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mardi, 15 juin 2010

221. De Moscou à Pékin-10-

Jeudi 27 mai : de Moscou à Iekaterinbourg

 
podcast

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Étapes :

Vladimir, 191km - Nijni Novgorod, 441km - Kotelnich, 869km - Viatka, 986km - Balyezino, 1192km -Perm, 1434km - Iekaterinbourg, 1814km.

 Durant la nuit le train s'est arrêté à Vladimir, Nijni Novgorod (l'ancienne ville de Gorki)  et Kotelnich. Je me réveille vers 6 heures du matin et vais tout de suite faire un brin de toilette. C'est très rudimentaire, mais bon, à la guerre comme à la guerre !  Le petit déjeuner est servi au wagon-restaurant à partir de 7 heures du matin (6 euros).

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Les repas sont à nos frais. Notre accompagnateur, Youri, passe tous les matins dans chaque compartiment pour recenser le nombre de repas à commander pour la journée. Durant ces cinq jours de train, nous avons été quelques uns à sauter le déjeuner, le remplaçant par des achats de nourriture locale sur les quais de gares.

Il fallait aussi régler le problème de l'heure car plusieurs  fuseaux horaires séparent Moscou d'Oulan-Bator. Il fut convenu que nous resterions à l'heure de Moscou jusqu'à notre arrivée dans la capitale mongole. Peu à peu la vie s'installe à bord, chacun prend ses marques. On fait des pauses café ou thé grâce à l'eau chaude fourni par le samovar.

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Les compartiments sont gérés par deux « provodnista », responsables du nettoyage et du maintien de l'ordre dans les wagons.  A chaque arrêt, elles ferment les compartiments à clé, font descendre les marches du wagon pour accéder au quai (ce n'est pas automatique), puis descendent sur le quai. Elles font signe lorsque le train est sur le point de repartir. Il faut donc toujours les avoir à l'œil au risque de rester sur le quai !

Elles ferment et rouvrent la porte des toilettes un quart d'heure avant chaque arrêt. Et gare à vous si vous n'avez pas prévu. Elles sont intraitables. Le personnel du train était mongol. Et les deux petites que nous avions jusqu'à Oulan-Bator étaient charmantes. Ce fut différent par la suite lorsque nous avons changé de train. Mais j'y reviendrai ...

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Premières photos de la campagne russe, avec les isbas, puis le premier arrêt en gare de Viatka(l'ancienne ville de Kirov). Les marchands mongols se précipitent alors sur le quai pour vendre toutes sortes de choses aux Russes. Les quais deviennent alors de grands marchés à ciel ouvert où les Russes viennent s'approvisionner en ... eh bien en un peu de tout ! Des vêtements principalement, des choses affreuses mais qui ont l'air de plaire aux autochtones, mais aussi toutes sortes de produits. Ca peut aller des conserves à la crème épilatoire, en passant par des ampoules basse tension ou encore des bigoudis. Un grand bazar en somme ! Ils doivent faire vite car les arrêts dépassent rarement vingt minutes. C'est pourquoi certaines marchandes mongoles ont trouvé le système : elles vendent depuis la fenêtre de leur compartiment !

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Finalement rien n'a beaucoup changé depuis l'époque où Loti nous décrivait les caravanes de chameaux que les Mongols conduisaient dans toute l'Asie pour vendre leurs produits. Le train est la caravane des temps modernes. Ils prennent un visa entre la Russie et la Mongolie et pendant trois mois (date de validité du visa) ils font du commerce. Quand le visa arrive à son terme, ils reprennent un autre visa et ainsi de suite.  Ils vivent donc dans le train avec femme et enfants. Dans certains compartiments les Mongols ont même recréé un semblant de maison : on y voit des plantes en pot, ils ont tout ce qu'il leur faut pour faire la cuisine et, quand on passe devant leur compartiment, on sent parfois de bonnes odeurs venir nous chatouiller le nez. Leurs enfants jouent dans le couloir.

Mais ce n'est pas pour autant que le dialogue s'engage : d'abord il y a le problème de la langue et puis nous sommes un peu des intrus, des empêcheurs de tourner en rond, bref on vient les gêner dans leur façon de vivre et ils ne doivent pas très bien comprendre quel plaisir on peut avoir à voyager ainsi dans des conditions un peu spartiates.

