Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

jeudi, 28 juillet 2011

155. Bilan d'une décennie -10-

 


podcast

Mardi 2 avril 2002 : Jean Paul m’emmène à la découverte de San Francisco. Pour nous y rendre, nous empruntons le Bart, l’équivalent d’un métro aérien. Il passe sous la mer juste avant d’entrer dans la ville.

Une petite heure plus tard, nous sommes au cœur du centre ville. De grands immeubles, certes, mais on ne se sent pas écrasé comme à New York.

usa3.jpg

Nous allons flâner du côté des quais, là où les phoques se prélassent tout au long de l’année.

usa4.jpg

Puis descente à pied de la Lombard Street et balade dans les quartiers italien et chinois. Je mets peu de photos car elles ont été prises avec mon argentique et je suis donc obligée de les scanner. Le résultat est très décevant.

usa5.jpg

 

usa7.jpg

 

usa6.jpg

 

usa8.jpg

Mercredi 3 avril 2002 : Jean Paul va chercher la voiture de location et c’est le départ pour l’ouest. Au passage, nous récupérons Clarisse à l’école où elle donne des cours de conversation française.

Je suis étonnée de ne pas voir de grosses voitures. Par contre, c’est impressionnant le nombre de pneus éclatés qui restent sur les bas-côtés des autoroutes.

Le soir, nous dînons et dormons à Ventura.

Jeudi 4 avril 2002 : nous quittons Ventura vers 8h30 et reprenons l’autoroute en direction de Los Angelès. En fin de matinée, nous nous arrêtons à Hollywood, balade sur Hollywood Boulevard.

Hollywood2.jpg

Hollywood3.jpg

etoile1.jpg

etoile8a.jpg

Nous voulions aller à Beverly Hills, mais il y a des travaux sur la route et finalement nous laissons tomber.

Après Hollywood, nous traversons Los Angelès en direction de San Bernardino, puis nous empruntons la route 15 vers Las Vegas.

Le paysage est très monotone, assez désertique. Clarisse et moi sommes installées à l’arrière de la voiture. Jean Paul fera le chauffeur durant tout le circuit.

C’est fou comme les Américains roulent lentement, j’ai l’impression qu’on se traîne. Cela fait plus d’une heure qu’on roule derrière un camion, on ne doit guère dépasser les 80km/h.

— Pourquoi roules-tu aussi lentement ?

— La vitesse est limitée et puis … il ne me reste plus beaucoup d’essence !

— Pourquoi tu n’as pas fait le plein lors de notre dernière pause ?

— Elle était trop chère !

Bon, nous voilà bien. Et aucune station en vue. La nuit commence à tomber, la circulation est quasi nulle. Au loin, dans le ciel, on aperçoit bientôt des éclairs :

— Tiens, il y a de l’orage ?

— Non, ce sont les lumières de Las Vegas que tu vois. Nous en sommes encore à cinquante kilomètres.

Peu avant l’arrivée, la route grimpe. Le voyant d’essence s’allume.  Un silence pesant règne dans la voiture. Pourvu que nous ne tombions pas en panne sèche !

Ouf, voici enfin une station. Jean Paul file :

— Bah, pourquoi tu ne t’arrêtes pas ?

— En face, elle est moins chère !

Sans doute, mais au carrefour où il effectue un demi-tour, il loupe l’entrée de la station et nous voici repartis vers la montagne. Et pas de voie de dégagement sur plusieurs kilomètres. L’angoisse monte encore d’un cran et les engueulades pointent le bout de leur nez.

Finalement nous trouvons un endroit pour rebrousser chemin et là, arrêt à la première station sans s’occuper du prix.

Le plein d’essence étant fait, nous pénétrons donc dans la ville. Il est environ 23h.

Ça clignote de partout. Nous remontons lentement le Strip, long d’environ 6km.

