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vendredi, 22 février 2013

37. Un franc succès

podcast

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Je ne peux que me réjouir devant le succès obtenu par l'exposition des photos en noir et blanc sur la ville de Tours parce que, tout d'abord, c'est ma copine Catherine, scanneriste de profession, qui a mis en valeur ces vieux clichés, et ensuite parce que c'est mon éditeur, Nicolas, qui a fait éditer le catalogue de cette expo. Quand je pense que je ne l'ai pas encore acheté !

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Bravo à toute l'équipe de chez Sutton !

Plus d'informations ICI.

vendredi, 14 décembre 2012

293. De l'absurdité des idéologies

Je viens de terminer la lecture du livre-témoignage de François Bizot, intitulé « Le portail » dans lequel l’auteur raconte sa détention de trois mois dans la jungle cambodgienne en 1971, puis la chute de Phnom Penh et l’évacuation des étrangers, regroupés à l’ambassade de France, vers la Thaïlande en 1975.le portail.jpg

Il y a un passage qui a particulièrement retenu mon attention.

L’action se situe à Phnom Penh, en 1975. Les Khmers rouges sont entrés dans la ville et ont commencé aussitôt les saccages et les massacres. Puis par la force, ils obligent la population à quitter la ville sous le faux prétexte que l’armée américaine va bombarder la capitale.

Les étrangers sont alors regroupés à l’Ambassade de France et attendent un départ qui tarde à venir :  

 

Un GMC débâché arriva devant le portail. Debout, accrochés aux ridelles, des révolutionnaires levaient les bras et poussaient des acclamations de supporters excités par la victoire de leur équipe. Je n’eus pas besoin de les regarder par deux fois pour aviser la barbe de Jérôme Steinbach, avec tout de même un mouvement de surprise, car il était accoutré à la khmer rouge ! Parmi les jeunes révolutionnaires qui étaient autour de lui, je reconnus sous le même déguisement Jocelyne, son épouse, qui m’avait si aimablement ouvert la porte de chez eux, puis Jean-Pierre et Danièle Martinie. Comme c’était prévisible, les maquisards avaient tenu au plus vite à se débarrasser des communistes français, parce qu’ils n’avaient rien à partager avec eux.

Un des gardes assis à côté du chauffeur descendit du camion et me remit leurs passeports. Les quatre professeurs de la faculté de lettres sautèrent sur l’asphalte en faisant claquer leurs sandales Hô Chi Minh, après avoir donné maintes accolades démonstratives à leurs camarades d’escorte, lesquels, un peu gênés, répondaient en riant à ces gestes débordant d’exubérance.

Cet affichage, par des intellectuels parisiens, de fraternité avec de pauvres Khmers rouges me semblait ridicule et déplacé. Que comprenaient-ils de leurs mobiles et de leur langue, de leur histoire et de leur révolution ? Quasiment rien, comme l’attestera le petit livre bien écrit que commettra le couple Steinbach, dès son retour en France, aux éditions du Parti communiste . Leur naïveté dangereuse, fondée sur une vision de l’esprit, devant des évènements qui allaient marquer l’Histoire en rouge et en noir, ne pouvait que me faire frémir, car elle participait de la responsabilité lourde de l’Occident, qui avait plaqué sans nuances ses modèles et ses idées sur un monde totalement étranger à sa culture, et qui n’avait pas su en prévoir, en arrêter, ni en reconnaître les effets pervers. Quel que soit le dosage de sympathie et de haine que j’aie pu éprouver pour certains de ces coupables rêveurs, animés d’un sincère  sentiment de fraternité, ils ne m’inspirent plus aujourd’hui — maintenant que le point culminant de l’irrémédiable a été atteint et qu’ils se taisent —  qu’une amère compassion, une infinie tristesse…

Les cris de joie poussés du camion avaient attiré l’attention de quelques curieux, qui observèrent la scène de loin, dans la cour, d’abord sans comprendre, ensuite sans mot dire. Le gendarme ouvrit le portail , et, cachant leur dépit, les nouveaux arrivés entrèrent, non sans s’être retournés plusieurs fois pour encore saluer et applaudir leurs frères de lutte contre l’état de classes …

Casquetté à la chinoise, le krama autour du cou et le pyjama noir trop neuf qui bouffait aux genoux et découvrait ses chevilles, Martinie s’avança courageusement le premier. Son œil était cynique, sa mine réjouie était effrontée ; il s’efforçait de cacher le malaise que lui faisait ressentir ce recours forcé à la protection des autorités françaises. Les réfugiés qui s’étaient rassemblés derrière nous se sentirent humiliés par l’impudence du jeune prof à se présenter dans l’uniforme des révolutionnaires, comme pour les narguer. L’un d’eux, André Dessain, qui avait du sang dans les veines, ne put contenir son indignation. Arrivé en Indochine avec le corps expéditionnaire et démobilisé sur place, il avait eu le temps de mesurer, jour après jour, depuis trente ans, l’ampleur du désordre et des abominations que le communisme avait fait apparaître dans la Péninsule. Le type était costaud, râblé ; sa barbe de plusieurs jours mangeait son visage sous un fin collier qui dessinait ses os maxillaires. Il bondit à sa rencontre.