Je pense que si nous n'avions pas eu ce problème de vol dés le début du voyage, nos relations auraient été tout autres. Mais nous avons fini par les éviter au maximum. Les seuls contacts que nous eûmes avec eux  se passaient juste quand nous nous rendions au wagon-restaurant. Il nous fallait en effet traverser le train de bout en bout pour y accéder. La devise devint bientôt : Restez « groupir »  et n'oubliez pas vos papiers bien cachés sous les vêtements !

Ainsi va la vie ...

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Le train file à allure moyenne,à vrai dire, je ne sais pas à quelle vitesse il roule mais en tout cas, ce n'est pas le TGV. A travers les vitres sales il n'est facile de prendre des photos et les fenêtres ne s'ouvrent pas beaucoup.  Vous comprendrez pourquoi certaines photos ont des taches.

Nous avons traversé la Volga dans la nuit, à Nijni Novgorod. Durant l'époque soviétique la ville fut rebaptisée Gorki car  l'écrivain y naquit en 1868. Depuis la ville a repris son ancien nom. C'est également à Gorki que l'écrivain Andreï Sakharov et son épouse Eléna Bonner furent exilés. L'appartement qu'ils occupaient est devenu un musée aujourd'hui.

A l'arrêt en gare de Perm, une petite pensée à Boris Pasternak, l'auteur du Docteur Jivago. C'est en effet dans cette ville qu'il vivait et qu'il  écrivit son roman devenu un film incontournable. La ville de Perm servit également de toile de fond à la pièce de Tchékhov, Les trois sœurs.

Il est environ 23h quand le train s'arrête en gare d'Iekaterinbourg, au nom tristement célèbre puisque c'est dans ce lieu que le tsar Nicolas II, sa femme et ses enfants furent assassinés en juillet 1918. La ville prit alors le nom de Sverdlovsk. Et puis, les temps changent, la ville est redevenue Iekaterinbourg. Mais dans le train tout le monde dort ...

Première étape du Transsibérien :

A suivre

lundi, 14 juin 2010

220. Moscou insolite-3-

 
podcast

Ne quittons pas Moscou sans écouter Kalinka et sans parler du monument de Pierre le Grand et de la rue Arbat.

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Le monument de Pierre le Grand est posé sur un ponton au milieu de la Moskowa.

Ce fut le projet de Tsereteli, un proche du maire de Moscou, qui fut retenu en 1996. Très vite les critiques fusèrent dans les médias. On reprocha d''ériger un monument à un tsar qui, de surcroît, n'aimait pas Moscou. Puis on critiqua la hauteur (plus de 60m) et l'emplacement choisi.

Pourtant le 20 octobre 1996 la statue fut érigée sur le fleuve.

Le 7 juillet 1997 la presse annonça qu'un commando avait miné le monument mais que l'explosion n'avait pu avoir lieu en raison du monde qui flânait sur les quais.

La cérémonie officielle d'inauguration eut lieu le 5 septembre 1997 en présence de Loujkov, le maire de Moscou et en l'absence remarquée de Boris Eltsine.

Quant à l'architecte du monument, Tsereteli,  il vit sa notoriété décupler. La société « Espace-Terre » alla même jusqu'à donner son nom à une étoile de la Grande Ourse !

 

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La rue Arbat est une rue piétonne très célèbre à Moscou. Son histoire est très intéressante, vous pouvez la retrouver ICI.

 L'écrivain russe, Anatoli Rybakov, dépeint l'atmosphère qui régnait dans cette rue dans les années 30-40, durant les purges staliniennes, dans le premier tome d'une trilogie, Les enfants de l'Arbat.

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Dans la rue Arbat on peut également découvrir cette statue : elle représente le poète et chanteur Boulat Okoudjava (1924-1997) qui interpréta entre autres une chanson sur la rue Arbat :

Oh, Arbat, mon Arbat, vous êtes mon destin, vous êtes mon bonheur et mon chagrin.

Vous trouverez la vidéo en bas de la note.

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 Voici le programme proposé à l'affiche du théâtre Vakhtangov : il s'agit d'Oncle Vania, pièce écrite par Anton Tchekhov en 1897.

 

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Juste à côté du théâtre se dresse la statue tout dorée de la princesse Turandot.