Le fils de Jean Paul nous a réservé deux chambres au Hilton. L’hôtel ayant plus de 3000 chambres, il faut bien les remplir. C’est pourquoi on peut obtenir des prix très avantageux.

hilton.jpg

Après une attente interminable à la réception où une foule compacte et bigarrée se presse (Américains débraillés et suants),   nous obtenons ENFIN les clés. Je suis au 26e étage et mes amis au 27e.

Nous nous fixons donc rendez-vous à la sortie de l’ascenseur une heure plus tard. Oui, mais nous n’avions pas songé que cet établissement dispose de plusieurs ascenseurs et pendant que j’attendais à un endroit, ils étaient à un autre endroit. Ce petit jeu de cache-cache a duré facilement une heure. Et pas moyen de les joindre car ils n’avaient pas de portable à l’époque !

Nous finissons quand même par nous croiser et nous allons ENFIN dîner, car les émotions ça creuse ! Ensuite balade sur le Strip, parmi le vacarme. Nous entrons dans un casino. Je suis quand même frappée par le laisser-aller des Américains et je suis très étonnée de constater que dans ces lieux on peut fumer comme on veut et même écraser la cigarette sur la moquette !

lasvegas3.jpg

Enfin bref, j’ai  très vite mal au crâne et c’est avec plaisir que je me retrouve dans la chambre. Il est environ 4h du matin. Avant de me coucher, je jette un œil  par l’immense baie vitrée, Et là,  je songe soudain au film « La tour infernale », avec Steve Mac Queen et en considérant les lieux avec plus d’attention, je remarque que ma chambre ressemble étrangement à celle où un des acteurs, voulant échapper aux flammes, saute par la fenêtre ! Je suis prise alors d'une subite bouffée d’angoisse. Et si le feu se déclarait ? Heureusement la fatigue et la plus forte et je finis par m’endormir.

Au petit matin – enfin plutôt vers onze heures - je me réveille et après avoir plié bagage, je vais faire quelques photos à l’extérieur de l’hôtel. La ville semble totalement déserte. Il est vrai que c’est une ville où l’activité principale se déroule la nuit.

Je quitte cet endroit très kitsch sans regret. Je n’y retournerai probablement jamais, mais au moins j’aurai vu à quoi ça ressemble, ce Las Vegas qui fait rêver d’envie tant de gens. Y a vraiment pas de quoi fouetter un chat, foi de Tinou !

 À suivre

mardi, 26 juillet 2011

153. Bilan d'une décennie -9-


podcast

1er janvier 2002 : depuis ce matin, l’euro remplace le franc.

Il fait froid, la maison est plongée dans une grisaille qui me donne un terrible cafard. Toutes les pièces sont pleines de cartons que je remplis petit à petit. À la soirée Peggy passe me voir  et elle m’apporte les photos du voyage.

Durant tout le mois de janvier, je suis occupée par la préparation du déménagement. L’agent immobilier m’a donné les clés de ma nouvelle demeure et je commence à emporter quelques objets. 

Ce qui me pose le plus de problèmes c’est le grenier. Je n’arrive pas à faire le tri dans tout le foutoir qui y règne ; c’est une véritable caverne d’Ali Baba où durant plus de dix ans j’ai entassé, entassé… Et aujourd’hui, je dois me débarrasser d’une bonne partie de tout ça, faute de place. Je n’y arrive pas et Peggy vient alors me donner un coup de main. Nous faisons un immense feu dans le jardin où nous brûlons paperasses, vieux vêtements, revues diverses etc. Toute ma correspondance de jeunesse est partie ce jour-là en fumée ainsi que bon nombre de vieux cahiers d’école.

 

Mercredi 23 janvier 2002 : c’est le jour du déménagement. Tout se fait rapidement, sans casse et les déménageurs me branchent  les appareils ménagers. Et le soir je dîne dans ma nouvelle cuisine en compagnie de Peggy et de Maria. Cela me fait tout drôle : j’ai quitté une vieille maison assez peu confortable et je me retrouve dans un lieu tout neuf ! Ce n’est pas sans me déplaire.

