre avait été organisée par mon autre cousine, Colette, dans sa maison de Tours.

Elle a bon pied bon œil Ginette, et on ne lui donnerait pas quatre-vingts ans.

Nous nous étions déjà rencontrées une fois, cela remonte en 1949, plus précisément le 10 mars, le jour de ma naissance. Elle fut en effet l’une des premières à rendre visite à ma mère à la clinique des Dames Blanches lors de ma naissance. C’est dire si je n’avais aucune chance de la reconnaître.

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Je n’ai rien appris de très nouveau que je ne savais déjà, à savoir que la famille de ma mère était mal considérée par mes grands-parents paternels. Ces derniers ont toujours montré un profond mépris pour des gens qu’ils considéraient d’une classe sociale inférieure. D’ailleurs, ce qui est frappant sur la photo de mariage, c’est de voir que la famille de maman était uniquement représentée par ses parents, son oncle Maurice – il possédait une usine !- et sa fille. Les autres membres de la famille, à savoir les oncles et tantes, cousins, cousines, n’avaient pas été invités.

 Il fallait qu’il soit rudement amoureux, mon père, pour passer outre ! C’est bien la seule fois où il a su véritablement  tenir tête à ses parents.

J’ai quand même appris quelque chose de nouveau qui m’a fait de la peine, mais je m’attendais à souffrir : quand mes parents se sont mariés, mes grands-parents maternels avaient offert une salle à manger qui devait servir au jeune couple. Mes parents devaient habiter la partie supérieure de la maison familiale, une sorte de grand appartement situé au deuxième étage et qui était composé de quatre grandes pièces.

La vérité est que cette salle à manger fut récupérée par mes grands-parents paternels à leur propre usage et l’appartement resta toujours inhabité ! Ma mère se retrouva à partager la vie de ses beaux-parents sans aucune indépendance. Pire, elle devint une sorte de « bonne ».

La seule indépendance qu’elle aurait pu préserver était son travail puisque, au moment de son mariage, elle travaillait comme secrétaire dans une maison de confection de la rue Nationale. Mais par un fait du hasard, elle perdit sa place de façon obscure (enfin, je n’ai jamais réussi à savoir la vérité). On me dirait maintenant que mes grands-parents paternels y seraient pour quelque chose que cela ne m’étonnerait nullement ! 

Tous sont morts maintenant, alors à quoi bon soulever toutes ces zones d’ombres ? Il est trop tard pour agir.

Toute cette rancœur enfouie, dont ma mère ne parlait jamais, je m’en suis fait le porte-parole plus tard, après sa mort. Et, un jour j’ai explosé. Je n’ai jamais douté une seconde de l’amour profond qui unissait mon père à ma mère. Hélas, par manque de courage, mon père n’a pas été capable de la rendre heureuse. Je le lui ai dit, il est évident qu’il n’était pas en mesure de l’entendre, lui, le Patriarche de la famille. Notre rupture fut définitive.

Quand on me dit maintenant que ma grand-mère paternelle était « une peau de vache », je confirme bien volontiers, mais cela ne m’empêche pas de l’aimer, car ce fut pour moi une bonne grand-mère.