— T’as pas honte ? cria-t-il à Martinie, en se dressant sur ses courtes jambes.

Et il lui campa une claque retentissante.

L’intellectuel travesti en resta stupide, et il leva l’avant-bras pour en parer une autre qui ne vint pas. Les yeux de Dessain jetaient des flammes. Il lui arracha le havresac kaki de l’armée américaine qu’il portait à l’épaule et l’obligea à se changer. Les autres, qui arrivaient par derrière, ôtèrent d’eux-mêmes leur casquette et leur krama …

 Alors là, je dis bravo et je regrette même l’absence de la deuxième claque. Ainsi donc, ils sont rentrés en France – à contre-cœur- semble-t-il. C’est bien dommage que les Khmers n’aient pas voulu les garder. Ils auraient ainsi pu mettre en pratique leur belle idéologie en creusant des fossés sous un soleil de plomb et en crevant de faim … Une expérience qui aurait pu au moins les aguerrir, ces révolutionnaires de salons parisiens, fonctionnaires nantis dans une ancienne colonie et qui crachaient sur le bon pain dont ils étaient bénéficiaires !

Je me demande ce qu’ils sont devenus … 

dimanche, 25 novembre 2012

271. La démystification

crepusucule1.jpgC'est tout à fait par hasard que je suis tombée sur un article portant sur le livre de Michel Onfray, "Le crépuscule d'une idôle", livre dans lequel il décortique méticuleusement la vie du père de la psychanalyse, à savoir Sigmund Freud, en dévoilant toutes les incohérences du personnage. 

Voilà de quoi me réjouir et attiser ma curiosité ! Je me suis donc précipitée à la médiathèque pour retirer l'ouvrage et depuis quelques jours, je dois bien avouer que la lecture de cet ouvrage de près de 600 pages occupe une grande partie de mon temps, car entre-temps, je fais des bifurcations sur d'autres psychanalistes tels Lacan, Jung, Adler, etc.

Vous ne serez sans doute pas surpris d'apprendre que la polémique fut grande à la sortie de l'ouvrage en 2010. Comment ose-t-on déboulonner la statue freudienne de son piédestal ? 

Mensonges, mensonges, rétorquent les opposants d'Onfray. La psychanalyse est bien une science et elle guérit ! 

Oui, comme il y a aussi des guérisons à la grotte de Lourdes, mais cela ne prouve en rien l'existence de Dieu.

Bref, il faut bien reconnaître que le portrait de Freud fait par Onfray dévoile un personnage bien ambigu :

Mysogine, phallocrate, affabulateur, antisémite, homophobe, j'en passe et des meilleurs !

Quid alors du complexe d'Œdipe ? Une pure invention de l'esprit ? Sans doute pas, mais ce qu'Onfray reproche à Freud c'est surtout d'avoir voulu généraliser ses concepts à tous les humains. Qu'il ait voulu tuer son père pour coucher avec sa mère, c'est son problème, pas forcément celui des autres, n'est-ce pas ? Et qu'on ne vienne pas me dire que si je ne suis pas dans le même cas( avoir voulu tuer ma mère pour coucher avec mon père)  c'est parce que je refoule cette pensée dans mon inconscient !

Il y a quelques années, je suis allée consulter un psychiatre, parce que, suite au décès de mon mari, je me sentais mal dans ma peau, je n'envisageais pas d'avenir. J'ai donc commencé, non pas une psychanalyse -où l'on se couche sur un divan et où l'on déballe sa poubelle interne pendant que le psychanaliste "écoute" parait-il , car des fois il s'endort !-- mais un long monologue face à un type qui avait la mine d'un chien battu, qui ne disait pas un mot et à sa seule vue je déprimais encore plus. Au final, au bout de trois séances, je n'avais plus rien à dire et comme il ne parlait pas, j'ai laissé tomber.

Je ne devais pas être aussi déprimée que ça puisque depuis ça va très bien. Je me suis "psychanalysée" moi-même, face à mon miroir, sans indulgence. J'ai rouvert le grand livre de l'enfance, j'ai analysé les différentes époques de ma vie en essayant de comprendre le pourquoi de mes choix et de mes actions. Je n'ai pas été tendre avec moi-même ni avec mes proches -tous décédés - mais aujourd'hui, je peux me regarder en face en connaissant mes faiblesses.