Et les chats me direz-vous sans doute ? Eh bien les chats se sont sauvés lorsque les déménageurs sont arrivés. Le soir je retourne donc les chercher. Théo est là, dans la cuisine. Avec Maria nous le mettons –non sans mal- dans  un grand sac de voyage. Par contre, Popy est invisible. J’ai beau faire le tour du jardin, l’appeler, aucune trace du chat. Je laisse alors des croquettes et de l’eau dans la cuisine. Je reviendrai le lendemain.

Effectivement, le lendemain, j’ai à peine ouvert la porte que le chat se précipite dans mes jambes. Il a dû trouver le temps long, tout seul dans une maison totalement vide !

Maintenant il ne leur reste plus qu’à s’habituer à leur nouvelle demeure. Cela se fera progressivement. Au début, ils avaient peur quand ils entendaient les voitures passer dans la rue et ils rentraient précipitamment à l’intérieur de la maison.

 

Février et mars 2002 : je suis très occupée par l’aménagement de ma nouvelle demeure. J’ai trouvé quelqu’un qui vient faire les petits travaux (pose des tableaux, installation d’une chatière, tringles pour les rideaux, etc).

De mon côté je bricole dans la chambre qui devient mon bureau. J’installe des étagères dans une des armoires. Je me souviens que j’étais allée acheter les planches à Castorama. Seulement, je n’avais pas pensé qu’elles ne rentraient pas dans ma voiture et pas possible d’ouvrir la capote car il pleuvait. J’avais donc fait appel à Peggy qui était allée me chercher les planches un peu plus tard.

 

Et puis viennent les vacances de Pâques. Le lendemain du décès de mon mari, j’avais reçu la visite de nos amis qui vivent près de San Francisco depuis une bonne vingtaine d’années maintenant et qui étaient de passage à Tours. Ils étaient partis à l’aventure avec leurs deux enfants en 1978. Ils avaient aménagé une vieille Jeep et avaient débarqué au Canada pour finir au Mexique, après la traversée des États-Unis. Un voyage qui avait duré près de trois ans. Ils étaient rentrés en France, puis étaient finalement repartis s’installer définitivement en Amérique avec leur fils.

Lors de leur passage,  ils m’avaient invitée à venir les voir et c’est ainsi que :

31 mars 2002 : je m’envole pour San Francisco. À nous deux l’Amérique ! Tinou débarque avec ses deux valises, son sac à dos et son baladeur autour du cou.

On aurait cru que je partais pour un mois tellement j’étais chargée ! Je me demande d’ailleurs bien pourquoi car finalement les deux-tiers de ce que j’avais emportés ne m’ont servi strictement à rien.

À vrai dire, l’Amérique ne m’a jamais vraiment tentée (sauf peut-être New-York et la Louisiane). Mais l’occasion valait le coup, aussi me voici installée dans un avion d’Air France. Cette fois-ci j’ai demandé à être placée côté couloir de façon à pouvoir bouger plus facilement.

Le vol se déroule sans encombre si ce n’est une descente trop rapide sur San Francisco qui m’occasionne de terribles maux d’oreilles  qui persisteront durant plusieurs jours. Peu de temps avant l’atterrissage, on remplit un formulaire dont les questions m’ont laissée très dubitative :

 

usa2.jpg

Tout en parcourant les interminables  couloirs de l’aéroport, je chantonne C’est une maison bleue, adossée à la colline …

Tiens, à propos de maison bleue (celle de la chanson de Maxime Le Forestier) elle vient d’être repeinte. En effet elle était devenue verte.

Mon amie Clarisse m’attend à l’extérieur de l’aéroport. Jean-Paul arrive peu après avec la voiture et nous prenons la direction de Frémont au sud de San Francisco. C’est là qu’ils demeurent.

Dans la famille il y a donc le grand-père (Jean-Paul), la grand-mère (Clarisse), le père (Paul-Marc), la mère originaire des Philippines (et dont j’ai oublié le prénom), enfin  les trois fils.

