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dimanche, 14 août 2011

172. Bilan d'une décennie -24-

La note pourrait s’intituler : Quoi d’neuf docteur ?

podcast
 Mardi 22 juin 2004 :

Depuis la semaine dernière, le mal au dos me fait toujours souffrir et je prends rendez-vous avec un ostéopathe qu’une collègue me recommande. J’y vais le soir même, à 20h.

Il commence à me tripoter dans tous les sens quand, tout à coup, je ressens une très violente douleur qui me fait aussitôt hurler et je fais un grand mouvement avec le bras droit qu’il reçoit en pleine figure. Il n’est pas content du tout :

— Mais vous êtes folle ! Vous venez de me gifler !

— Ah, excusez-moi, mais vous m’avez fait terriblement mal !

La séance se poursuit néanmoins, mais je le sens de très mauvaise humeur et, de mon côté, je suis stressée au maximum. Je suis donc bien contente que cela s’achève. Il me prescrit des antalgiques et me signale que je risque d’avoir un peu mal les jours suivants.

Il me semble que cela va un peu mieux.

 Mercredi 23 juin 2004 : au réveil, je constate que ça ne va pas du tout. Je souffre horriblement au point d’en pleurer. Je téléphone à l’ostéopathe qui semble surpris. Sans doute doit-il penser que je suis douillette. Je reste toute la matinée en peignoir à me traîner péniblement. Heureusement que les antalgiques me soulagent un peu !

L’après-midi se tient le pot de départ en retraite à l’école. Nous sommes trois à quitter définitivement l’école. Ce sont mes collègues qui se sont chargés de la préparation. Cela m’arrange bien car je déteste ce genre de manifestation. Péniblement, je réussis à m’habiller et, après avoir repris des antalgiques, je me rends à l’école. Là, c’est la remise des cadeaux, les discours etc. À 19h, je dois quitter la petite fête car je recommence à souffrir.

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Sitôt à la maison, je me couche. Je suis réveillée vers minuit, les douleurs sont intolérables, à un point tel que je me décide à téléphoner à SOS médecins. Oui, mais avant je réfléchis : comment va-t-il faire pour entrer ? J’ai fermé la porte à clef.

Je m’extirpe alors péniblement du lit et, à quatre pattes, je rampe jusqu’à l’entrée, je me redresse en me cramponnant à la poignée et tourne la clef dans la serrure, puis je retourne dans la chambre, toujours à quatre pattes ! Cette prouesse a bien duré vingt bonnes minutes et je suis en nage. Me voici de nouveau au lit et je saisis le téléphone. Ah, flûte, je n’ai pas de lumière à cause du va-et-vient. Le noir est total et je ne me sens pas la force de me relever. Alors, j’essaie de visualiser le combiné pour faire le 12.

— Allo, Samuel à votre service, quel numéro désirez-vous ?

— Bonsoir Samuel, pourriez-vous me mettre en contact avec SOS médecins à Tours, je suis dans l’incapacité de composer le numéro moi-même !

Une fois en ligne, j’expose mon problème à l’opératrice en lui expliquant bien où j’habitais, le code d’accès du portail et en précisant surtout que le médecin n’aura qu’à sonner et entrer car je suis dans l’incapacité de me lever. Cet effort m’a mise en sueur et je m’assoupis…

Une petite heure après, le médecin est à mon chevet. Il diagnostique un bon mal au dos (ça je le sais !), me fait une piqûre dans la fesse et me fait ingurgiter une ampoule d’un liquide affreusement acre. Pour me rassurer, il me dit que ça arrive fréquemment aux jardiniers !

Le produit agit rapidement car je finis par m’endormir.

 Jeudi 24 juin 2004 : la douleur est revenue, perfide et tenace. Peggy est partie à Lyon pour faire passer des examens, alors je téléphone à Roseline  pour lui demander de venir chercher l’ordonnance. À midi elle m’apporte les médicaments et à manger. Mais je n’ai pas faim et je souffre de plus en plus. Je passe la journée dans un demi-sommeil entrecoupé de crises de larmes.