 

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La monnaie utilisée est le rouble. Le taux est très fluctuant. J'ai changé de l'argent à l'hôtel et j'ai eu 34 roubles pour un euro. D'autres personnes ayant changé en ville ont obtenu 38 roubles pour un euro, mais, parmi les billets qu'ils reçurent, certains étaient faux !

Quelques indications de prix :

1 kilo de pommes : environ 60 roubles.

1 petite bouteille d'eau minérale : entre 20 et 25 roubles.

1 petit pirochki au chou : 25 roubles.

Le salaire moyen en Russie est (chiffres de 2008 à St Pétersbourg) :

300 euros pour une vendeuse

375 euros pour un médecin hospitalier

450 euros pour une institutrice

650 euros pour une coiffeuse

875 euros pour un machiniste dans le métro.

 Voilà, il ne nous reste plus qu'à quitter Moscou. Ce trop bref séjour m'aura laissée sur ma faim et je compte bien y revenir !

A suivre

17:59 Publié dans Voyages | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : voyage, moscou, russie, rue arbat

219. De Moscou à Pékin-9-

Moscou, gare Iaroslav, mercredi 26 mai, suite et fin de la journée.

podcast 

21h25 : dans la précipitation les premiers du groupe commencent à grimper dans le wagon n°4.

- Dépêchez-vous ! nous crie Youri sur le quai.

Mickaël grimpe alors et saisit les valises une à une. Les premiers embarqués et qui sont déjà à moitié du wagon reviennent sur leur pas et s'écrient affolés :

- Tous les compartiments sont occupés par des Mongols !

À ce moment une énorme bousculade se produit au milieu du wagon. Quelques Mongols veulent ressortir du train sous prétexte que l'un d'entre eux est malade. On se pousse, on se serre pour leur laisser la place.

21h28 : tout le monde est monté dans le train. Je me suis mise dans un coin avec ma valise et j'attends que le calme revienne. Après tout le principal est d'être monté. On a ensuite tout le temps pour s'installer -cinq jours !-.

21h29 : les Mongols remontent dans le train, d'autres qui étaient sur le quai s'éloignent vers la sortie. Les portes claquent, le train s'ébranle. Adieu Moscou ...

Tout à coup un cri retentit :

- Je n'ai plus mes papiers !

C'est Denise qui vient de pousser ce cri de détresse. Aussitôt nous nous informons :

- Es-tu sûre de ne pas les avoir oubliés dans le car ?

Deuxième cri à l'autre bout du wagon :

- Mon sac à dos a été ouvert !

Le train quitte doucement la capitale. On n'a pas le temps d'observer le paysage. Un troisième constate également que la fermeture de son sac à dos a été trifouillée. Par chance, ils n'avaient rien mis dans cette poche du sac.

Denis et Gaby ont rejoint leur compartiment, ils sont totalement effondrés. Dans sa pochette Denise avait son passeport, la carte Bleue et de l'argent liquide.

Rapidement on fait le rapprochement avec la bousculade qui fut volontairement provoquée au départ du train.

Youri réfléchit, la situation est sérieuse, inédite. Comment gérer le problème ? Il disparaît alors bientôt pendant un bon bout de temps.

Le train file maintenant à une allure moyenne dans la campagne moscovite.

Youri revient.

- Qu'est-ce qu'on fait, Youri ? lui demande alors Gaby d'une voix à peine audible. Youri s'asseoit dans leur compartiment. J'ai assisté à la scène, c'est pourquoi je peux en parler :

- Je ne vois malheureusement qu'une seule solution. Vous allez descendre au prochain arrêt, je vais prévenir le chef de gare qui vous fera prendre le prochain train pour Moscou et de là, vous devrez retourner en France.

Gaby se tient la tête entre les mains, Denise est sur le point de pleurer.

Je vais informer les autres de la situation. On commence à rechercher l'adresse de l'ambassade De France à Moscou pour avoir le téléphone. Une quête est aussitôt organisée pour leur donner de l'argent liquide.

- Comment ça, les faire descendre du train ? s'exclame alors Monique, outrée. Pauvres gens, ils ne parlent pas un mot de russe. On ne peut tout de même pas les larguer comme ça, en pleine nuit et en pleine nature !