Durant ce séjour de dix jours, Jean-Paul et  Clarisse m’emmèneront à la découverte du grand Ouest américain. Voici le circuit ( en bleu) :

usa1.jpg

Je vous donne donc rendez-vous demain pour le départ !

 À suivre 

En supplément : la maison bleue

lundi, 25 juillet 2011

152. Bilan d'une décennie -8-


podcast

Mercredi 26 décembre 2001 : en route pour la grande aventure !

Ce matin nous quittons l’hôtel à 7h30 pour une excursion organisée en 4x4. Nous sommes une quinzaine de personnes venant des différents hôtels du coin. Notre guide, un Français de métropole, s’appelle Wilfried.

Un arrêt chez Dorante, une Martiniquaise qui vend ses légumes au marché de Fort de France le samedi. Son mari élève des coqs pour les combats.

26dec1.jpg

Dégustation du schroeb, liqueur à base d’écorces d’orange. Un vrai délice ! Nous en avons d’ailleurs rapporté dans nos valises.

Nous reprenons la route et voici la cascade du saut du gendarme. Les plus courageux se baignent.

mart10.jpg

Comment ? Ah non, ce n’est pas moi, je ne suis pas assez téméraire…

Pour le déjeuner, nous avons le plaisir de retrouver Malou, la restauratrice chez qui nous avions déjeuné la veille !

L’après-midi nous visitons une bananeraie puis un champ de canne à sucre.

26dec7.jpg

 

Jeudi 27 décembre : nous reprenons la voiture et partons visiter le sud de l’île. Baignade à l’anse des Salines. C’est beau, l’eau est chaude, il y a peu de monde, on est bien. Je me baigne. Cela faisait environ vingt ans que je n’avais pas piqué une tête dans la mer !

27dec1.jpg

Nous déjeunons ensuite dans un petit troquet près de la plage qui sert du poulet boucané.

La vie est belle ! Ce sont des instants éphémères mais qui restent à jamais gravés dans ma mémoire.

L’après-midi nous prenons la direction de la côte-est : Le Vauclin, Le François, Le Robert, Trinité.

 

Vendredi 28 décembre 2001 :

Peggy s’est inscrite pour faire de la plongée sous-marine. De mon côté, je vais visiter le porte-hélicoptères Jeanne d’Arc qui mouille en rade de Fort de France. Je suis accompagnée par deux marins du bord, un Tahitien et un Réunionnais.

jeanne5.jpg

 

Samedi 29 décembre 2001 :

Le matin nous prenons le bateau et nous allons sur le marché de Fort de France. Là nous achetons des épices (cannelle, extrait de vanille etc.).

L’après-midi, nous remontons au nord de l’île à la découverte des plages de sable noir. La route que nous empruntons pour nous rendre à l’anse Couleuvre est très accidentée et je crains que nous nous retrouvions dans le ravin ! Ce n’est pas un endroit où j’irais m’aventurer en pleine nuit car c’est très sauvage.

mart11.jpg

Peggy se baigne et je me contente d’un bain de pieds car les vagues sont trop fortes pour moi !

 

Dimanche 30 décembre 2001 :

C’est notre dernier jour à la Martinique. L’avion est prévu à 16h. Le matin est consacré au bouclage des valises. Je suis obligée d’acheter une deuxième valise car je ne peux pas tout   caser dans la première -pourtant très grosse-.

L’hôtel prend en charge l’enregistrement de nos bagages. C’est bien car cela nous évite de faire la queue à l’aéroport. Puis nous reportons la voiture louée.

Je redoutais un peu le vol du retour étant donné l’état dans lequel j’étais au départ.  Mais finalement j’ai réussi à dormir et puis le retour fut plus rapide car il n’y eut pas d’escales.

  

Lundi 31 décembre 2001 :

Nous nous réveillons au-dessus de la France et l’avion atterrit à Orly vers 7h du matin.