Vers 19h, Roseline revient me voir. À partir de cet instant, c’est le grand remue-ménage : un deuxième médecin vient, il veut me faire entrer aux urgences mais je refuse.  Comme j’avais de la fièvre, il me dit que je risque d’avoir une septicémie. Dans le coup ça me fait peur, je téléphone à Julie pour lui demander si elle ne peut pas jouer la garde-malade et venir dormir à la maison.

Puis Michel, que Julie avait appelé au téléphone,  me sermonne et me fait tellement peur que j’accepte de partir le lendemain matin pour les urgences. Je préviens alors Peggy par téléphone. À ce moment précis, elle est sur l’autoroute entre Lyon et Tours. Je la rassure en lui disant qu’il n’y a rien de grave, mais en fait j’ai une frousse bleue !

 Vendredi 25 juin 2004 : l’ambulance arrive vers 7h. Le temps de fumer une cigarette et hop, me voici allongée sur le brancard. Le trajet est relativement agréable, mais l’accueil aux urgences est tout autre. Une bonne femme hargneuse s’approche de moi et, après avoir lu ma fiche,  me demande :

— Vous avez quoi au juste ? Mal au dos ? Pfff … Et on s’étonne après de l’engorgement des urgences !

— Non mais dites, ce n’est pas moi qui ai voulu venir ici, figurez-vous ! Si je vous dérange, je peux aussi bien repartir chez moi !

L’ambulancier me fait alors un petit signe amical et me rassure.

Dès mon arrivée, je suis prise en mains : description des symptômes, radiographie du dos, pipi dans le petit pot pour l’analyse d’urine. C’est toujours dans ces cas-là que vous n’avez pas envie !

Puis j’attends dans la chambre, toujours sur le brancard.  Les patients défilent à côté de moi : une jeune Maghrébine qui refuse d’uriner dans le bassin, une vieille dame très BCBG qui a une hémorragie nasale … Le médecin arrive enfin avec les premiers résultats :

— Les radios ne montrent aucune anomalie, par contre l’analyse d’urine est inquiétante. (La norme est de 6 et j’avais 122 !).

Et c’est reparti pour un tour ! On m’emmène passer une échographie des reins. Puis c’est de nouveau l’attente des résultats. Et c’est à ce moment que j’ai commencé à avoir la trouille.

— Et si j’avais quelque chose au rein gauche ? On va probablement me l’enlever !

De fil en aiguille, j’en étais rendue à la dialyse.

Ah, voici le médecin qui revient, attention :

— Vous avez une pyélonéphrite aiguë. En principe, nous devrions vous garder à l’hôpital, mais vous pouvez rentrer chez vous à condition de suivre strictement l’ordonnance que je vais vous prescrire ! De plus, il vous faudra boire beaucoup. Si la fièvre subsiste malgré tout, il faudra revenir aussitôt. D’accord ? 

— Ah, oui, tout ce que vous voulez, du moment que je rentre à la maison ! Pour un peu, je l’aurais embrassé !

Entre temps, Peggy est arrivée et me raccompagne chez moi. Puis elle va me chercher  les médicaments. La douleur est toujours là, bien sûr, mais je la supporte mieux dans la mesure où je sais ce que j’ai.

 Samedi 26 juin 2004 : au matin la fièvre a disparu mais je continue à souffrir et je me sens très fatiguée. Mais bon, j’ai le moral.

 Dimanche 27 juin 2004 : la douleur s’est considérablement atténuée et je retrouve la forme en début de journée. Et comme le temps est ensoleillé, que la vie me semble soudain très belle, je vais voir Peggy qui joue dans une pièce de théâtre. C’est l’occasion de me servir de mon nouvel appareil photo. Julie m’accompagne et le soir nous allons dîner dans le vieux Tours.

 

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Mardi 29 juin 2004 : dernier jour de classe ! Je passe la matinée avec mes trois élèves. Dernière inspection des lieux  pour voir si tout est en ordre, puis je ferme la porte à clef. Au total, dans ma carrière, j’ai eu la charge d’environ 350 enfants. Certains ont mal tourné, deux ont été condamnés pour meurtre.

Le midi, je déjeune au restaurant avec toute l’équipe du RASED.