Elle sort alors de son compartiment, très digne dans sa chemise de nuit en flanelle qui lui tombe aux pieds et enveloppée dans un peignoir de soie et, s'adressant à Youri :

- Qu'est-ce j'apprends ? Vous voulez abandonner ces pauvres gens au milieu de nulle part, sans argent, sans papier ? Il est hors de question que cela se produise. Sinon, ce sera TOUT LE GROUPE QUI DESCENDRA DU TRAIN ! 23 touristes paumés dans une gare, ça va faire du bruit !

Sacrée Monique. En une fraction de secondes il s'est produit un phénomène d'osmose entre tous les membres du groupe, TOUS POUR UN et UN POUR TOUS. Un moment que je ne suis pas prête d'oublier.

Youri redisparait... Quelque temps plus tard il revient :

- Le passeport a été retrouvé. Il faut maintenant le marchander avec les Mongols. Par contre impossible de récupérer la carte Bleue et l'argent.

De leur côté Gaby et Denise tentent vainement d'appeler par téléphone l'assistance pour faire opposition à la carte bleue. Ils laissent alors un message sur le répondeur de leur fille.

Il fera jour demain, le principal est d'avoir pu récupérer le passeport.

Chacun et chacune regagne alors son compartiment.

Pendant ce temps, le train arrive en gare de Vladimir. Le quai est sombre mais il s'y passe des choses bizarres. On voit des chariots circuler, des gens s'affairer sans bruit dans l'obscurité.

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Peu après j'ouvre la porte du compartiment pour aller aux toilettes et là, surprise, la porte est bloquée par d'énormes  ballots qui monte jusqu'à mi-hauteur... Et tout le couloir en est envahi, jusqu'aux deux portes à l'extrémité du wagon qui sont remplis de paquets jusqu'au plafond ! C'est à peine si l'on peut se frayer un chemin... C'est vraiment trop drôle à voir  et après toutes les émotions et la fatigue endurées au cours de cette journée, nous ne pouvons nous empêcher d'avoir un fou-rire qui se propage à tout le wagon.

Ça commence bien  ce voyage dans le Transsibérien !

 Quelques photos supplémentaires de Moscou :

À suivre

 

dimanche, 13 juin 2010

218. Enfants de Chine et de Mongolie

Finalement j'ai fait très peu de photos d'enfants durant ce voyage, une quarantaine seulement. Il est  vrai que les occasions ont été plutôt rares. Si l'on veut obtenir de bons clichés, il faut savoir patienter, et là, on n'avait pas le temps de flâner. 

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J'aime particulièrement cette photo prise sur la grande place à Oulan-Bator  où l'on voit un petit mendiant qui s'approche d'une "petite princesse". Les enfants abandonnés sont assez nombreux dans la capitale mongole. On les repère vite.

 

20:32 Publié dans Voyages | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : voyage, enfants, chine, mongolie

217. De Moscou à Pékin-8-

Moscou, mercredi 26 mai, deuxième partie.

 
podcast

Sous la pluie, Tatiana nous emmène voir un grand marché aux puces de Moscou, une sorte de grand foutoir où s'amoncellent toutes sortes d'objets pour touristes dans un décor  faisant penser à Disney Land. Cet endroit s'appelle « Vernissage » et se situe à Izmailovo. Mais comme il pleuvait, les marchands, peu nombreux, étaient en train de remballer leur marchandise.  Je papote avec deux Congolais de Brazzaville qui -on ne sait par quel hasard- sont venus vivre à Moscou pour y vendre leurs grigris !

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De retour dans le car, Tatiana nous propose alors de revenir dans le centre-ville et d'aller dans la rue Arbat pour effectuer les derniers achats : Vodka ? Caviar ? ...

Il pleut toujours, Monique décide de rester au chaud à nous attendre dans le car. Gentiment elle me prête son K-Way et le temps que je l'enfile et que je descende, tout le monde avait disparu ! Je peste un peu car la guide aurait pu au moins vérifier que nous la suivions. Je prends quelques photos d'un des 7 gratte-ciel de Moscou, pur style stalinien.Chine 158a.jpg

De son côté, Marthe avait filé à toute allure dans le magasin de souvenirs où la veille elle avait acheté des bijoux en ambre, pour une somme assez rondelette, et diverses autres babioles, le tout mis dans un joli sac plastique représentant une matriochka, mais, une fois dans le car, elle avait constaté que la petite boîte contenant les bijoux manquait à l'appel. Elle espérait que la vendeuse s'était aperçue de l'oubli, mais NIET ! Pour la dédommager, le magasin lui a offert un petit bijou. Cette disparition restera toujours un véritable mystère...