C’est ensuite –au contrôle douanier- que nous avons été obligées d’attendre. Une attente excessive (plus de deux heures !) sous les huées des passagers scandalisés. J’ai cru que cela allait tourner à l’émeute. Les enfants pleuraient, et moi j’ai bien cru que ma vessie allait exploser.

Au-dehors, il faisait frisquet. Il avait neigé durant la semaine et sur la route, il restait quelques plaques de verglas, ça et là.

Arrivée à Tours en milieu de journée. Je laisse Peggy et prends un taxi pour rentrer à la maison.

— Bonjour les chats !

Tout est mortellement silencieux et désert dans le bourg au moment où je vais m’acheter de quoi fêter  dignement le réveillon de la Saint Sylvestre (un boudin blanc et une part de bûche).

Et c’est dans les cartons (j’avais  commencé à emballer mes livres et des bibelots)) que je termine cette année 2001.

 

Que réserve l’année 2002 ? Vous le saurez au prochain numéro !

Résumé en musique de ce voyage :

samedi, 23 juillet 2011

150. Bilan d'une décennie -7-


La musique est tout particulièrement dédiée à Peggy !


podcast


Que la fête commence !

Nous sommes donc le samedi 22 décembre 2001, il est 17h et nous montons dans le TGV. Arrivées à Montparnasse, nous prenons un taxi qui nous conduit dans un hôtel près d’Orly où nous avons réservé une chambre. Notre avion décolle le lendemain matin et nous devons nous trouver à 5h pour l’enregistrement des bagages.

 

Dimanche 23 décembre :

Première déconvenue. L’avion est annoncé avec du retard. Une attente très longue, ennuyeuse au possible et qui va s’éterniser. Finalement ce n’est que vers 15h que l’avion décolle !

Nous sommes placées tout à l’avant de l’avion, au-dessus de la cabine des pilotes. Je suis coincée près du hublot. C’est mon premier voyage en avion, je n’ai pas d’appréhension majeure, si ce n’est d’être obligée d’attendre assez longtemps avant de pouvoir fumer. Et ça, pour attendre, j’ai attendu !     

Après avoir fait quelques mots croisés pendant environ une heure, je commence à trouver le temps long. J’admire Peggy, impassible, plongée dans la lecture d’un roman. Moi je m’énerve et l’exaspération se transforme bientôt en déprime totale. 

Mais qu’est-ce que je suis venue faire dans cette galère ? C’est bien la première et dernière fois que je prends l’avion ! 

Je passe successivement de la somnolence à des plaintes :

On en a encore pour longtemps ?

Les gens autour de moi semblent calmes. Mais comment font-ils donc ? On est serré comme des sardines dans une boîte. Comme dit le p’tit Gibus : Si j’aurais su, j’aurais pas v’nu !

Et les heures s’écoulent, interminables.

Soudain je constate que l’avion perd de l’altitude. Un soupir de soulagement me vient aussitôt :

— Ah, ça y est, on est enfin arrivé ?

— Ah non, rétorque le monsieur assis près de Peggy. On fait escale à Saint-Martin.  

L’escale dure une bonne heure et l’avion redécolle.

Finalement, au bout de 14h d’un voyage totalement épuisant, nous voici enfin à Fort de France. Il doit être environ 1h du matin. (Je n’ai pas noté l’heure précise).

À la descente d'avion le Père Noël est là en personne pour nous accueillir !

mart2.jpg

Bon, maintenant, direction le bureau de location de voiture. Là encore, c’est la queue et il faut bien compter une heure avant de pouvoir s’installer au volant.

La première chose qui me frappe, ce sont tous les bruits de la faune, en particulier les grenouilles.

Nous atteignons l’hôtel. L’endroit est très agréable et notre chambre, donnant sur la piscine, est spacieuse. Un plateau repas nous attend.

Pour l’heure, nous nous couchons. On verra mieux demain !