 Mercredi 30 juin : je passe au bureau de l’inspecteur pour prendre mon congé définitif. Une page se tourne …

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À suivre

samedi, 13 août 2011

171. Bilan d'une décennie -23-



podcast
Jeudi 22 avril 2004 : il est 8h du matin. Je ferme la porte de la maison à clef après avoir dit à mes chats que j’allais juste chercher du pain, puis je monte dans la voiture et je prends la direction de Nantes. Je laisse ma voiture sur le parking de l’aéroport.

L’avion prévu a été remplacé par un gros 747 et à 14h il décolle en direction de …, allons bon, voilà que j’ai un trou de mémoire ! … Ah oui, ça me revient : direction Marrakech  où nous atterrissons deux heures trente plus tard. Un guide nous attend et nous conduit à l’hôtel Atlas. La soirée est libre et une fois ma valise posée dans la chambre, je ressors aussitôt et je prends un taxi qui m’emmène dans la Médina. Là, je flâne dans les ruelles, je m’imprègne des odeurs et des scènes de vie. Le soir, je dîne seule à une table. Je ne sais pas encore quels sont les touristes qui font partie de mon groupe.

 

Vendredi 23 avril : le groupe est enfin composé. Je n’en ai aucun souvenir ! Nous grimpons bientôt dans le car et nous prenons la direction de Fès. Nous  longeons le Moyen Atlas via Azrou et Ifrane. Le soir nous dînons et dormons à l’hôtel Volubilis.

 

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Samedi 24 avril : visite de la Médina de Fès. Avant de nous enfoncer dans les ruelles très étroites de la Médina, le guide nous a emmené sur les hauteurs de la ville pour avoir une vue d’ensemble. C’est très impressionnant de voir cet entassement de maisons. On dirait une véritable ruche dans laquelle vivent et travaillent des milliers de personnes. Mais, de la colline, aucun bruit ne nous parvient.

Durant la visite à pied, j’ai trouvé le moyen de perdre le groupe. Le temps de prendre une photo, et quand je me suis retournée, il n’y avait plus personne ! Je n’ai pas paniqué car j’avais l’adresse de l’hôtel. Je me suis jointe à un autre groupe de touristes et, une petite heure plus tard, je retrouvais mon groupe à un croisement.

Nous sommes allés dans le quartier des tanneurs, et, après être grimpés sur la terrasse d’une maison, nous avons pu voir les ouvriers qui traitaient les peaux dans de grandes cuves. L’odeur est pestilentielle, je comprends pourquoi on nous donne une poignée de menthe à respirer pendant  la visite.

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Dimanche 25 avril 2004 : la journée est consacrée à la visite de Meknès, à 200km environ de Fès. Nous déjeunons dans un beau riad. Ah, les souvenirs refont surface ! Il y avait avec nous une femme qui ne mangeait pratiquement rien, hormis du riz ou de la semoule, quand il y en avait. Elle craignait d’être malade. Elle ne sait pas ce qu’elle a perdu car, vraiment, on mange très bien au Maroc !

L’après-midi nous visitons le site de Volubilis qui s’étend sur40 hectares. Ce sont les ruines d’une ancienne cité romaine. Les cigognes sont nombreuses, certaines ont fait leur nid en haut des colonnes. Le soir, nous revenons à Fès.

 

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Lundi 26 avril 2004 ; départ pour Rabat, la capitale. Nous visitons différents lieux dans la ville, puis nous terminons par la casbah des Oudaïas. Cet endroit fortifié est très touristique. De nombreux artistes y ont élu domicile. Cela me rappelle un peu Sidi-Bou-Saïd (en Tunisie).

 Mardi 27 avril 2004 : départ pour Casablanca, capitale économique du Maroc. Face à la mer se dresse l’impressionnante mosquée Hassan II. Chaque famille marocaine a dû verser de l’argent pour sa construction. C’est d’un gigantisme, à l’image du personnage !

Puis nous longeons la corniche et déjeunons face à la mer. Malheureusement le temps est pluvieux à ce moment-là !

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Dans l’après-midi, nous reprenons la route en direction de Marrakech et nous retrouvons l’hôtel Atlas.

 Mercredi 28 avril 2004 : visite de Marrakech, la Medersa Ben Youssef, le jardin Majorelle, le palais de la Bahia, les tombeaux Saadiens, puis nous terminons la journée par une balade dans la Médina et regroupement sur la place Djemaa-el-Fna.