J'aperçois bientôt devant Janine qui flâne tranquillement. Elle ne sait pas où est passé le reste du groupe et dans le coup, nous entrons dans un café pour boire une boisson chaude. On voit bientôt les autres revenir en direction du car. Bon, je n'ai pas acheté de vodka, tant pis. Je trouverai bien un autre endroit plus tard, lors des arrêts dans les gares.

Et nous reprenons le car, de nouveau balade dans les rues. Nous filons maintenant en direction du restaurant. Mais entre-temps, la circulation s'est CONSIDERABLEMENT accrûe et le car n'avance plus. Tatiana nous propose alors de faire le reste du chemin à pied.

Un dîner plus que médiocre avec du saumon à l'odeur douteuse. Je ne mange que l'accompagnement (du riz).

Il est maintenant 19h. Galina est de retour et c'est le départ pour la gare de Iaroslav, gare d'où part le Transsibérien. L'heure de départ est fixée à 21h30.

Durant le dîner, le chauffeur du car a réussi à se sortir des embouteillages et nous attend juste à la sortie du restaurant. Tout le monde s'engouffre à l'intérieur du car ...

19h30 : le car n'a toujours pas réussi à sortir de son stationnement. Dans le car, on plaisante :

- Manquerait plus qu'on loupe le train ! s'exclame un membre du groupe en rigolant.

20h : ça y est, on est dans la file de droite et on a parcouru dix mètres.

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Quelques personnes s'informent :

- On est loin de la gare ?

- Oui, à environ trois kilomètres, répond Galina. Puis elle rajoute :

- On va peut-être descendre ici et faire le reste du chemin à pied !

Brouhaha dans le car, la tension commence à monter.  Galina profite de cet instant pour nous communiquer la répartition dans le train. Je serai avec Janine, Noël et Youri.

20h15 : le visage de Galina est décomposé, elle est au téléphone avec Youri, l'accompagnateur qui nous attend sur le quai de la gare de Iaroslav. Pour l'instant elle n'a pas encore pris de décision sur la marche à suivre.

20h30 : plus personne ne rigole, tous les yeux sont rivés sur l'avant du car et le spectacle n'a rien de réjouissant : trois files de voitures à l'arrêt, deux feux rouges où une seule voiture réussit à passer à chaque feu.

20h45 : soudain Galina se lève, saisit le micro et s'exclame :

- Tout le monde descend du car ! Vous récupérez les valises et VOUS COUREZ, VOUS COUREZ, VITE, VITE !

C'est la panique totale. Le chauffeur ouvre les soutes du car du seul côté accessible, les hommes s'engouffrent à l'intérieur pour y retirer tous les bagages, chacun récupère son bien. Mickaël prend la valise de Monique, Noël prend des photos. Galina est déjà rendue 10 mètres à l'avant. On fonce dans le brouillard. On traverse les rues sans même regarder les feux, ça klaxonne de partout. Deux cents mètres plus loin, on tourne sur la droite et toujours au pas de charge on s'engouffre alors dans une station de métro ! C'est l'heure de pointe ! Galina a déjà pris les billets et nous fait passer le contrôle. Dans l'affolement certains coincent la valise. On pousse, on pousse ... Descente de l'escalator. Une rame arrive, Galina nous fait signe de la main en levant le pouce ce qui signifie que nous devons descendre à la prochaine station.

- Poussez, poussez les gens, il faut que vous soyez tous dans la même rame ! Allez, VITE, VITE !

21h10 : on a l'impression que le trajet ne finira jamais ; les visages sont tendus, les cœurs de chacun battent à leur maximum. Monique sent que la crise d'asthme est proche, mais pas le temps de sortir la ventoline...

21h15 : il nous faut maintenant gravir un escalier avec les valises. La frousse fait que nos forces semblent décupler (heureusement d'ailleurs).  Nous voici au-dehors, la gare est juste devant nous. Mais pas le temps de l'admirer... En courant, nous suivons Galina sur le quai où nous attend Youri. Il est 21h25.

 

J'ai trouvé une vidéo sur Internet qui vous montrera l'ambiance du « Vernissage ».

À suivre