 

Lundi 24 décembre :

 

mart1.jpg

Après un copieux petit déjeuner près de la piscine, nous attendons la représentante de NF qui nous propose différentes activités à faire durant notre semaine de séjour. Nous en choisissons deux ou trois, puis nous prenons le bateau qui relie la pointe du bout à Fort de France.

mart1a.jpg

mart2a.jpg

Balade dans la ville ; j’en profite pour m’acheter une tenue légère (ma fameuse tenue léopard que je porte toujours !), et des sandales. Nous déjeunons dans un petit restaurant bien sympathique où nous dégustons des spécialités de la cuisine créole.  Puis c’est le retour à l’hôtel …

Le soir un dîner de Réveillon est prévu. Certains touristes viennent râler à la réception car cela ne faisait pas partie de leur forfait et ils ne veulent pas payer le supplément.

Peggy et moi sommes très fatiguées et nous n’attendons pas le dessert. Nous allons piocher quelques fruits disposés sur les tables du buffet pour la décoration. Dans le coup, les autres touristes font de même !

 

Mardi 25 décembre : c’est Noël !

Aujourd’hui, nous avons prévu de faire quelques excursions en voiture. Premier arrêt dans une maison située au nord de Fort de France. Du jardin nous avons une très belle vue et nous pouvons apercevoir l’île de Sainte Lucie au loin. Le jardin est rempli d’oiseaux-mouches ; malheureusement ils sont difficiles à photographier.

mart3a.jpg

Second arrêt au jardin de Balata, un splendide jardin entourant une maison créole. Ce lieu est un véritable enchantement, mais la visite est gâchée par un soudain mal au crâne qui persistera un bon bout de temps.

mart4.jpg

mart6.jpg

mart7.jpg

mart5.jpg

Nous reprenons la route et, comme il est bientôt midi, nous cherchons un endroit où manger. Les restaurants sont assez rares et finalement nous nous arrêtons au Morne-Rouge. Nous sommes accueillies par une Martiniquaise qui est seule à faire la cuisine et le service. Comme l’attente risque d’être assez longue, elle nous met tout de suite à l’aise :

Faites comme chez vous, les bouteilles sont là, servez-vous ! 

mart9.jpg


Au menu, nous avons mangé … à vrai dire je ne me souviens plus du tout ! Mais si mes souvenirs sont bons, c’était le plat traditionnel de Noël.

Le temps est très changeant à cette période de l’année et les averses sont assez fréquentes mais ne durent jamais très longtemps. D’ailleurs ce n’est même pas la peine de se couvrir car on est très vite séché par le soleil qui revient aussitôt après.

Après le repas, nous partons en direction de Saint-Pierre. Nous visitons alors le musée qui relate l’éruption de la Montagne Pelée qui détruisit la ville entière en 1902. Il n’y eut que peu de survivants de cette terrible catastrophe (voir le lien).

 

mart8.jpg

Nous rentrons ensuite tranquillement en longeant la côte : Le Carbet, Case Pilote, Schoelcher.

Nous sommes surprises par la rapidité à laquelle la nuit tombe, vers 17, 18h.  

Demain, excursion en groupe !

À suivre 

vendredi, 22 juillet 2011

148. Bilan d'une décennie -6-

Bon, et maintenant ?


podcast

Me voici revenue au point de départ. Je retrouvais  la maison vide, si ce n’est la présence du chat Popy, le chat dont Il ne voulait pas et qui devint pourtant son plus fidèle compagnon. Je devais donc m’habituer à vivre seule. Dans la semaine qui suivit le retour d’Allemagne, j’entrepris de gros travaux de déménagement de meubles. Je changeai totalement la disposition du salon (la seule pièce d’ailleurs où il était possible de bouger les meubles).

 

Dimanche  19 août 2001 : le petit Pierre, un gamin de la DPASS que nous hébergions le week-end, rentre de vacances. Je l’avais prévenu du décès par téléphone. Il tint à aller sur la tombe.

Pierrot, comme nous l’appelions familièrement, était un gentil gamin qui eut une enfance très chaotique dans une famille de parents incestueux. Il était arrivé chez nous en 1997 et je crois qu’il se plaisait bien parmi nous. Il avait un profond respect pour mon mari. Sans doute ce dernier représentait pour lui le père qu’il aurait voulu avoir.