Jeudi 29 avril 2004 : la journée est libre, j’en profite donc pour retourner dans la Médina faire quelques emplettes (des épices et des cornes de gazelle).  Tout près du club Méditerranée se tient un écrivain public. Il me transcrit mon prénom en arabe.

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Nous quittons Marrakech le soir même. L’avion décolle à 21h et atterrit à Nantes  vers 2h30 du matin. Je récupère alors ma voiture et je rentre aussitôt à Tours. Il y a peu de circulation à cette heure matinale (ou  tardive) et, après avoir rejoint l’autoroute A85 à la sortie d’Angers,  il n’y a plus personne ! Je fais ainsi plus de cent kilomètres sans voir un véhicule. Ça finit par devenir stressant ! Pour ne pas m’endormir au volant, j’ai ouvert les vitres en grand et mis la musique à fond ! Je pousse un ouf de soulagement quand enfin je me gare devant la maison. Popy est à la fenêtre en train de guetter !

Je reviens de ce séjour au Maroc totalement enchantée ! C’est un pays vraiment magnifique. Je regrette simplement la rapidité avec laquelle nous avons visité Marrakech et je me promets d’y retourner un jour ou l’autre (ce que je ferai en mai 2009).

 La fin de l’année scolaire approche peu à peu. Je commence à faire le tri dans les armoires et les tiroirs de mon  bureau. C’est fou ce qu’on peut entasser en plus de vingt ans dans le même endroit !

Vendredi 18 juin 2004 : je passe la journée avec mes trois élèves au parc de la Récréation. En voulant faire de la voiture à pédales avec eux, je me fais mal au dos. Je passe le restant de la journée à moitié pliée en deux.

Le soir, j’invite mes copines et Peggy à la maison pour fêter mon départ à la retraite. Elles m’offrent alors un appareil photo numérique ! Je suis aux anges, moi qui pourtant n’en voulais pas au départ …

 Samedi 19 juin : comme je le craignais, mon mal au dos a empiré. Je reste donc en pyjama lorsque, vers 12h30, je reçois un coup de fil de Peggy :

— Allo, maman ? Je suis devant la médiathèque de Joué-les-Tours. J’ai bêtement refermé la portière en laissant les clefs à l’intérieur. Peux-tu m’apporter le double ?

— Pas de problème, mais laisse-moi au moins le temps de m’habiller !

Tout en raccrochant le téléphone, je me dis que je peux tout aussi bien y aller en pyjama, puisque je n’aurai pas à sortir de la voiture. J’hésite quand même une seconde, puis finalement je me ravise et j’enfile un pantalon et un tee-shirt.

Arrivée devant la médiathèque, j’aperçois Peggy, près de sa voiture. Je descends puis m’avance vers elle. Je la trouve bien joyeuse, je dirai même qu’elle semble avoir le fou rire.

— Regarde, me dit-elle en me montrant le petit bois devant la médiathèque. Je vois alors sortir des fourrés un, deux, trois  … six … une dizaine de grands gaillards, suivis de Juju et   qui s’avancent vers moi en poussant des cris et en gesticulant !

— Madame Leger ! Madame Leger !

Je reconnais aussitôt mes anciens élèves de l’école Mignonne, où j’ai exercé pendant six ans. C’est une école située dans la ZUP de Joué-les-Tours. À l’époque, j’avais la classe de perfectionnement (niveau des grands). Je reconnais, Cheikh, Ahmed, Mohamed, Kelil, Djelloul, Amza … Je ne les avais pas revus depuis plus de vingt ans, malgré le fait que nous habitions la même ville et je suis excessivement émue par ses retrouvailles. Chacun me raconte son parcours. Dans l’ensemble, ils ne s’en sont pas trop mal sortis malgré le handicap du départ. Ils ont apporté des victuailles et nous improvisons alors un pique-nique sous les arbres, juste devant l’entrée de la médiathèque !

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VOUS IMAGINEZ UN PEU SI J’ÉTAIS ARRIVÉE EN PYJAMA ? C’EÛT ÉTÉ LA PLUS GRANDE HONTE DE MA VIE.