Si le sujet vous intéresse, voici trois vidéos à regarder :

 

 

13:10 Publié dans Livres | Lien permanent | Commentaires (2)

samedi, 03 novembre 2012

252. Un livre, un film, un réalisateur

Je viens de terminer la lecture du livre de Marguerite Duras, Un barrage contre le Pacifique. Ce livre contient beaucoup d’éléments autobiographiques, l’histoire se déroulant dans l’ancienne Cochinchine au début des années trente. Un récit passionnant pour se faire une idée de la vie que menaient à l’époque les Asiatiques et les colons Blancs.

Voulant en savoir un peu plus, j’ai fait des recherches afin de localiser le lieu où se situe l’action : c’est au Cambodge, entre Ream et Kampot.

En continuant mes recherches, je me suis aperçue que deux films ont été tirés de ce roman :

clement.jpgLe premier fut réalisé en 1957 par René Clément. Un film qui me semble très américanisé. Vous en trouverez quelques extraits ICI.

Le second film date de 2009 et a été réalisé par Rithy Panh. Ce réalisateur d’origine cambodgienne a tourné à l’endroit même où se situait la concession de la mère de Marguerite Duras. Ce lieu porte toujours l’appellation de « la rizière de la dame blanche ». Il y a même encore des habitants qui se souviennent de la famille Donnadieu. Comble de l’ironie, depuis 2008, des polders ont été construits dans cette zone inondable et la région produit à l’heure actuelle deux fois plus de riz que dans les autres régions.

Je n’ai pas eu l’occasion de voir ce film dans son intégralité. Mais les quelques extraits visionnés m’ont enchantée.

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On retrouve les personnages avec leurs forces et leurs faiblesses, la beauté sauvage de la nature.

On ne peut évoquer le Cambodge sans parler du génocide. Avant de partir pour ce pays, il me paraît donc nécessaire de m’informer afin d’essayer de comprendre comment un tel massacre a pu avoir lieu. J’avoue que j’ai toutes les peines du monde à comprendre comment font les Cambodgiens (bourreaux et victimes) pour réussir à revivre ensemble.elimination.jpg

Pour se faire, je viens de commander le livre de Rithy Panh, L’élimination, parue début 2012 aux Éditions Grasset.

 













Complément d’informations :

S21- La machine de mort khmère rouge documentaire, 2004

Duch, le maître des forges de l’enfer.   

mercredi, 10 octobre 2012

231. L'exposition continue

jusqu'au 12 octobre et à partir de 18h30, vous pouvez repartir avec une toile de Nico qu'il vous prête pour un temps défini avec lui et noté sur son livre d'or. De passage dans le quartier cet après-midi avec ma groupie , j'ai donc choisi un tableau, à savoir "Le taureau de Palavas ne craint pas la glace". Pas de photo disponible -j'avais oublié de prendre l'appareil-.

Ensuite, passage à la boîte à livres pour acheter le livre de Yann Layma, J'ai dû chevaucher la tempête.livrelayma.jpg

Yann Layma, qui est un ami de longue date de Nico, est surtout célèbre pour ses superbes photos sur la Chine. Cette fois-ci, le sujet est tout autre : l'auteur nous dévoile sa maladie, le bipolarisme. 

Tout commence par :

" Cette fois-ci, c'est sûr, je vais mourir. Allongé dans ma baignoire, les pieds attachés avec ma ceinture, agrippé à mon sèche-cheveux. J'en ai pourtant connu des dépressions. Des flambées d'exaltation ,aussi. Depuis l'adolescence, m'envoler vers des sommets d'euphorie pour mieux m'écraser au fond de gouffres de léthargie, ça a été le tempo de ma vie de maniaco-dépressif, ou de malade "bipolaire", comme on nous désigne désormais."

Et se finit ainsi :

"Et l'amour a été le plus fort. Nous vivons une entente parfaite, il n'y a jamais eu de reproches, d'inquiétude, la moindre ombre de différend entre nous. En fait, nous rions tout le temps. Nous revenons d'un magnifique voyage en amoureux au Cambodge et, à l'heure où nous bouclons ce livre, nous projetons de nous marier et essayons déjà de faire un enfant. Un enfant que je saurai accompagner au gré des tempêtes et auquel je voudrai dire comme la vie est belle."

Yann Layma, septembre 2012. 

Il s'est installé à Pékin et se marie en novembre prochain. Je charge donc Nico, qui va très certainement se rendre en Chine à l'occasion, de lui présenter tous mes vœux de bonheur. Puisse-t-il enfin connaître un apaisement bien mérité.