Bref, je m’étais arrangée avec l’assistante sociale et il fut convenu que Pierrot resterait chez moi encore une année, le temps qu’il passe son CAP. Ensuite, il devrait voler de ses propres ailes (il avait 18 ans).

Dans la semaine qui suivit, j’eus fort à faire dans le jardin. Il avait plu et l’herbe avait poussé. J’eus beaucoup de difficulté pour passer la tondeuse. Je ne savais pas alors que c’était la dernière fois que j’avais à tondre une si grande surface (environ 2500m2).

Il me fallait également me séparer d’une des voitures. Je trouvai facilement acquéreur pour ma petite Ford Fiesta qui était en bon état et n’avait que peu de kilomètres au compteur.

 

Mercredi 29 août 2001 : alors que je reviens des courses et que je gare la voiture au fond du jardin, j’entends un miaulement plaintif venant d’un buisson. J’aperçois alors un chaton gris et blanc qui s’avance vers moi et se laisse caresser. Il ne devait pas avoir plus de trois ou quatre mois d’après son aspect physique. Il m’emboîte bientôt le pas et  nous pénétrons tous deux dans la cuisine. Comment allait réagir Popy ?

theo.jpg

Eh bien, monsieur a boudé ! Il ne s’est pas montré agressif envers le nouvel arrivant, mais il est parti et je suis restée deux jours sans le voir. Finalement, c’est la faim qui l’a fait sortir du bois et la pluie aussi ! Il est donc revenu à la maison mais a totalement ignoré le chaton.

Au départ je voulais l’appeler Popcorn. Mais Pierrot n’arrivait pas à retenir ce nom, il l’appelait Pot de corne et ça m’agaçait. Aussi ai-je opté pour un surnom plus court : Théo !

Au fil du temps les rapports entre les deux chats ont nettement évolué. Popy jouait le chef et Théo le suivait. Ils devinrent bientôt inséparables ce qui me rassura.

 

Jeudi 30 août : alors que je portai le coupé Hyundai chez le garagiste pour un nettoyage, j’aperçus une belle Anglaise en exposition devant la concession. De couleur verte, elle avait une capote beige et possédait une véronique à l’arrière. L’intérieur était en cuir beige clair et le tableau de bord en acajou ! J’eus aussitôt le coup de foudre. J’en parlai alors à Peggy pour savoir ce qu’elle en pensait. 

mg.jpg

— Tu fais comme tu veux Mutti, si tu peux l’acheter, fais-toi plaisir !

Il ne fallait pas m’en dire plus. Le lendemain matin, j’étais de nouveau chez le concessionnaire, j’essayai la voiture et je revins avec, heureuse comme une reine (en supposant que les reines soient obligatoirement toujours heureuses, ce qui ne doit pas être le cas).

La semaine suivante, c’est la rentrée des classes. Pour la réunion de pré-rentrée, j’avais téléphoné au directeur :

— J’arriverai un peu en retard. Prévenez les collègues du décès de mon mari. Je souhaiterais beaucoup que personne n’ y fasse allusion !

 

Je ne voulais pas avoir à subir les mines compatissantes, ni entendre des condoléances. J’ai toujours tenu à séparer nettement ma vie professionnelle de ma vie privée.

J’arrivai donc à l’école avec une petite demi-heure de retard. J’entrai dans la salle de réunion, fit un petit signe de la main pour saluer tout le monde et ce fut tout. Seule une collègue, à la pause, vint me présenter ses condoléances devant tous les autres. Il me fallut beaucoup de force pour ne pas éclater en sanglot à ce moment-là.

Une chose est certaine : c’était la première fois que je n’éprouvais aucun plaisir  à aller au travail Il me semblait avoir perdu toute envie.