À suivre …

20:28 Publié dans Croque mots | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : maroc

vendredi, 12 août 2011

170. Bilan d'une décennie -22-


podcast
Et voici l’année 2004 !

 Elle débute sous la neige, puis se continue, les jours qui suivent, par du vent et des trombes d’eau.

 26 janvier 2004 : Peggy m’apprend qu’elle a rencontré un homme qu’elle semble apprécier. Je sais seulement son prénom, son âge et sa profession.

J’ai hâte de faire sa connaissance, mais je me garde bien de la brusquer ! 

 Mardi 27 janvier : j’ai rendez-vous avec une ancienne copine de lycée que j’ai retrouvée sur le site « Copains d’avant ». J’ai emporté avec moi les photos de classe et nous nous remémorons nos souvenirs.  En septembre prochain, notre ancien bahut, le lycée Balzac de Tours,  fête son 100e anniversaire.

 Lundi 9 février : Julie a réussi son examen d’aide-soignante. Pour fêter ça, on  va prendre un pot place Plumereau. Elle commence à travailler le 1er mars à l’hôpital Bretonneau, au bloc opératoire de gynécologie.

 Vendredi 13 février : au moment de retirer de l’argent à un distributeur, j’ai soudain une perte de mémoire. Impossible de me rappeler du code. La carte est bientôt avalée. Depuis j’ai trouvé un système ingénieux qui me permet de retrouver rapidement le code.

À la soirée, Peggy m’invite à prendre l’apéritif chez elle. Je vais enfin rencontrer l’homme mystérieux, que tout le monde connait sauf moi !

Je pense qu’elle devait appréhender ma réaction. Quand j’arrive chez elle, il n’est pas encore là. Ah, j’entends des pas dans l’escalier ! La porte s’ouvre … Un homme ébouriffé, blouson de cuir et casque de moto sous le bras, entre alors dans la pièce. Peggy fait les présentations et il s’avance vers moi. Au moment même où il s’approche pour m’embrasser, je lui tends la main !

— Ça commence plutôt mal ! grommelle-t-il dans sa barbe de deux jours. Oui, le premier contact fut assez difficile, je dois bien l’avouer. Nous parlons de chose et d’autre, je sens que chacun épie l’autre. Je ne m’éternise donc pas …

Le soir, je retrouve mes copines. Elles ont droit à une description détaillée du fameux Thierry !

— Alors, raconte, il est comment ?

— Bof, comment vous dire ?  Du genre brut de décoffrage, sur la défensive. En réaction, j’ai été bêtement  très superficielle. Il faudra du temps pour que nous apprenions à mieux nous connaître !

(Effectivement, il fallut un certain temps. Lui –tout  comme moi d’ailleurs-  ne se livre pas facilement. Mais, une fois que la confiance est là, les relations deviennent alors beaucoup plus faciles et aujourd’hui je pense que nous nous apprécions mutuellement, avec nos différences.

 Et puis, dans cette histoire, mon avis n’a que peu d’intérêt, le principal étant que tous deux soient heureux ensemble.)

 Lundi 23 février 2004 : j’ai pris rendez-vous chez un psy que ma collègue, la psychologue scolaire, m’a recommandé. Elle pense que cela pourra m’aider à mieux gérer mes périodes de pessimisme. En fait, au bout de la troisième séance, je n’avais plus rien à lui dire et d’un commun accord nous arrêtons les séances. Qu’ai-je appris de nouveau ? Eh bien que mes problèmes de vertige sont la faute de mon père qui avait sur moi une trop grande  emprise. Mais je le savais déjà, c’est d’ailleurs sans doute pour cela qu’en 1986 j’avais coupé les ponts. Oh, cela ne s’était pas fait sans mal ! Sans doute devais-je culpabiliser car le lendemain de la rupture, je me rasais les cheveux ! Je fus obligée de porter une perruque pendant trois mois.

J’avais quarante ans à l’époque et j’avais ENFIN coupé le cordon ombilical …Mieux vaut tard que jamais, non ?

Mais voici les vacances d’hiver qui arrivent : Julie et moi allons à Paris.

Mercredi 25 février 2004 :

Exposition Sophie Calle à Beaubourg, visite du musée d’art contemporain, balade dans le quartier du Marais et le soir, séance cinéma pour voir « Les rivières pourpres ».