Finalement, l’année scolaire se déroula de façon plutôt agréable : j’avais 11 élèves, 5 garçons et 6 filles. C’étaient de gentils gamins, tous d’un niveau scolaire différent. Ce fut la dernière classe de ma carrière car l’année suivante l’inspecteur se trouva dans l’obligation de fermer cette classe de perfectionnement qui restait encore la seule et unique du département. Mais j’y reviendrai ultérieurement.

 

11 septembre 2001 : il devait  être environ 17h lorsque je rentrai de l’école. Je me prépare alors un goûter-dînatoire ( petites biscottes suédoises avec du fromage) et j’allume la télé. Tout d’abord, en voyant les premières images, je pense qu’il s’agit d’un film à sensation comme on en voit parfois. Il me faut quelques minutes pour réaliser qu’il ne s’agit pas d’une fiction mais bien de la réalité ! L’avion qui vient percuter la tour, puis un peu plus tard, les gens qui se jettent dans le vide. C’est l’attentat du World Trade Center ! Cela semble totalement surréaliste et pourtant cela vient d’avoir lieu.

 

Dimanche 23 septembre 2001 : avec Peggy, nous allons visiter le Festival des jardins à Chaumont-sur-Loire.

 

Vacances de la Toussaint 2001 : je pars passer trois jours dans le sud de la France.  Durant ce petit périple, je visite Nîmes, les Baux de Provence, le moulin d’Alphonse Daudet à Fontvieille, le pont du Gard, les Saintes-Maries-de-la-Mer. Il fait un temps splendide, on se croirait presque en été !Le matin de mon départ, en chargeant mes bagages, je referme le coffre en laissant mes clés de voiture à l'intérieur ! Me voilà donc coincée pour au moins trois heures, le temps de prévenir un garagiste qui finalement est obligé de fracturer la serrure du coffre. Cet incident m'arrivera une autre fois sur le parking d'un magasin, mais par chance j'étais près de Tours et Peggy put m'apporter la clef de secours.

Pendant ce temps, à Tours, un forcené ouvre le feu dans la rue et tue plusieurs personnes. Il se réfugie ensuite dans le parking du Vinci, place de la gare. C’est là que la police l’intercepte.

 

Novembre 2001 : l’automne est bien là. Les jours raccourcissent, les arbres ont perdu leurs feuilles et il pleut souvent. Tout est gris autour de moi et mon âme le devient aussi. Je me plais de moins en moins là où j’habite.  La maison est bien trop grande pour moi seule. Je décide alors de déménager et pars en quête d’une nouvelle maison à louer. J’en ai marre d’entretenir un trop grand jardin, j’en ai marre aussi du trajet aller-retour pour me rendre à l’école.

Finalement je trouve chaussure à mon pied : une petite résidence est en construction à dix minutes seulement de l’école, dans une rue calme. Je visite l’appartement témoin : il y a trois chambres, un petit bout de jardin (170m2), un garage et tout est de plain-pied. L’idéal en somme pour moi et mes chats. Les maisons seront terminées pour janvier 2002. Je réserve donc sur plan la maison qui possède un arbre et qui a le plus grand jardin. Il me reste deux mois à attendre, deux mois durant lesquels il me faut me débarrasser des deux-tiers de mon mobilier.

L’agent immobilier m’avait donné le plan de la maison ce qui me permet d’envisager le futur agencement. Durant les deux mois suivants, ce fut à la maison un va-et vient incessant d’antiquaires, de brocanteurs qui repartaient à chaque fois avec une partie de mes souvenirs.

Un crève-cœur, mais bon. Il m’était impossible de tout conserver. Il faut savoir tourner la page …

Puis, courant novembre, Peggy me propose de partir passer Noël ailleurs qu’à Tours.

— Et si nous allions une semaine  à la Martinique ?

— Waouh, comme tu y vas ! Après tout, pourquoi pas.

— Alors, tu t’occupes des réservations !

Aussitôt dit, aussitôt fait. Je réserve une chambre à l’hôtel « La Pagerie », situé aux Trois Ilets, face à Fort de France.

Et le 22 décembre 2001 …

 

À suivre