 Jeudi 26 février 2004 :

 

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Il fait un froid de canard ! Nous nous baladons à Montmartre, visite du musée Grévin  et retour boulevard Saint-Michel. Le soir, nous assistons au spectacle de Michel Galabru au théâtre Marigny et nous finissons la journée en remontant les Champs Élysées jusqu’à l’Arc de Triomphe.

 

Vendredi 27 février 2004 : nous écourtons notre séjour car je suis prise d’un violent mal au dos et Julie est enrhumée. Dans le train je suis obligée de faire tout le parcours debout car je ne peux pas m’asseoir au risque de ne plus pouvoir me relever !

 

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Mercredi 3 mars 2004 : je déjeune avec Claude, le meilleur copain de mon mari. On ne s’était pas vu depuis plusieurs mois. Ces rencontres sont toujours très nostalgiques car on évoque bien sûr nos souvenirs communs. Et Dieu sait s’il y en a, nous nous connaissons depuis plus de trente ans ! Il y en a toujours un des deux, quand ce n’est pas tous les deux ensemble, qui laisse couler quelques larmes. (Ce sera la dernière rencontre. Claude est mort en novembre 2010).

  Vacances de Pâques, du 16 avril au 2 mai :

« En avril, ne te découvre pas d’un fil ! »

Effectivement, le temps de ce printemps est pourri : froid, bourrasques de vent et pluie ! Tout le monde – ou presque - est parti : Maria s’en est allée au Portugal, Peggy va en Savoie avec Thierry

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Et moi … Eh bien je pars aussi ! Où ? Je pars  … Oh, et puis, flûte, je vous le dirai la prochaine fois !

À suivre

jeudi, 11 août 2011

169. Bilan d'une décennie -21-


podcast

Vous vous souvenez peut-être de la chanson de Sheila : c’est ma première surprise- partie, c’est ma première surprise- partie …

Eh bien, en ce début septembre 2003, je me plais à chantonner sur le même air : c’est ma dernière rentrée scolaire, c’est ma dernière rentrée scolaire !

Je vais enfin quitter les bancs de l’école. Si l’on récapitule, en supprimant les deux années de fac, j’aurai passé près de quarante ans à l’école. Ça laisse obligatoirement des séquelles sur la personnalité. Mon mari me faisait souvent remarquer que j’avais une fâcheuse tendance à prendre les gens pour des élèves.

— Tu n’as pas besoin de m’expliquer, je ne suis pas un de tes élèves !

C’est l’année dernière que j’ai eu ma décision à prendre : soit je continuais afin d’obtenir une pension de retraite complète (soit 75% du salaire des dix dernières années), soit je m’arrêtais l’année de mes 55 ans, c'est-à-dire en juin 2004 et dans ce cas-là, je touchais 71% du salaire.

La décision fut vite prise : je m’arrête ! 

Au final, j’ai exercé ma profession durant 35 années, j’ai eu le privilège de faire un métier qui m’a toujours plu et je n’ai pas fait de dépression nerveuse, maladie fréquente chez les enseignants. Je m’en tire donc plutôt bien !

Mais revenons aux évènements de ma vie.

 

Vendredi 31 octobre 2003 : ce sont les vacances de la Toussaint et je vais à Paris avec Peggy voir l’exposition Gauguin qui se tient au Grand Palais. Ces grandes expos parisiennes attirent toujours un monde fou et la visite n’est pas toujours aisée. Nous allons ensuite à l’Institut du Monde Arabe pour voir une autre exposition de tableaux de peintres orientalistes. Déjeuner au Buffalo, situé juste à côté. L’après-midi, nous avons rendez-vous devant l’opéra avec une cousine par alliance que nous n’avons encore jamais rencontrée. À la soirée, Peggy rejoint son amie Nathalie et moi je retrouve Michel. Nous passons la soirée au cinéma puis nous dînons dans un restaurant marocain, boulevard Saint-Marcel.

 

Novembre 2003 :

Si en novembre il tonne, l’année sera bonne (Anjou)

Quand en novembre il a tonné, l’hiver est avorté (Calvados)

À la Saint Montan, l’olive va descendant.

 

Samedi 1er novembre 2003 : Balade dans Paris. Michel m’emmène voir le Forum des Halles. Je ne pensais pas que c’était si grand, il y a même une piscine. Il faut dire que j’en étais restée aux Halles d’avant la démolition.

 

Dimanche 2 novembre :

Opération balance ! J’ai commencé un régime en avril dernier, ayant quelques kilos à perdre. Je pesais en effet 72,5k et il était temps de prendre les choses en mains. Pour cela j’étais allée voir une gastro-entérologue qui m’avait déjà prescrit un régime quelques années auparavant. Je suis motivée et j’applique ses consignes à la lettre. Aussi suis-je ravie quand je constate que la balance indique 64 kilos !

(Depuis cette date, mon poids s’est stabilisé et oscille entre 63 et 65 kilos. Je ne suis pas une obsédée de la balance –comme une amie qui se pèse tous les jours et pousse des cris d’horreur quand elle constate qu’elle a pris 100 grammes !- mais je vérifie une fois par semaine afin d’éviter d’avoir à reprendre un régime. L’idéal, vue ma taille,  serait sans doute d’être à 58 kilos, mais bon …)

Et puis, les vacances de Noël arrivent :

Vendredi 19 décembre :

Juste après la classe, un taxi vient me prendre à la maison et me conduire à la gare de Saint-Pierre-des-Corps. Je retrouve Michel qui m’attend à la gare Montparnasse et nous filons gare de l’Est. Vers minuit, nous arrivons à Strasbourg ! J’ai réservé une chambre pour deux nuits.

 

Samedi 20 et dimanche 21 décembre 2003 :

 

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Nous passons deux jours à Strasbourg durant le marché de Noël. C’est une véritable féerie ! Les boutiques sont merveilleusement décorées, il règne une ambiance magique à cette période de l’année. Durant ces deux jours, nous n’avons pas chômé : balade en bateau sur l’Ill, flânerie dans les ruelles de la Petite France, le vieux quartier de Strasbourg, visite du musée alsacien, exposition de livres à la Chambre de Commerce. J’en profite pour acheter « Mon village », de Jean-Jacques Waltz (alias Hansi) et « À la guerre comme à la guerre », de Tomi Ungerer, tous deux dessinateurs et alsaciens.

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Nous dinons au restaurant Zum Strissel.. Ai-je besoin de vous dire le menu ? Choucroute évidemment !

C’est presque à regret que nous quittons Strasbourg en début d’après-midi, le dimanche.

(Cette année, j’ai eu envie d’y retourner, mais je m’y suis prise trop tard pour la réservation d’une chambre. Tout était complet).

 Mercredi 24 décembre 2003 :

Réveillon de Noël à la maison avec Peggy. Après le dîner, nous regardons une vidéo des Muppetts.

 Et l’année 2003 se termine en douceur. Comme d’habitude, je réveillonne avec mes chats, devant une compote de pommes et des petits fours ! Quand sonnent les douze coups de minuit, il y a belle lurette que je suis couchée et que je dors à poings fermés.

 À suivre

168. Incroyable, mais vrai !

Le site Facebook propose de nombreux jeux virtuels et -sans doute pour avoir plus d'audience- il a converti certains jeux en français (entre autres, Cityville). Rien à redire jusqu'à présent.

Mais, il y a environ dix minutes, je découvre un nouveau jeu. Il m'a fallu quand même un certain temps pour arriver à comprendre le sens. Voici le texte :

" Choysis tom Chevauchie ! De nombreur chevauchies tentissent de conquérer ton cuer de princée ! "

Diable, où vont-ils chercher leurs traducteurs ?

Je traduis, au cas où vous ne comprendriez pas totalement :

Choisis ton chevalier ! De nombreux chevaliers tentent de conquérir ton cœur de princesse !

Le pire dans cette affaire, c'est que je suis certaine que beaucoup de gens ne vont même pas s'apercevoir que c'est bourré de fautes !

Comment a-t-on pu en arriver à un tel niveau orthographique ? Ma grand-mère, qui pourtant n'a pas fréquenté régulièrement l'école primaire et en est partie à douze ans, doit se retourner dans sa tombe.